‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 75 sur 96 · IL FAUT SE LAISSER INSULTER ET VOLER. PRÊT GRATUIT · texte numérisé non relu

IL FAUT SE LAISSER INSULTER ET VOLER. PRÊT GRATUIT

Matthieu, ch. 5, v. 39-il, et Luc, ch. 6, v. 29 et 50, attribuent à Jésus ces règles de conduite : Si ton te donne un soufflet sur une joue, tends Vautre (1). Si quelqu'un veut avoir

(1) Jérémie avait déjà fait une recommandation du même genre : TTV* ^n / înDD/ • Il tendra la joue à celui qui le frappera. • (Lamentations, ch. 3, V. 30.) Il y a, dans Matthieu : » Si quelqu'un te frappe sur la joue droite »,

avec toi des contestations en justice et te prendre ta tutUque, abandonne-lui encore ton manteau. Si Von te contraint à faire miUe pas, fais-en encore deux mille. Donne à quiconque te demande. Si fon te prend ton bien, ne le réclame pas. De pareilles règles auraient ce double résultat d'encourager les malhonnêtes gens et de mener les gens de bien à Tavilissement ; la société qui les mettrait en pratique, serait bien sûre de voir pulluler les diverses espèces, assez communes déjà, des hommes disposés à donner des soufflets et à prendre le bien d'autrui. Sans doute on ne saurait trop recommander le désintéressement, la douceur de mœurs, la modération dans les plaintes, le renon^ cément aux réparations que nous sommes en droit d'exiger, la bienfaisance envers ceux mêmes de qui nous avons reçu du mal; mais ces vertus, pour mériter d'être appelées de ce nom, n'ont pas besoin d'ouvrir un crédit aux méchants et de leur faciliter un métier qui n'est pas sans périls ; elles doivent s'exercer à propos et avec discernement, et jamais elles n'auront rien de commun avec la bassesse et la niaiserie. Celui qui se conformerait aux préceptes que l'on vient d'entendre, aurait donc abjuré toute sagesse et tout sentiment de dignité personnelle. Quelques docteurs prétendent que ce sont là de simples

'Et2 Tyju ^e^]xv cixyé^ct aov, Origène élève à ce propos une assez mauvaise chicane. Il fait observer que celui qui donne un soufflet, à moins d'être estropié, se sert naturellement de la main droite, et qu'ainsi il frappe d'abord l'adversaire, qui est censé en face de lui, sur la joue gauclie et non sur la joue droite, (rifj:? à/jv^y, livre 4, § 18, tome 1er, Paris, 1733.) C'est pousser un peu loin le goût de l'exactitude dans la descriptiou, et nous ne nous montrerons pas aussi exigeants qu'Origène, quoique nous ayons peut-être le droit de l'être davantage.

conseils 9 proposés aux plus parfaits, et non de véritables règles, imposées à tous. Ceux-là placent la perfection dans une suprême abjection, à la fois lâche et idiote (1). D'autres docteurs se contentent de dire qu'ici Jésus n'a point entendu que l'on prit ses paroles à la lettre, et que c'est uniquement dans le but de donner à sa pensée une forme plus saisissante qu'il en a exagéré l'expression. Mais d'abord en retranchant même l'exagération de la forme, il resterait encore au fond des préceptes en question plus qu'il n'en faudrait pour livrer le monde à la merci des insolents et des fripons, et pour faire des honnêtes gens la proie trop facile des hommes pervers. Et puis est-ce bien le cas de dire qu'il s'agit ici de ces formes de langage figuré, comme on en trouve en effet fréquemment dans les livres sacrés, et sur la portée hyperbolique desquelles personne ne peut se méprendre? Quand Jésus dit, par exemple, que Yon voit un brin de paille dans l'œil de son frère, mais que l'on ne sent pas qu'on a une poutre dans le sien (Matthieu, ch. 7, v. 3-5, et Luc, ch. 6, v. 41 et 42), ou encore que les Pharisiens

(1) Dans ses Règles de morale, règles générales, manifestement adressées à tous les fidèles et non pas seulement à quelques ascètes, saint Basile renouvelle ces préceptes en termes absolus , et se sert des expressions mêmes de l'évangéliste Luc, n'y ajoutant que le mot «TeÇ/ jcv, qui est propre à Matthieu : T^ rù^TOvri as èyri t^u J)s^lxu ffiaySva xdpexs kûlI riju ccXXijv * ka} àvà Tou àipoyroç (tov rè tfisirtoy kcû tov %iravaL jx^ ycuÏMa^q, liefs/rl <fè r^

âtrovyrl ae eT/cfbu * xa? àtô tov àipovroç rà ah jxij àTahst. (Règle 49, ch. 1er, tome II, Paris, 1722.) C'est sur de semblables règles que se fonde la doctrine de certains écrivains anglais et américains, particulièrement de ceux de la société des Quakers, qui déclarent la guerre défensive aussi radicalement illégitime que la guerre offensive , doctrine que j'ai eu à combattre dans mon livre De la guerre et des armées permanentes, 3e partie, § 17.

rejettent un moucheron et avalent un chameau (Matthieu, ch. 23, V. 24), tout le inonde comprend qu'il est impossible qu'une poutre se loge dans un œil ou qu'un homme avale un chameau, et il est dès lors évident qu'il n'y a là que des formes figurées de langage, qui ne peuvent pas être prises à la lettre. Mais il n'en est plus de même quand Jésus dit : 5» l'on te donne un soufflet sur une joue, tends Vautre; si quelqu'un veut te prendre ta tunique, abandonne-lui encore ton manteau; si l'on te contraint à faire mille pas, fais-en encore deux mille; si ton te prend ton bien, ne le réclame pas. Tout cela est absolument faisable, et l'on ne voit pas d'impossibilité à ce qu'ua homme, imbu de certains principes, comme ceux, par exemple, que professait la secte des Esséniens du temps de Jésus, en ait fait l'objet de recommandations et même de prescriptions rigoureuses. A ceux qui prétendent que Jésus n'a pas entendu qu'on les prît à la lettre, nous pouvons dire : Qui étes-vous pour décider que votre législateur religieux, lorsqu'il vous prescrit formellement de faire quelque chose, entend que vous ne le fassiez pas ? Ou s'il vous plaît de ne prendre au sérieux que la moitié, le tiers, le quart de ses prescriptions morales, où vous arréterez-vous dans cette voie ? Jésus a exagéré! Quoi ! c'est vous, chrétiens , qui nous apprenez que votre divin maitre n'a pas su se défendre d'un défaut qui corrompt si souvent la science et la prudence humaines ! Est-ce sagesse que d'exagérer les prescriptions morales ? L'exagération n'est-elle pas au contraire plus dangereuse ici que partout ailleurs ? Car, d'une part, la multitude ignorante, qui a déjà par elle-même assez de penchant à outrer et altérer toutes choses, prend à la lettre les prescriptions exagérées, comme le prouve trop bien, dans le cas actuel, l'histoire des humilités de l'ascétisme chrétien ;

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d'une autre part, les méchants se dispensent de Tobservation du devoir sous prétexta de Timpossibilité de mettre en pratique les formules sous lesquelles il leur est présenté. La vraie morale doit être préchée clairement, simplement et avec précision ; elle ne connaît ni le vague, ni les à peu près, ni les hyperboles ; elle sait où est le point fixe du vrai et s'y tient : c'est là qu'il faut aller la chercher , et non pas en deçà ni au delà, au dessus ni au dessous.

Au verset 43 du ch. S, Matthieu prétend qu'on trouve dans l'ancienne loi ces prescriptions, Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Je trouve bien, au Lévitique, ch. 19, v. 18, cette recommandation : Tu aimeras ton prochain comme toiméme(i); mais je ne trouve nulle part, dans le Pentateuque, cette prescription, ainsi formulée du moins. Tu haïras ton ennemi. Non seulement je ne l'y trouve pas, mais j'y trouve des prescriptions contraires. Par exemple, au ch. 23, v. 4 et S, de ÏExode, il est ordonné de ramener à un ennemi son bœuf ou

(1) 'îlDS Ijn / nSnXI saint Jérôme a traduit ces mots inexac-

tement par Diliges amicum tuum sicut teipsum, JTl signiiSe bien aussi un com» pagnon, quelquefois même un anii^ mais le plus ordinairement il signifie le prochain en général, et c'est ce dernier sens qu'il a ici; car il ne peut j avoir ni difficulté ni mérite à aimer un ami, et le précepte, ainsi formulé, en serait à peine un. La traduction des Septante est plus exacte : ' Xy^iTnjjeig ràu 7r>^<Tiov » (Tou ôiq creauTÔv, Saint Jérôme, en traduisant, dans les Évangiles de Matthieu, ch. 22, V. 39, et de Marc, ch. 12, v. 31, le même précepte du Lévitique, a mis Diliges proa,imum tuum. Il est vrai qu'ici il traduisait sur le grec; mais cela même devait l'avertir de la faute qu'il avait commise dans la traduction du LéoUique, si toutefois cette faute est bien véritablement de lui. Je fais cette réserve, parce qu'il y a quelques exemplaires de la Vulgate qui portent proximnm au lieu à'amicum.

son âne égaré, et d'aider cet ennemi à relever son âne qui est tombé sous le faix. Matthieu, en citant ici d'une manière infidèle la législation mosaïque, la calomnierait-il donc? Cela était diiBcile; car, si elle n'a pas formulé le précepte de la haine dans les propres termes rapportés tout à l'heure, on a \u, par les nombreux exemples que j'ai cités dans la première section, particulièrement au ch. 4, § 7, 8 et 9, qu'elle la recommandait en fait et d'une façon plus qu'équivalente, en prescrivant d'implacables vengeances et d'épouvantables massacres.

Aux versets 34 et 33 du ch. 6 de Luc, Jésus interdit le prêt à intérêt, et il l'interdit d'une manière absolue et en termes généraux (1). C'est d'après cette interdiction rigoureuse, que

(1) Eàv i'a.vÛT^TÇ nap' oav èXTrti^ers Airo^^xCslv, toIx xdptq ùfjCiv è<ni]

<fjtvf/ÇfT6 fiijJè'^ àîTfXT/Çoyreç. Voir aussi Exode, ch. 32, v. 24

( 25 dans le grec et le latin), et Lévitique, ch. 25, v. 36 et 37. H est vrai que ceux qui soutiennent que le prêt à intérêt n'est pas une chose radicalement illégitime, peuvent invoquer les textes du Deutéronome, ch. 15 , v. 6-8, et ch. 23, V. 19 et 20, où Moyse, tout en défendant aux Juifs de l'exercer entre eux, leur permet et semble même leur prescrire de l'exercer à l'égard des étrangers; ils peuvent encore se rejeter sur la parabole (Matthieu, ch. 25, V. 26, 27 et 30, et Luc, ch. 19, v. 22 et 23), où un esclave est appelé méchant, paresseux et inutile, pour n'avoir pas confié l'argent de soh maître aux changeurs ( aux banquiers d'alors ) et ne lui avoir pas fait produira d'intérêt : 'EJV/ ow (76 QxXeiv tô àçryùpîw fMV roiç rpxretiiTXiç ' tes} k>êùr/ êjù) èxofjutrci/Mfv kj rd kyih <tvv tokw. (Matthieu, v. 27.) Ka? J'tà ri où* e<^aKa^ rd kpyùptou funu èrt rpaTeÇaj/; xxyùj èX^àu (tùv tjx^ «y ëyrpa^x aùrè, (Luc, V. 23.) Cela semble dire qu'il ne serait pas seulement permis, mais que ce serait un devoir de prêter l'argent à intérêt. S'il était démontré que l'on dût attacher à la parabole une pareille signification , elle serait en contradiction avec la défense si formelle du chapitre 6 de Luc. On a déjà eu maintes occa-

réglise chrétienne, pendant plusieurs siècles, a condamné non seulement Tusure entendue dans le sens odieux du mot, mais tout prêt à intérêt et quelque modéré qu'en fût le taux. Les Pères, les conciles, les souverains pontifes et les docteurs ont été longtemps unanimes sur ce point (1). Saint Augustin, rappelant les menaces de damnation prononcées par TÉcriture, assimile aux avares, aux voleurs et aux fornicateurs ceux qui prêtent à intérêt (2). Bossuet soutient que la doctrine contraire au prêt à intérêt est de foi, et il traite d'hérétiques ceux qui la rejettent et ceux qui donnent des expédients pour rélvder(5). Mais, dans les derniers temps, la plupart des théologiens ont fait fléchir la doctrine devant des impossibilités palpables d'exécution. 11 est évident en effet que, si toute espèce de prêt devait être essentiellement gratuite, l'industrie et le commerce, ne pouvant plus se procurer les avances de fonds qui leur sont nécessaires, verraient s'arrêter tout court le développement qu'ils ont pris dans les sociétés modernes. Mais, au lieu de convenir simplement que le précepte, pris dans sa rigueur absolue, n'est point praticable, ils cherchent à échapper à cette

siens de voir que ron trouvait presque toujours dans les livres saints des textes favorables aux thèses les plus opposées.

(1) Baillj, Theohgia dogmatica et moralk, Tractatm de contraciibus, pars 2, cap, 2, art, 2, §§ 1 et 2, tome VITE, Dijon, 1789.

(2) « Apertè scriptura clamât, neque avari neque rapaces regnum Dei pos-

• sidebunt : et qui pecuniam suam dédit in usuramj et omnis fomicator et

• immundus et avarus, quod est idolorum servitus, non habet bfereditatem in

• regno Christi et Dei. v {^De baptismo contra Donatistas, lia, 4t, cap, 9, tome IX, Paris, 1688.)

(3) Traité de Pmure, 5e proposition, Œuvres posthumes, tome III, Amsterdam, 1753.

5Si

nécessité par des subtilités de casuistique, qui rappellent souvent ce contrat Mohatra que Pascal a rendu célèbre (1). Ils commencent par condamner en général le prêt à intérêt, suivant le précepte évangélique ; puis, à force de distinctions, de restrictions et d'exceptions, ils finissent par le permettre dans presque tous les cas particuliers. II faut voir dans leurs traités tous les moyens qu'ils ont imaginés pour tourner le précepte ou plutôt pour Fannihiler en paraissant le respecter (2). J'en citerai ici un exemple. Vers le milieu du xwf siècle, des missionnaires de la Chine consultèrent la congrégation romaine de la propagation de la foi, sur la question de savoir s^ils pouvaient permettre à leurs néophytes chinois de prêter au taux de 30 pour 100, fixé par la loi du pays. Ils mettaient en avant les diverses chances de perte que court un capital prêté et que ne manquent jamais d'invoquer tous les prêteurs (S). La congrégation répondit que les néophytes ne pouvaient rien recevoir, à raison même du prêt, au delà de la somme prêtée,

(1) Huitième Lettre provinciale, tome 1er, Paris, 1830.

(2) Dantnum emergenSy Lucrum cessons, Periculum sortis, Donatio gratuita, Solutionis dilatio, Pœna conventionalis, etc. Considérées en elles-mêmes, ces circonstances légitiment en effet le prêt à intérêt ; mais il n'était pas permis aux théologiens de les invoquer contre la défense formelle de leur msdtre.

(3) * In prœfato regno lege stabilitum est ut in mutuo trîginta pro centum tf accîpiantur, absque respect u lucri cessantis aut damni emergentis. QusBritnr » utrùm Sinensibus sit licitum pro pecuniarum suamm mutuo, licet non inter- « Ycniat lucrum ccssans aut damnum emergens, pnedictam 30 pro 100 regni u lege taxatam quantitatem accipere. Hœc causa dubîtatîonis est quia in reçu- » perandâ pecuniâ est aliquod periculum, scilicet qubd quis fiigiat, qabdtardet u in solvendo , vel qubd necessarium sit coram judice repetere , vel proptcr u alla hujusmodi. «

mais que, s'ils devaient courir des chances probables de perte, ils pouvaient recevoir des intérêts proportionnés à la qualité et à la probabilité du danger (1). C'était, d'après les termes de la question qui lui avait été posée, permettre aux chrétiens chinois d'aller jusqu'à ce taux de 30 pour 100, autorisé par la loi du Céleste Empire. Il ne s'agit pas là d'une décision isolée, émanée d'un casuiste sans autorité, mais d'une décision rendue par la congrégation des cardinaux de l'Église romaine et approuvée par le pape Innocent X. M. Bouvier, évêque du Mans, en s'étayant de ce document, ajoute qu'ayant lui-même consulté la sacrée Pénitencerie en 1815, il en a reçu la même réponse (2). Autrefois on prenait au sérieux et l'on appliquait rigoureusement la doctrine du maître. Cette doctrine, il est vrai, serait impraticable aujouixl'hui ; appliquée à la lettre, elle entraînerait à sa suite d'incalculables désordres. Mais enfin, telle qu'elle est, ceux qui s'en déclarent les sectateurs, sont tenus de la respecter sincèrement et d'en appliquer les conséquences. De la situation présente il résulte ce fait vraiment curieux, que la doctrine évangélique du prêt gratuit ne trouve plus de défenseurs que parmi des hommes qui certes sont loin d'être chrétiens. On sait quels efforts a faits dans ces derniers temps M. Proudhon, non pas seulement pour obtenir ce que

(1) « Censuit S. Congregatio cardinalium S. R. E. ratione mutui immédiate » et prœcisè nihil esse accipiendum ultra sortem principalem ; si vero aliquid » accipiunt ratione periculi probabiliter imminentis, prout in casa, non esse » inquietandos , dnmmodb habeatur ratio qaalitatis periculi et probabilitatis « ejusdem, ac servatâ proportione inter periculum et id quod accipitur. -

(2) Institutiones theologka, Bh contraciibus , pars 2, cap. 8 , art, 3, § 4, tome YI, Paris, 1844.

demaudeut tous les gens de bien, des réformes financières réalisables et des institutions destinées à alléger le fardeau des classes laborieuses et souffrantes, mais pour propager sou système de la gratuite absolue du crédit; on sait aussi quelles effrayantes menaces de subversion universelle certains chrétiens croient voir dans ce système, qui est innocent à force d'être insoutenable en théorie et irréalisable en pratique. Ces personnes Jà sont assurément, sur le point en question, beaucoup moins chrétiennes que M. Proudhon. Je me réserve de signaler bientôt (1) une autre singularité de ce genre, relative an droit de propriété privée. En attendant, je conclus dès à présent que, si vous voulez, en matière de prêt comme en une infinité d'autres, être renseigné sur le bien et le mal, sur Tusage et l'abus, ce n'est pas aux moralistes chrétiens que vous devez vous adresser; car, selon les temps et les circonstances, ils vous feront des réponses contradictoires. Les uns, les vieux théologiens, comme il en restait encore quelques débris il y a une trentaine d'années, conséquents à leur principe, je veux dire à la règle évangélique, qui ne souffre aucune équivoque, ont interdit pendant des siècles et interdisaient encore naguère l'usage de ce qui est évidemment permis, de ce qui peut même être un bien. Les autres, les docteurs à large manche de la congrégation des cardinaux, les évêques et leurs professeurs actuels de théologie, qui accommodent Tenseignem^t chrétien aux goûts ou aux nécessités d'une époque qui ne peut plus être chrétienne, permettent aujourd'hui jusqu'à l'abus le plus manifeste; ils prêtent eux-mêmes ou empruntent à intérêt, et l'on a vu dernièrement leur chef suprême, le pape

(1) Au § 16 de ce chapitre.

Pie IX, contracter auprès d'un israélite, M. Rothschild, un emprunt au dessous du pair. Ils n'en continueront pas moins en toute rencontre de soutenir que la doctrine de leur église a toujours été parfaitement invariable.

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