‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 50 sur 96 · MALACHIE · texte numérisé non relu

MALACHIE

Dans la prophétie de Malachie » Jéhovah nous apparaît sous les traits d'un être capricieux et colère. Au chapitre 1^, y. 2 et 5, il dit qu'il a aimé Jacob, mais qu'il a haï Ésaû, précisément celui des deux fils d'Isaac que nous avons vu se conduire le plus généreusement (1). Saint Paul a copié ce passage de Malachie {ÉpUre aux Romains^ ch. 9, v. 13) , saint Paol qui se dit Tapôtre des gentils, et qui, en cette qualité, devait moins que personne redire un tel blasphème. J'ai déjà fait remarquer ailleurs (2) que les prophètes juifs témoignaient généralement du mépris pour les observances légales. Sur ce point Malachie laisse bien loin derrière lui ses confrères. Au chapitre 2, verset 3, il met dans la bouche de Jéhovah la menace de jeter à la figure de ses prêtres la fiente des victimes qu'ils lui offraient et qu'il leur avait demandées pourtant avec tant d'insistance. Presque immédiatement après ces scènes passionnées et grossières, Malachie se livre à des réflexions tellement sensées qu'on ne pouvait s'attendre à les rencontrer en pareil lieu, v. 10 : « N'avons-nous pas tous un même père? « N'est-ce pas un même Dieu qui nous a créés? Pourquoi cha- « cun est-il traité par son frère avec perfidie? > Le prophète aurait pu citer fort à propos de ces dernières paroles la conduite de Jacob à l'égard de son frère Ésaù.

(1) Au ch. 1er, § 11.

(2) Note de la page 206.

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