‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 9 sur 96 · SACRIFICES HUMAINS · texte numérisé non relu

SACRIFICES HUMAINS

Ch. 27y V. l-8y celui qui s*est engagé par un vœu à consacrer sa vie à Jéhovah , peut se racheter en versant entre les mains des prêtres une somme d*argent, dont le tarif varie selon le sexe, Tàge et la condition des gens. Mais si, au lieu de se vouer soi-même à Jéhovah, on lui consacre autre chose, fût-ce un hommey cet être ne peut pas se racheter, il faut qu'il soit immolé, il faut qu*il meure, v. 28 et 29 (1). Ainsi Moyse qui, en d'autres endroits (2), interdit les sacrifices humains, non seulement les autorise, mais les prescrit dans le cas où Ton en a fait à Dieu le vœu impie ! C'est une horrible contradiction, à laquelle il est impossible d'échapper, tant les textes sont précis. On verra, au chapitre H des Juges, Jephté mettre cette prescription en pratique sur sa propre fille. Cela peut du reste marcher de pair avec ce qu'on lit dans YExode, ch. 13, v. 2, 12, 13 et 15; ch. 22, v. 29 ; ch. Si, v. 20; et dans les Nombres, ch. 18, v. 15, du droit de Jéhovah sur les premiersnés, hommes et animaux, qui devaient lui être sacrifiés, mais

(1) L'abbé Guénée prétend qu'il ne s'agit pas ici d'une consécration particulière , d'un anathème volontaire, mais d'une consécration pénale, (Tun anathème solennel, prononcé par V autorité pvhlique {^Lettres de quelques juif s ^ tome II, Paris, 1781). L'immolation n'en serait pour cela ni plus juste ni plus sainte. Mais cette interprétation ne tient pas devant ces mots si formels,

D*in" /3, qui sont répétés jusqu'à trois fois dans les versets 28 et 29, et qui

sont de plus expliqués par cette énumération détaillée, nDH^I '^"^^Ç

mtt'DI homme, bête ou champ.

(2) Particulièrement au Beutéronome, ch. 12, v. 31,

qu'il prescrit de racheter pour ce qui regarde les hommes. Ce rachat, qui était censé fait aussi par la consécration de la tribu de Lévi (Nombres^ ch. 3, v. 12 et 13, et ch. 8, v. 13 et 16), et qu'on donne pour un adoucissement, est aussi absurde que le droit auquel il satisfait est atroce. On ne peut voir dans tout cela qu'un reste de cet ancien culte abominable, qui offrait à la Divinité des victimes humaines. Que le lecteur compare avec le culte des Phéniciens et des Carthaginois ce culte de Moloch , pour lequel les Israélites avaient tant de penchant, comme on le voit à chaque page de leur histoire, auquel ils revenaient sans cesse malgré les réprimandes et les menaces de leurs prophètes, et dont ils ne perdirent le goût et l'habitude que dans la captivité.

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