JONAS
Le prophète Jonas reçoit de Jéhovah Tordre d'aller à Ninive. Au lieu d'obéir, il descend au port de Joppé et s'embarque. Jéhovah suscite une tempête qui va engloutir le vaisseau. Jonas dormait d'un sommeil profond, quand le commandant vint le prier, non pas d'aider à , la manœuvre, mais d'invoquer son Dieu, le Dieu de Jonas, en qui le commandant avait sans doute très grande confiance, quoique ces mots ton Dieu autorisent à penser qu'il en adorait un autre, ch. V\ v. 1-6. Les gens de
ne se trouve pas dans l'hébreu : Ka} è/iKrSèjxfoiy èfixurcp Trei/TeuMejca âfjuphuy xa} yofjLop Kptôây^ xeù vé^X oivou.
l'équipage consultent le sort pour savoir qui d'entre eux pouvait être cause de Torage; car évidemment quelqu'un en était cause: il n'y a jamais d'orage en mer sans cela. Le sort^ qui est, comme on sait, toujours très intelligent, désigne Jonas, qui leur raconte alors son escapade, et demande à être jeté à la mer. Sa requête lui est accordée, et à l'instant les flots s'apaisent, V. 7-16. Pendant que les matelots font des vœux. Jouas compose une amplification de rhétorique, dans le ventre d'un grand poisson (1), qui, l'ayant gardé trois jours et trois nuits, vient le vomir entièrement sain sur le rivage, ch. 2. Hercule avait aussi séjourné dans le ventre d'un grand poisson, et comme Jouas en était sorti sain et sauf. En citant un passage où Théophylacte jette aux payens ce dilemme. Ou recevez notre histoire ou rejetez la vôtre, Bayle fait observer que l'on eût trouvé parmi les Grecs beaucoup de gens qui, placés ainsi entre l'histoire d'Hercule et celle de Jonas, n'eussent pas hésité à
(1) 7113 jT Ces mots ont été traduits, dans le grec, par Kyro^. Jl
signifie simplement un poisson, et x^ro^ signifie un cétacé et particulièrement une baleine. Le traducteur, voyant qu'il s'agissait d'un grand animal, n'a pas cm pouvoir le faire trop grand, et alors il a pris le plus grand de tous, qui était alors considéré comme un poisson. S'il avait eu les connaissances zoologîques, que ses contemporains, qui n'étaient pas inspirés comme lui, étaient très excusables de n'avoir pas, il aurait su que les baleines sont conformées de manière à ne pouvoir pas avaler d'homme, et que surtout il n'y en a pas dans les parages où se passe le fait en question. Saint Jérôme a évité ces méprises en tradui» sant exactement /inj) 3T par Piscis grandis ; mais, quand il a traduit l'évan-
gile de Matthieu sur le grec, il adû, ch. 12, v. 40, rendre 'Ev tJ xc/A/^ toD xiJtouç. par In ventre ceti, et il a ainsi converti à son tour en cétacé le grand poisson qu'il avait justement vu dans la prophétie de Jonas.
répondre : t Nous les rejetons tontes deux (1). » Le prophète prend enfin le chemin de Ninive, et vient annoncer aux habitants qu'ils périront dans quarante jours (2), ch. 3» y. 3 et 4. Le roi descend de son trône, ôte ses habits, se revêt d'un sac et s^assied dans la cendre. Il prescrit un jeûne universel, et ordonne que les hommes et les bêtes se couvrent de sacs comme lui et invoquent Dieu fortement, v. 6-8 (3). Dieu ne put tenir aux cris de ces pécores, et renonça à faire ce qu'il avait dit, V. 10. Mais cela compromettait son prophète. Aussi celui-ci est-il irrité, ch. 4, v. 1. Il avait bien prévu tout cela, et c'est pourquoi il avait d'abord tourné le dos à Ninive et s'était dirigé vers la mer. Le voilà maintenant perdu de réputation , et il préfère la mort à la vie, v. 2 et 3. Mais Jéhovah réprime ainsi son orgueil : « Je n'épargnerais pas Ninive, cette grande cité < où il y a plus de cent vingt mille habitants qui ne savent dis- « tinguer leur droite de leur gauche^ et un grand nombre de « bêtes! » V. 11. Paroles pleines de raison. Cette fois je me range du côté du Dieu des Juifs.
(1) Dictionnaire historique, note B de Farticle Jonas, tome II, Rotterdam, 1720. •
(2) Trois jours seulement dans le grec.
(3) npTna d^h^k-Sk îK^pn nnnani dikh D^p\y losnn
y. 8. Saint Jérôme a rendu HDnS par Jumenta, qui ne se dit que des bêtes
de somme ou de trait. riDil^ a une signification plus étendue ; il signifie
tous les animaax domestiques, particulièrement ceux qu'on élève en trou* peaux, et correspond au latin Pecudes,