‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 89 sur 96 · DISSIMULATION DES APOTRES PIERRE ET PAUL · texte numérisé non relu

DISSIMULATION DES APOTRES PIERRE ET PAUL

Paul, que l'on voit, à^n^ XÉpUre aux GalateSy ch. 2, V. 44-14, résister à Céphas (Pierre) au sujet des ménagements que celui-ei observait à l'égard des chrétiens circoncis, le reprendre en pleine synagogue et aller jusqu'à l'accuser de dissimiUalion; Paul, l'apôtre des incirconcis, qui prêche l'abO'* lition de la loi mosaïque» particulièrement au ch. 5 de cette même Épitre aux GalateSy où il déclare que le Christ ne peut plus servir de rien à ceux qui se font circondre; ce même Paul» Actes des apôtres, ch. 16, v. 3, use de la même dissimulation qu'il reproche au prince des apôtres. Il circoncit son disciple Timothée à cauM des Juifs qui étaient en ces lieux-là^ et cela peu après qu'il a été chargé par les apôtres de porter aux gentils d'Antioche une lettre qui abolit la circoncision, ch. 15. De retour à Jérusalem, il va au temple, se soumet à toutes tes observances de la loi, se fait tout à fait juif, ch. 21, v. 21-26» Cette fois ce système lui réussit mal; car des Juifs d'Asie, qui l'avaient entendu prêcher aux gentils l'abolition de la loi

SECOiNDE PARTIE.

mosaïque^ indignés de cette duplicité, soulèvent le peuple contre lui, v. 27-30. Ce Tait aide à comprendre la haine que Paul fessentait pour ceux dont il avait commencé par être le fanatique coreligionnaire. On peut voir, dans sa 1"" ÉpUre aux Thessaloniciens, ch. 2, v. 15 et 16, le déluge d'injures qu il adresse aux Juifs. Il est même douteux qu'il leur ait jamais adressé autre chose. Saint Jérôme constate que, de son temps, on ne croyait point à l'authenticité de l'Épîlre qui porte le nom de Paul aux Hébreux, et que l'Église admet pourtant sans contestation (1). Dans son Commentaire sur l'Épître aux Calâtes (2), le même saint Jérôme s'était cru obligé de faire remarquer la dissimulation de Paul. Quoiqu'il en eût parlé d'abord en termes fort mitigés et en cherchant même à excuser par l'intention la conduite de l'apôtre des gentils, cela devint entre saint Augustin et lui un sujet d'altercation très vive. L'évêque d'Hippone avait adressé plusieurs lettres de reproches au solitaire de Bethlébem. Celui-ci, à qui d'ordinaire il n'en fallait pas tant pour l'irriter, fit une réponse que saint Augustin dut se repentir plus d'une (ois d'avoir provoquée avec tant d'insistance, et qui est un acte d'énei^ique accusation contre saint Paul (5). On sait du reste que l'apôtre faisait parade de

(1) • Epistola autem quœ fertur ad Hœbneos non ejus creditur. • {Cafalogiis scriptorum ecclesiasticorum, cap, 5, tome IV, Paris, 1706.)

(2) Livre !«, eh. 2, même tome.

(3) Eu voici quelques passages :

« béate apostole Paule , qui in Petro reprehenderas simulationem , quare w subtraxisset se à gentibus propter metum judœorum qui à Jacobo veneraut, *» cur Tiraotheum, filium hominis gentilis, utique et ipsum gentilem (neque M enim judœus erat qui non fuerat circumeisus) contra sententiam tuam cir-

son système de dissimulation. Dans sa V Épitre aux Corinthiens, eh. 9, v. 20-22, on lit ces paroles, dont les théologiens ne manquent pas de lui faire un gi^nd mérite : < Avec les

« Juifs je me suis fait juif, pour les gagner Avec ceux qui

« n'avaient pas de loi, j'ai été comme si je n'en avais point eu

« moi-même Je me suis fait tout à tous y pour les sauver

« tous(l). »

« camcidi cx)egisti? Respondebis mihi : Propter judœos qui erant in illis locis, 1 Qui igitur tibi ignoscis în circumcîsione discipuli venientis ex gentîbus, « ignosce et Petro, prsecessori tao, qubd aliqua fecerit metu fidelium judœo-

« rum O Paale, et in hoc te rursùs interrogo : cur caput raseris, cur

^ nudipedalia exercueris de csremoniis judœorum , cur obtuleris sacrificia et 4» secundùm legem pro te hostise fuerint immolatse ? Utique respondebis : Ne

* scandalizarentur qui ex judœîs crediderunt. Simulasti ergb te judœum ut « judseos lucrifaceres ; et banc ipsam simulationem Jacobus et cœteri te docuêre

* prsesbyteri. Sed tamen evadere non potuisti. Ortâ enim seditione cùm occi- « deiidus esses, raptus es à Tribuno, et ab eo missus cœsaream, sub cusfodiâ « militum diligenti, ne te judœi quasi simnlatorem ac destructorem legis occi- « derent. <r {Epistoîa 7é, même tome.)

La lettre se termine par ce conseil un peu mordant, adressé à saint Augustin : • Peto in fine epistoke ut quiescehtem senem olimque veteranum militare « non cogas et rursùm de vitâ pereciitari. Tu qui juvenis es et in poutificali « culmine constitutus, doceto populos et novis Africfe frugibus romana tecta ' locupletato. Mihi sufficit cum auditore et lectore pauperculo in angulo « monasterii susurrare. •

(1) *Ej6v6fii]v rot; îouê'xtoti ôjq îovâxtoq^ ivx ioui'xiouq >c€pd)j(TU, ......

Tc7ç àvofiGig uq ivofÂoq roiq ttx/ji yêyovx yrxurx^ Ivct tfxvtxç auju.

§ 3â. — DROIT DIVIN DBS PUISSANCES DE LA TERRE.

Dans son Épttre aux Romains, ch. 13, v. 1 et 3, saint Paul donne cette célèbre formule du droit divin des puissances de la terre : « Que toute àme soit soumise aux pouvoirs supc* « rieurs. Car il n'y a point de pouvoir qui ne vienne de Dieu, et « ceux qui existent ont été établis par lui; de sorte que celui « qui s'oppose au pouvoir résiste à l'ordre de Dieu (I). » Bossuet, dans son magnifique langage, commentait ainsi ces maximes pour l'usage de Louis XIV et de ses successeurs : « Vous avez dans votre autorité, vous portez sur votre front « un caractère divin. Vous êtes les enfants du Très Haut; c'est « lui qui a établi votre puissance pour le bien du genre « humain... Rois, exercez donc hardiment votre puissance; « car elle est divine et salutaire au genre humain ; mais exer* « cez-la avec humilité (2). » On sait que ces leçons de pouvoir absolu étaient spécialement rédigées pour l'éducatiou d'un royal enfant, qui attendait avec impatience l'époque où il serait son maitre pour laisser là tous les livres. Ce prince était le

(1) n?jTa v/^^ij è^oxnixtq ù^epe%où(Tauq ôroTCUTaéaSu, Ov ')àp èariv iÇcixrix £1 fiij àrd BeoUy eu J'è oLaisn ôxè rou Seov rerxjfiivJi êicrh' aan 5 àvr»raàvSfzevoç ry i^ova-ia rjj rou $eou <hxTxyi àv&éffrifxev. Voir aussi les ver^ sets 1 et 2 du 2e chapitre de la Ire Épttre à Timothén, où Paul recommande de faire des actions de grâce pour tous ceux qui sont élevés en dignité, niyruv T«y t'y u^epoxfi ovruv»

(2) Politique tirée des propres paroles de V Écriture sainte y livre 5, art, 4, Ire proposition, tome VII, Paris, 1744. Voir aussi les textes que j'ai cites, dans une note du chapitre 4 de la Ire partie, page 149, tome 1er,

Grand-Dauphin, fils aine de Louis XIV. Les leçons du père répondaient, on le pense bien, à celles du précepteur. En voici un curieux fragment : « Il faut assurément demeurer d'accord « que, quelque mauvais que puisse être un prince, la révolte de « ses sujets est toujours infiniment criminelle. Celui qui a « dûnné des rois aux hommes^ a voulu qu'on les respectât comme « ses lieutenants, se réservant à lui seul le droit d'examiner « leur conduite. Sa volonté est que quiconque est né sujet, « obéisse sans discernement, et cette loi, si expresse et si « universelle, n'est pas faite en faveur des princes seuls, mais « est salutaire aux peuples mêmes auxquels elle est imposée, « et qui ne la peuvent jamais violer sans s'exposer à des maux « beaucoup plus terribles que ceux dont ils prétendent se « garantir. // nest point de maxime plus établie par le christia- « nisme que cette humble soumission des sujets envers ceux qui « leur sont préposés [i). »

(1) Insinœtions pour le Dauphin, dans les Œuvres de Louis XIV, Révolution de Portugal, tome II, Paris, 1306. Il ne faut pas s'étonner de cette sorte de naïveté avec laquelle Louis XIV associe ainsi le christianisme aux plus exorbitantes prétentions du pouvoir monarchique. Plus d'une fois les ministres de cette religion contribuèrent à nourrir et exalter son despotisme. Assurément les paroles de Bossuet , que je viens de rapporter , étaient bien faites pour cela. J'en citerai un autre exemple, encore plus frappant. En 1710, à la veille d'ajouter un nouvel impôt à ceux qui écrasaient déjà ses sujets, Louis XIV eut quelques scrupules, et consulta son confesseur, le père Letellier, qui rendit la paix à son âme troublée. Voici comment un grand seigneur du temps raconte ce fait qu'il dit tenir d'un des serviteurs intimes à qui le roi lui-même en avait fait part : • Alors il lui conta que l'extrême besoin de ses « af&ires l'avait forcé à de furieux impots ; que l'état où elles se trouvaient » réduites le mettait dans la nécessité de les augmenter très considérablement ; « que, outre la compassion, les scrupules de prendre ainsi le bleu de tout le

SECONDE PAKTIE.

Que de maux devait produire, dans les sociétés ebrétiennes, la doctrine du droit divin des puissances de h terre, formulée par saint Paul ! Il était facile de prévoir que les ennemis de la liberté des peuples y trouveraient un arsenal complet pour les asservir; car c*est la sanctification de la force matérielle, c'est la divinisation même du despotisme, quels que soient ses titres et ses origines. Paul ne dit pas que tout pouvoir s'exerçaut légitimement et justement, que toute autorité fondée sur la libre délégation de ceux à l'égard de qui elle s'exerce, vient de Dieu ; il dit qu'tï n*y a point de pouvoir qui ne vienne de Dieu^ et qu'ainsi s'opposer aux pouvoirs existants, c^est résister à l'ordre de Dieu même (1). Les plus odieux tyrans se trouvent

o inonde l'avaient fort tourmenté; qu'à la fin il s'en était ouvert au père Tel- » lier, qui lui avait demandé quelques jours à y penser, et qu'il était revenu K avec une consultation des plus habiles docteurs de Sorbonne , qui décidait » nettement que tous les biens de ses sujets étaient à lui en propre, et que, » quand il les prenait, il ne prenait que ce qui lui appartenait ; qu'il avouait • que cette décision l'avait mis fort au large, ôté tous ses scrupules, et lui

» avait rendu le calme et la tranquillité qu'il avait perdus Le roi, mis au

« large par le père Tellier et sa consultation de Sorbonne, ne douta plus que •« tous les biens de ses sujets ne fussent siens, et que ce qu'il n'en prenait pas « et qu'il leur laissait ne fût pure grâce. Ainsi il ne fit plus difficulté de les « prendre à toutes mains et en toutes les sortes. « (Mémoires du duc de Saint- Simon, tome IX, ch. 5, Paris, 1829.)

(1) L'auteur du livre de la Sagesse , en disant également aux rois qu'ils tenaient leur pouvoir de Dieu, leur rappelait au moins qu'ils auraient à lui en rendre un compte terrible s'il en usaient injustement : 'EcTofty Tapa rw wip&o ij xpxTifTt; vfJLtvy Kjû jj J'uvaaTeix Trapà ô^l/hrou, oç iÇerdast ù/uLÔy rà êpja^ icxl rà^ CcvXàg J'tepeuvijaei ' on ÙTF^pércu oyreç r^ç àvrov SajiT^laçj oùk éxphxre op'^âq^ oùJ'è è}v\d^xTe vo/jlov^ oùdè xxrà xijv Gou)^v toD ôeoD çjro/sej^TC. */5/xTwç Kxl xxxéaq è?n7TiJ7€Txt vfjîîy^ ort Kpht; àjrSro/jço^; iv Totq ùvepé%ai9i

SECONDE SECTION. — CHAPITRE II. ilî)

ainsi sanctifiés aux yeux des opprimés ; car ils ne sont que les ministres de Dieu. C'est ainsi que Paul appelle tous ceux qui ont en main l'autorité, v. 4 et 6. On a vu tout à l'heure que Louis XIV les appelait les lieutenants de Dieu. Le despotisme antique ne tenait qu'à vaincre la résistance physique; lorsqu'il était venu à bout de soumettre le corps, il ne s'inquiétait pas de l'intérieur. Il restait donc à lopprimé un moyen de soula*gement, c'était la faculté de mépriser et de maudire mentalement l'oppresseur. Paul lui enlève cette ressource, en lui prescrivant de lécher la main qui le frappe et de bénir le pied qui l'écrase. C'est là ce que certaines gens appellent la perfection morale, introduite dans le monde par le christianisme. Lorsque l'opprimé est dompté à ce degré, tout est consommé, et il n'y a pas à craindre qu'il pense à se relever; loin que son abjection lui pèse, il s'en trouve honoré, semblable à ces pèlerins de Jaggernat, qui se précipitaient d'eux-mêmes sous les roues du char sacré de Vichnou. Paul nous recommande de payer bien exactement l'impôt aux puissances établies et d'y joindre obéissance et honneur. Mais, pour nous faire mieux goûter cette recommandation , il nous apprend que ceux qui commandent ne sont redoutables qu'aux méchants, et ne s'appliquent qu'à exalter les gens de bien, v. 3-7. Cet éloge des grands du monde pourrait paraître ailleurs naïf et touchant; mais il est bien déplacé dans la bouche d'un apôtre qui prêchait le juste persécuté et crucifié, au nom de César, par les autorités constituées. Au reste cette immorale théorie d'une mission sacrée, confiée à tous ceux qui commandent, théorie qui semble

STMTÔiJTcyTat, (Ch. 6, v. 4-7.)

faite exclusivement au profit de rautorilé, peut lounier à sa ruine aussi bien qu*à son avantage. Il est évident qu'etk (kvo^ rise et encourage les prétentions de tous les osurpaleurs qui réussissent ou croient pouvoir réussir à renverser l*autorité établie et à s'asseoir à sa place. Aussi, pour me borner à des exemples pris dans notre histoire. Pépin le Bref, Hugues Capet, Bonaparte ont-ils invoqué le bénéfice dii texte de Paul, et rencontré dans le clei^é des complices très empressés. C'est donc une arme dont tout le monde peut faire usage, et il e^ curieux de voir les théologiens s*en servir également tout en suivant des doctrines opposées. Par exemple, lorsque, sous le regard de Louis XIV, qui malgré sa bigoterie n*était pas dliomeur à reconnaître au pape le droit de mettre en interdit son royaume de France, Bossuet rédigeait la fameuse déclaration de 1682, constituant ce code des Libertés de Véglise gaUkane, qui nous parait aujourd'hui une si parfaite niaiserie, il ne manquait pas de s'appuyer sur le chapitre 13 de XÉpïlre aux Romains pour établir deux prétendus pouvoirs, également souverains, Tun spirituel et Tautre temporel, ayant chacun son domaine propre et devant se garder d'empiéter sur celui de l'autre, tout en se prêtant une mutuelle assistance et en associant leurs glaives dans un intérêt commun de conservation et d'affermissement. De leur côté, les Ultramontains ne paraissent pas gênés le moins du monde par le même texte pour établir un pouvoir unique, dominant tous les autres pouvoirs de la terre et ayant sa personnification dans le vicaire du Christ. Voici en effet comment ils raissonnent : « Puisque, selon saint Paul, il n'y a pas « d* autre pouvoir que celui qui vient de Dieu, c'est donc Dieu « qui donne ou qui ôte tout pouvoir dans ce monde. Mais Dieu « a sur terre un représentant visible et permanent, le succès-

€ seur de saint Pierre, et il n'en a pas d'autre. C'est donc par

a l'intermédiaire du Pape que Dieu exerce son isôuverain

« domaine sur toutes les puissances temporelles. En le consti-

« tuant chef de la grande société chrétienne, il a dû d'ailleurs

« lui donner tout ce qui lui était nécessaire pour la gouverner,

a et par conséquent un pouvoir supérieur à tout autre pouvoir,

« sans quoi le chef de l'Église pourrait rencontrer des obstacles

« qui rendraient impossible l'accomplissement de sa mission

« divine (i). » Cette doctrine antisociale de l'omnipotence

(1) Si quelqu'un s'étwt laissé persuader que jamais les souverains pontifes n'ont élevé de pareilles prétentions, qu'il lise, entr'autres actes innombrables, les préludes suivants de deux bulles du pape Boniface VIII, Tune du 4 avril 1297, par laquelle il donne, à titre bénéficiaire, le royaume de Sardaigne et de Corse à Jacques II, roi d'Aragon, et l'autre du 8 septembre 1303, par laquelle il excommunie le roi de France, Philippe TV, dit le Bel :

• Sttper Bege.^ et régna positi ex divina prœemineniid poiestatis , de ipsis a opportune disponimus, prout commodiùs ex alto prospicitur, actionum se a qualitas ingerit et judicium sanioris inspectionis inducît. Non nunquam « enim in ipsis evellimus , de gente in gentem propter culpas et dolos solia M trans/erendo regnantium ; interdùm plantamus et colimus, caros filios et u devotos aima matris Ecclesiœ ad nova regnorum praficiendo doniinia. « (Bullaîre de Cocqueliues, tome III, Rome, 1741.)

u Super Pétri solio, excelso throno', divinâ dispositione sedentes, illius vices I» gerens oui per Patrem dîcitur : Filius meus es tu, ego hodiè genui te : posu tula à me et dabo tibi gentes hœreditatem tuam et possessionem tuam ter- « minos terrœ. B;eges eos in virgâ ferreâ et tanquam vas figuli confringes eos.

• Quo monemur ut intelligant Reges, disciplinam appréhendant, erudiantur

• judicantes terram, qubd serviant Domino cum timoré et exultent ci cum

• tremore; ne, si irascatur aliquando, pereant cùm exarserit ira ejus. Idebque

• magnnm judicamus etparvum, quia ejus sumus vicarii apud qnem personarum » acceptio indigna reperitur. Hoc novi et veteris testameiti veritas habet;

4iâ SECONDE PARTIE

pontificale, sous laquelle le inonde a gémi pendant des siècles, ne saurait être assez détestée; mais, j'en suis bien fâché pour la gloire de Bossuet, force est de convenir que la théorie de la puissance unique et universelle des papes, son point de départ étant donné, est plus logique que la théorie contraire. Quelque opposée qu'elle fût à Tesprit de certain texte évangélique (Jean, ch. 18, V. 56), où Jésus avait décliné toute prétention à la royauté temporelle, elle devait résulter naturellement de l'organisation hiérarchique de l'Église et de l'ensemble des formules données à la doctrine chrétienne, et finir par prévaloir aussitôt que le dogme et la discipline auraient atteint leur dernier développement. Aussi la doctrine gallicane de deux pouvoirs, également souverains et existant dans le même État, cherche-t-elle aujourd'hui des défenseurs sérieux , et c'est en France qu'elle en trouve le moins.

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