‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 88 sur 96 · DISTRACTIONS · texte numérisé non relu

DISTRACTIONS

Au même chapitre 8 de FËvangile de Jean, plusieurs Juifs, après avoir entendu Jésus , crurent en lui, v. 30. Alors Jésus s'adressant particulièrement à ceux-ci , leur dît , v. 31 : « Si. « vous demeurez attachés à ma parole, etc. » Puis tout à coup, sans que le narrateur ait introduit de nouveaux interlocuteurs, oubliant que Jésus parle à des fidèles, il le fait parler comme à des ennemis, qui refusent obstinément de croire en lui : « Vous cherchez à me tuer parce que ma parole ne pénètre « pas en vous. » V. 37. « Vous ne pouvez pas entendre ma « parole. Vous êtes nés du Diable, et vous voulez accomplir « les désirs de votre père. » V. 43 et 44.

On retrouve la même distraction au chapitre 12. Jésus s'adresse soit à la foule qui vient de le recevoir en triomphe, soit à ses disciples, v. 13, 17, 18, 23 et 29, et à peine a-t-il fini de parler que Tévangéliste le fait se cacher de ses auditeurs, et ajoute qu'ils ne croyaient pas en lui, v. 36, 37 et 39.

USk Sfi€OND£ PARTIE.

§ 30. — I.BS E^iNBMIS DES APOTRES.

Dans les Actes des apôtres, Luc se plait à faire les priûces des prêtres démesurément absurdes. Au chapitre 4, v. 16-18, ils sout représentés croyant à une guérison miraculeuse d*ua boiteux » opérée par Tapôtre Pierre : < Cela est connu de tous c les habitants de Jérusalem, s*écrient-ils, et nous nepouvom « pas le nier. » V. 16 (1). Dès lors on n'attend plus qu'une chose, c'est qu'ils se déclarent chrétiens. Au Heu de cela, dès les versets suivants, ils défendent aux apôtres, avec menace, de parler encore au nom de Jésus! Au chapitre 23, v. 3, le grand-prétre Ananias commet un acte de pure brutalité, auquel on ne peut trouver aucune raison d'être. Paul est amené devant le conseil des Juife. A peine a*t-il ouvert la boudie pour se défendre, que le président, sans l'ombre d'ua prétexte et en présence même du Tribun romain , ordonne aux assis^ tants de frapper l'accusé au visage. Loin de tendre l'autre joue selon le précepte évangélique, que n'avait du reste pas observé non plus celui de qui il émanait (Jean, ch. 18, v. 22 et SSjy Paul apostrophe alors vigoureusement Ananias, et bii repré-* sente justement qu'une pareille conduite est indigne d'un juge. Mais, comme on lui fait observer que ce juge est grandprêtre de Dieu, il s'excuse, v. 5, sur ce qu'il ignorait cette circonstance. Quand il l'aurait sue, sa plainte n'en eût pas été moins juste. Parce qu'un procédé brutal émane d'un prêtre, en est-il plus supportable? Au contraire il n'en est que plus odieux. L'excuse que Luc attribue à Paul est donc aussi ridi-

(1) nlo'/y Tc7ç Kxrctxovo'nf 'ispouffoXiffi fea/e^y, kjû où J\^xf£eôx àpitaÛJi.

cule que la grossièreté qu'il attribue au grand-prétre parait iaeroyable. Au reste , dans ce même chapitre y les invraisemblances renchérissent les unes sur les autres. C'est ainsi qu'il est dit, V. \%\oy que plus de quarante Juifs forment le projet d'assassiner Paul , et viennent ti*anquillemeat faire part de ce projet au sanhédrin dont ils réclament la complicité , et dont pas un membre n'ouvre la bouche pour repousser l'assistance de ces sicaires.

Page 1