n II a droit à tout ce qui existe
101. ' C'est par la générosité du Brahmane que les autres hommes jouissent <f des biens de ce monde. •
Livre 7, st. 37. » Après s'être levé à l'aube du jour, le Roi doit témoigner n son respect aux Brahmanes versés dans la connaissance des trois livres saints • et dans la science de la morale, et se gouverner par leurs conseils. »
79. • Que le roi fasse différents sacrifices , accompagnés de nombreux pré-'
PREMIÈRE SECTION. — CHAPITRE IV. 5t
§ 5. — PRÉPARATION DE l'eaU DE PURIFICATION.
Le chapitre 19, v. 2-22, contient la recette de la préparation et de remploi de l'eau de purification. Voici cette recette que Jéhovah lui-même donne à Moyse et à Aaron. On amènera au
a sents; pour remplir entièrement sou devoir, qu^U procure aux Brahmanes des m jouissances et des richesses, »
85. « Le don fait à un homme qui n'est point Brahmane n'a qu'un mérite a ordinaire; il en a deux fois autant, s'il est o£Pert à un homme qui se dit « Brahmane ; adressé à un Brahmane ayancé dans l'étude des Yédas , il est « cent fois plus méritoire ; fait à un théologien consommé, il est infini. «
Livre 8, st. 379. » Une tonsure ignominieuse est ordonnée au lieu de la - peine capitale pour un Brahmane adultère dans le cas où la punition des ' autres classes serait la mort. »
380. » Que le roi se garde bien de tuer un Brahmane quand même il aurait » commis tous les crimes possibles ; qu'il le bannisse du royaume en lui laissant a tous ses biens et sans lui faire le moindre mal. »
381. « Il n'y a pas dans le monde de plus grande iniquité que le meurtre » d'un Brahmane; c'est pourquoi le Roi ne doit pas même concevoir Vidée de n mettre à mort un Brahmane, »
Livre 9, st. 313. « Dans quelque détresse qu'il se trouve, il doit bien se
* garder d'irriter les Brahmanes en prenant leurs biens ; car, une fois irrité», « ils le détruiraient sur le champ, avec son armée et ses équipages, par leurs « imprécations et leurs sacrifices magiques. «
315. • Quel est le prince qui prospérerait en opprimant ceux qui, dans
• leur courroux, pourraient former d'autres mondes et d'autres régents des » mondes et changer des Dieux en morteb ? -
317. • Instruit ou ignorant, un Brahmane est une Divinité puissante, u Livre 10, st. 123. « Servir les Brahmanes est déclaré l'action la plus louable
m pour un Soudra; toute autre chose qu'il peut faire est pour lui sans récom*
u pense, a Livre 11, st. 17. » Le Brahmane peut prendre ce dont il a besoin dans la
grand-prétrc une vache rousse, sans tache ni défaut, et qui n'ait point porté le joug. Le prêtre l'emmènera hors du camp, l'immolera, trempera son doigt dans le sang, et fera sept aspersions vers le tabernacle. Puis il livrera aux flammes le
» grange, dans le champ, dans la maison ou dans un autre endroit quelconque ; u mais il en doit dire la raison au propriétaire s'il la demande. •
21. « Qu'un roi juste n'inflige aucune amende a cet homme qui dérobe au n prend par force ce qui lui est nécessaire pour un sacriQce; car c'est par la M folie du prince qu'un Brahmane meurt de besoin. -
84. «Un Brâlimane, par sa seule naissance, est un objet de vénération « môme pour les Dieux, et ses dédiions sont une autorité pour le monde; c'est ti la sainte Écriture qui lui donne ce privilège. »
On le voit, la race d'Aaron pourrait encore prétendre au mérite de la modération. Évidemment cette omnipotence temporelle et spirituelle des prêtres de l'Inde n'eût jamais été 8ur]:)asséc en ce monde, si le sacerdoce chrétien n'eût existé. Le lecteur peut faire de nombreux rapprochements entre les prescriptions de Manou, qui viennent de passer sous ses yeux, et d'autres doctrines et prétentions assez connues. Je m'arrôtcrai à un seul exemple, et je n'aurai pas besoin d'aller le demander aux époques les plus mauvaises et les plus obscures du moyen âge. De tous les textes qu'on vient de lire, le i)lu8 fort assurément est cette stance du livre 8 : - Que le roi se garde bien de tuer un Brahmane, u quand même il aurait commis tous les crimes possibles. « Eh bien ! Mariaim a enseigné à très peu près la môme chose, dans un livie écrit pour l'éducation d'uu roi : u Sacrati ordinis iminunitatcs ci jura intacta ut sint curare princeps « débet. Nemîncm ex sacrato ordino supplicio quamvis merito subjiciat. « (De rege et régis institutione, lib, 1, cap. 10, Tolède, 1590.) Dansée môme ouvrage où l'auteur refuse au souverain le droit de punir de mort les ecclésiastiques, même lorsqu'ils Vauraient mérité, il accorde en revanche au premier fanatique venu la permission de tuer le roi pour le plus grand bien de la religion, et fait à ce propos un magnifique éloge de l'assassin de Henri III, de ce religieux dominicain, Jacques Clément, qu'il appelle atenum Oallia decus, et que le pajK» Sixte-Quint eut grande envie do canoniser. (Ibidem, cap.O et 7.)
corps entier de la vache, et jettera dans le feu du bois de cèdre, de Thysope et de Técarlate. On recueillera ensuite les cendres. Celui qui aura brûlé la vache et celui qui en aura recueilli les cendres, devront laver leurs vêtements et seront impurs jusqu'au soir. Ces cendres seront mêlées à l'eau destinée à diverses purifications. Par exemple, celui qui aura touché le cadavre d'un homme ou un sépulcre, devra recevoir une aspersion le troisième et le septième jours. On a vu déjà, au chapitre 2, § 5, que l'omission de cette formalité était punie de mort. Ceux qui seront entrés dans la tente d'un homme mort, seront impurs pendant sept jours ainsi que tous les ustensiles qui se trouveront dans cette tente. On mêlera des cendres de la vache rousse dans de l'eau vive, et un homme pur aspergera avec de l'hysope la tente, les meubles et les personnes souillées.
Si cela nous était présenté comme une recette de bohémiens pour conjurer la peste ou préserver de la foudre, je devrais , demander pardon au lecteur de l'arrêter à de pareilles niaiserîes« Mais ces niaiseries deviennent ici des choses très graves ; car elles sont données pour des communications directes de la Divinité, et il en sort un triste enseignement, à savoir que les pratiques légales et les observances matérielles , se substituant à la morale, finissent par l'évincer. J'en donnerai immédiatement un exemple saisissant. Dans un des plus épouvantables massacres, sanctifiés par la Bible, celui des Madianites (1), Moyse après avoir ordonné aux Israélites d'égorger sans pitié tous les hommes , même enfants , et toutes les femmes qui ne seront pas reconnues vierges, ajoute que quiconque aura tué
(1) J'aurai à en reparler dans un instant, au § 7.
un homme ou touché un cadavre, devra demeurer hors du camp comme impur, puis se purifier, le troisième et le septième jours, par une aspersion de Teau de lustra tion, avec laquelle on purifiera également les vêtements , ainsi que celles des dépouilles qui ne sont pas de nature à passer par le feu (ch. 31, v. 17-24), Or on ne saurait considérer comme une simple mesure d'ordre et de propreté des observances de purification, qui tenaient les Israélites éloignés du camp pendant sept jours. Quels pouvaient donc être le but et Teffet de ces observances, qui revêtent évidemment un caractère religieux, sinon de donner une sanction sacrée aux atrocités qu'ils venaient de commettre, et de prévenir toute pensée de remords qu'ils auraient pu en concevoir (i)?
(1) Les prescriptions relatives à la préparation et à l'emploi de Teau de purification chez les Hébreux , paraissent pauvres d'invention quand on les compare aux règles de purification de Tun des plus anciens codes sacrés de rinde. On peut voir le détail de ces règles nombreuses dans le 5« livre des Lois de Manou (Traduction^e M, Loiseleur Deslongchamps , Ibidem), J'en citerai ici quelques stances :
St. 58. « Lorsqu'un enfant a toutes ses dents^ et lorsque, après la naisa sancs des dents, on lui a fait la tonsure et Tinvestiture du cordon, s'U » vient à mourir, tous ses parents sont impurs -, à la naissance d'un enfant, « la règle est la même. «
72. a Les parents par alliance de demoiselles fiancées mais non mariées, a qui viennent à mourir, se purifient en trois jours ; leurs parents paternels « sont purifiés de la même manière, si la mort a lieu après le mariage. «
78. o Lorsqu'un enfant qui n'a pas encore toutes ses dents ou un Samânoj» daka vient à mourir dans un pays éloigné, son parent est sur le champ a purifié en se baignant avec ses habits. «
87. * Lorsqu'un Brahmane a touché un os humain encore gras, il se purifie
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