‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 64 sur 96 · JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS · texte numérisé non relu

JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS

Tandis que Jean, ch. 14, 15, 16, 17 et 18, fait tenir à Jésus, peu d'instants avant son arrestation, des discours pleins de calme, et le fait aller au-devant de ses ennemis, ch. 18,

SECONDE SECTION. — CHAPITRE PREMIER. St99

V. 4-8, avec une courageuse assurance, Matthieu, ch. 26, V. 36-59, Marc, ch. 14, v. 32-36, et Luc, ch. 22, v. 41-44, le représentent en prières, et dans quelle attitude ! Chez Matthieu et Marc, il se prosterne le visage contre terre; chez Luc, il se contente de se mettre à genoux. Ils le font demander à son père d'éloigner la mort qui le menace. Il est vrai qu'ils paraissent sentir ce que cette prière peut avoir d'étonnant dans une telle bouche ; car ils la font suivre immédiatement d'un acte de résignation à la volonté suprême. Marc va jusqu'à faire tomber Jésus dans un état de stupeur et de consternation (1). Luc fait descendre du ciel un ange pour le fortifier ; non content de le représenter en agonie, il le fait suer comme des grum^eaux de sang (2). On remarquera que ce même Jean, qui ne dit rien de ces sentiments de frayeur et d'abattement, que les trois autres évangélistes attribuent à Jésus, a dû, d'après Matthieu, v. 37 et 38, et Marc, v. 33 et 34, en être un des trois témoins oculaires privilégiés et entendre Jésus se plaindre si amèrement. Un instant Jean avait présenté Jésus comme éprouvant quelque trouble à la pensée de la mort qui l'attendait ; mais c'était pour le faire se relever aussitôt avec dignité en prononçant ces paroles : « Pourquoi dirais-je à mon père : épargne- « moi cette heure? Mais c'est pour cela que Je suis venu. » Ch. 12, V. 27.

(1) 'Up^xTo èxSx/x^étJÙM Kx} àdtjjxovelfy^ v. 33. Saint Jérôme a atténué l'énergie de ces expressions en les traduisant par cœpit pavere et tadere. Pourtant la peur et l'ennui ne sont pas déjà des sentiments très dignes d'un Dieu.

(2) E^fyfTo îJ'pù); aÙTov u(T£Î Ôpo/Xnot cufixro^y v. 44.

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