‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 17 sur 96 · EXCITATION A ADORER DES DIEUX ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

EXCITATION A ADORER DES DIEUX ÉTRANGERS

Ch. 15, le fait seul d'exciter à l'adoration de dieux étrangers est puni de mort. Cette pénalité ne doit point nous étonner après ce que nous avons vu jusqu'ici. Mais voici une circonstance horrible. Si celui qui excite des Israélites à adorer des dieux étrangers est un frère, un ûls ou une fille, une épouse, un ami, il ne sera pas permis à cet Israélite de se contenter de repousser un mauvais conseil. Eh quoi ! devra-til encore livrer un frère, une épouse, un ami? Cela ne serait pas assez. Il devra le tuer de sa propre main, et il lui est interdit d'éprouver de la pitié en procédant à ce meurtre, dont le législateur lui assure exclusivement les prémices, lui permettant seulement d'en abandonner les reliefs à la fureur du peuple, v. 7-H (v. 6-10 dans les Septante et la Vulgate) [1]. Voilà de ces raffinements de cruauté dont on ne trouve d'exemples que dans la Bible. A côté de ce système d'exécution, qui au besoin faisait une voie large et commode aux haines et aux vengeances particulières, les exécutions mêmes sur une plus grande échelle et qui sont décrites aux versets 13-18

(1) Le pléonasme hébraïque ^3J)*)nn J)*)!! a été traduit inexactement,

dans la Yulgate^ par statim inferficies. Ce mot statim signifie qu'il fallait tuer sans forme de procès ni aucune intervention du juge, à l'instant même où l'excitation à adorer des dieux étrangers avait lieu. Cela n'est pas dans rh6breu. Mais il n'y est pas dit non plus qu'on dût faire intervenir le juge , et dès lors les Septante ont aussi commis une infidélité , mais d'un genre tout opposé, en traduisant par àyayyéXkuv àvctyyêhiiq xepl aÙToïi, ce qui semble dire qu'il fallait aller d'abord dénoncer le coupable.

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(v. 12-17 dans les Septante et la Vulgate), ne semblent plus que des bagatelles. Montesquieu» dont on connaît la prudente réserve à Tendroit de la religion, n'a pu retenir ici le cri d*une conscience honnête : c Cette loi du Deutéroname^ dit-il, ne « peut être une loi civile chez la plupart des peuples que nous « connaissons, parce qu'elfe y ouvrirait la porte à tous ks « crimes (1}« »

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