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LE FILS INDOCILE, PUNI DE MORT

Ch. 21, V. 18-21, pères et mères qui avez des^enfants indociles ou désordonnés dans leur conduite, apprenez une recette pour les amender, recette intelligente et douce, infaillible surtout et expéditive. Si un Israélite a un fils qui résiste à son autorité et à ses conseils, il doit l'amener devant les vieillards. Vous croyez sans doute qu'on va lui faire une longue morale : c'est la recette banale. On le tue sous un monceau de pierres, et les problèmes du meilleur mode d'éducation et du meilleur système pénitentiaire se trouvent résolus de prime saut.

§5. — MOYSE NE CONNAIT PAS LE DOGME DE l'iMMORTALITÉ

DE l'aME.

Moyse, législateur religieux, ne connaît pas le dogme de l'immortalité de l'âme ou n'y croit pas. Il ne parle nulle part d'une autre vie : il n'y a pas dans le Pentateuque un seul mot qui établisse ce fondement indispensable, je ne dis pas seulement de toute religion, mais de toute moralité et par conséquent de toute vie sociale. Moyse ne connaît et ne propose pour sanction de sa loi que des récompenses ou des peines matérielles, que les biens ou les maux de cette vie. Ce code est nettement formulé dans une infinité de passages, mais particulièrement au chapitre 26 du Lévitique, et aux ch. 7, V. 12-26, ch. 11, V. 13-25, et ch. 28 du Deutéronome. Les détails dans lesquels Moyse entre à cet égard sont assez

curieux. La liste des biens temporels y est peu variée : le juif iidèle à la loi de son Dieu, regorge toujours de blé, de vin, d*huile et de troupeaux, et toujours il savoure le plaisir d'écraser ses ennemis. Un vrai épicurien ne se contenterait pas plus à ce prix qu'un homme vertueux. Mais la liste des maux temporels est fort riche, et Ton pourrait presque défier le bourreau le plus fécond en tortures d'y rien ajouter. Voici quelques extraits du chapitre 28 du Deutéroname :

a Tu seras maudit dans la ville, maudit dans la cam- « pagne. Ta corbeille sera maudite ainsi que ta huche. Le

< fruit de ton ventre et le fruit de ta terre seront maudits

< ainsi que les produits de tes bœufs et de tes brebis.

< Tu seras maudit quand tu entreras, et maudit quand tu « sortiras. Jéhovah t'enverra la malédiction, la perturba-

< tion et la ruine dans toutes les choses où tu mettras la a main. » V. 16-20.

« Les cieux qui sont au dessus de ta tète seront d'airain, et a la terre qui est au dessous de toi sera de fer. Jéhovah dona nera à ta terre de la poussière au lieu de pluie, et la « poudre descendra sur toi du ciel, jusqu'à ce que tu sois « détruit. Jéhovah te fera battre devant tes ennemis ; tu sor-

< tiras contre eux par un seul chemin et tu fuiras devant eux c par sept chemins, et tu seras poursuivi dans tous les « royaumes de la terre. Ton cadavre servira de nourriture à c tous les oiseaux des cieux et aux bêtes de la terre, et il n'y a aura personne pour les effrayer. Jéhovah te frappera de c l'ulcère de TÉgypte, d'hémorroïdes, de gale et de démanc geaison, de telle sorte que tu ne puisses pas être guéri, c Jéhovah te frappera de démence, de cécité et d'épouvante c de cœur. Tu marcheras à tâtons en plein midi comme

« Faveugle dans les ténèbres. Tu ne réussiras pas dans tes " < entreprises, et dans tous les temps tu seras opprimé et « dépouillé sans que personne te délivre. Tu épouseras une « femme, et un autre couchera avec elle ; te construiras une a maison, et tu ne l'habiteras pas; tu planteras une vigne, et « tu ne la vendangeras pas. Ton bœuf sera égorgé devant tes « yeux, et tu n'en mangeras pas; ton âne sera volé en ta préa sence, et il ne te reviendra pas; tes brebis seront données à « tes ennemis, et personne ne viendra à ton secours. Tes fils « et tes filles seront donnés à un autre peuple ; tes yeux les « verront et languiront tout le jour, et ta main sera sans « force. Un peuple que tu ne connais pas mangera les fruits « de ta terre et le produit de tous tes travaux, et tu seras « toujours opprimé et écrasé. Le spectacle de ce que tes yeux « verront te rendra fou. Jéhovah te frappera d'un mauvais « ulcère sur les genoux et les cuisses, en sorte que depuis la a planta du pied jusqu'au sommet de la tête tu ne puisses pas € être guéri. » V. 23-55.

Aux versets 53-57, l'homme mangera ses enfants sans partager avec sa femme, et de son côté la femme mangera l'enveloppe fétale de son nouveau-né, et elle la mangera en cachette pour ne point avoir à partager avec son mari.

Ces derniers traits semblent devoir combler la mesure des maux. Mais, au v. 61, Jéhovah y ajoutera toutes les maladies et toutes les plaies qui ne sont pas décrites dans le livre de la loi. Enfin, aux versets 66-68, on aura peur nuit et jour, soir et matin, et l'on sera ramené en Egypte pour y être vendu comme esclave , mais on ne trouvera pas d'acheteur. Cette dernière menace a été réservée pour le couronnement de toutes les menaces précédentes, comme si le maxi-

connurent plus tard le dogme de Timmortalité de Tâme. Mais ce ne fut guère qu'au retour de la captivité qu'une partie de la nation professa expressément ce dogme que repoussait la secte des Saducéens. J'aurai à signaler, dans plusieurs autres livres de l'Ancien Testament, particulièrement dans YEcelésiastej des applications de cette morale du législateur des Hébreux.

Au reste Moyse ne fait ici que tirer les conséquences de ses idées sur la nature de Tàme. Qu'est-ce en effet pour lui que le principe qui constitue l'être animé? C'est le sang et rien de plus. Il le déclare expressément en plusieurs endroits, particulièrement au Lévitique^ ch. 17, v. 14 (1) et au Deutérofwmiy ch. 12, V. 23 (2). Or il est évident qu'on ne saurait croire à l'immortalité du sang. La défmition matérialiste que Moyse donne de l'âme serait donc au besoin une nouvelle preuve qu'il ne connaissait pas le dogme de l'immortalité ou qu'il n'y croyait point.

(1) ton im •it^r^s mi

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