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des œuvres d'Ettmuler ; a0 Let- et timide, différa de jour eu jour
tre adressée à madame de Seno* le voyage de Versailles. Au bout
jan, sur la baguette divinatoire de quelque temps, le même émis»
de Jacques Aymar. Ljon, 1693, saire revint avec une seconde let»
in- 13. tre remplie des reproches les plus
obligeans , et une gratification ,
* CHAUX (Mademoiselle delà), équivalente à la première et of—
connue vers le milieu du dix-hui- ferte avec le même ménagement,
tième siècle, par la passion qu'elle Le reste de la vie de ma de moi—
conçut pour le médecin Gardeil selle de la Chaux n'a été qu'un
qui l'abandonna de la manière tissu de chagrins et d'infirmités,
la plus honteuse. Elle mourut sur la paille , dans
Mademoiselle de la Chaux avait un grenier ( Voy. les Œuvres de
appris l'hébreu, le grec, l'anglais Diderot, tom. 12, pag. 373 et
et l'italien , pour soulager Gar- suivantes ). Diderot attribue à
deil dans ses travaux. mademoiselle de la Chaux la tra-
Diderot dédia à cette demoi- duction des Essais sur l'entende— selle son Addition à la Lettre sur ment humain de Hume, et il a joules sourds et muets. Pour se sous- te qu'il a revu celte traduction, traire à la misère, mademoiselle Elle n'a pas été imprimée ; car la de la Chaux composa un petit ro- seule que nous possédions , parut man historique intitulé : Les trois à Amsterdam en 1758. Elle est de favorites. Il y avait de la légèreté M. de Mérian. dans le style , de la finesse et de
l'intérêt ; mais il . était parsemé f CHETARDTE (Le marquis de
d'une multitude de traits appli- la). M. du Masbaret paraît avoir
cables à madame de Pompadour. eu des renseignemeus très-parti-
Mademoiselle de la Chaux n'osant culiers sur la vie politique et mi*
livrer cet ouvrage à l'impression, litaire, ainsi que sur les aventu-
Diderot lui conseilla de l envoyer res galantes de ce marquis. J'ai
tel qu'il était, sans adoucir, sans cru qu'on lirait avec intérêt l'ar-
changer, à la maîtresse de Louis ticle qu'il lui a donné. Il est plus
XV, avec une lettre qui la mît instructif que celui de la Biog.
au fait de cet envoi. Cette idée univ.
lui plut; elle écrivit une lettre Jean-Joachim Taon, marquis charmante. Deux ou trois mois de la Chétardie , s'est distingué s'écoulèrent sans qu'elle entendît par ses talens politiques et guerparler de rien, et elle tenait la riers. Il naquit en 1705, avec un tentative pour infructueuse, lors- génie véritablementtranscendaut qu'une croix de Saint-Louis se dont on voit peu d'exemples. A présenta chez elle, avec une ré- l'âge de 16 ans , il publia uu ouponse de la marquise ; elle invi- vrage sur les fortifications, qui tait l'auteur à venir à Versailles, fut bien reçu. Il n'avait que 32 L'envoyé, en sortant de chez ma- ans , lorsqu'il fut envoyé en Andemoiselle de la Chaux, avait gleterre auprès de George Ier. IL laissé adroitement sur sa chemi- se fit admirer de ce monarque, née un rouleau de 5o louis. Ma- qui lui donna cet éloge , qu'il sedemoiselle de la Chaux, modeste rait un jour un des plus grands
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politiques d'Angleterre. Il passa «n Hollande, ae-là en Prusse, auprès du père de Frédéric II.
Son ambassade dura neuf ans , pendant lesquels il 'négocia avec divers électeurs et princes de l'empire. De Prusse il passa , avec la même qualité , en Russie , auprès de la czarine Anne Iwanouna. 11 fut l'ame de la révolution oui plaça ElisabethPetrowna sur le trône de Russie en 1 741. Cette princesse, qui était une fort belle personne , n'avait guère alors que 22 ans.
Le marquis la prit entre ses bras, l'éleva haut à un balcon , pour la montrer au peupla, criant: Vive l'impératrice de la Russie. Elisabeth ne fut point ingrate ; elle donna toute sa confiance à M. de la Cbétardie, et par son crédit il disposait de tout. Le marquis était
Î>e ut-être le plus bel homme de 'Europe , et d'un esprit enchanteur. La czarine prit de la tendresse pour lui, et je sais de bon lieu, qu'elle conçut le dessein de l'épouser et de le faire déclarer czar , et la chose se serait faite , si le marquis, par des raisons de politique , ne 1 en eût détournée.
Une intrigue lui fit perdre sa faveur. Il sVattacha à Mme Testof , dont le mari était capitaine des gardes de la czarine. Dès ce moment , ses assiduités auprès de la princesse , furent moins fréquentes et moins vives. Elle s'aperçut du changement , et n'en savait pas la cause. Ce fut M. Bestuchef, chancelier de Russie, et l'ambassadeur d'Angleterre, qui dévoilèrent tout. Sur ces entrefaites , M. de la Chétardie prétexta un >oyaçe en France. Cependant Elisabetn le demandait encore pour ambassadeur, sans doute pour se venger de lui , par les chagrins
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qVelle lui préparait. M. de lu Chétardie , qui le prévoyait , té— moignait la plus grande répugnance ; il fallut les ordres les plus positifs du roi , pour l'y déterminer ; il y reçut mille mortifications. De son coté, il travaillait à remettre sur le trône Pierre Ivanowna. Les choses étaient fort avancées , lorsque le complot fut découvert par la trahison de son secrétaire d'ambassade. Le scellé fut aussitôt mis sur tous ses effets, qui s'y gâtèrent , et il lui fut signifié un ordre de sortir dans vingt -quatre heures de Pétersbourg. Il en était à quarante lieues , lorsqu'il parut un officier nui lui demanda le portrait de 1 impératrice qu'il avait reçu ea présent de cette princesse. Il demanda a voir l'ordre. Il était signé de M.. Bestuchef. M. de la Chétardie répondit qu'il ne recevait point d'ordre que de la cearine. L'officier dépêcha un courrier , qui apporta l'ordre signé d'elle , et aussitôt il remit le portrait avec les marques des ordres de Russie. Il arriva à MeU dans le temps de la convalescence du roi. H fut mal reçu ; il requit que son procès lui ftt t fait ; ce qui n'eut point lieu , mais le secrétaire fut pendu ; lui cependant reçut ordre de se retirer à la Chétardie. Mais il n'y resta pas longtemps ; il fut employé dans la guerre d'Italie en qualité de lieu* tenant - général , et commanda la retraite de notre armée vers Gênes , après lajournée de Parme le i5 juin îj4"- M eut l'ambassade de Turin, en 1758, d'où il nassa à la cour deNaples , pour exécuter une commission. Il fut de la guerre d'Allemagne , et il était le plus ancien lieutenant*
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général de l'armée de Soubise. Il était malade au temps de la malheureuse journée de Rosbach. Ce fut un vrai malheur; le public lui a rendu cette justice , que s'il avait été présent, il aurait dissuadé cette action dans les circonstances. Il commandait à Hanau , lorsqu'il y mourut de maladie le Ier janvier 1769 , à l'âge de 54 ans, sans avoir contracté d'alliance. Il fut enterré à Dorstein, bourg catholique de la dépendance de l'électoral de Mayence | à deux lieues de la ville de ce nom ; son oraison funèbre fut prononcée par l'aumônier du corps royal d artillerie. Unechoseassez singulière dans sa vie , il a conclu trente-trois traités. Il a laissé des Mémoires qui ne peuvent être qu'extrêmement curieux ; ils sont entre les mains d'une . demoiselle qu'il avait aimée , et qui est fort attachée à sa mémoire ( mademoiselle Devau, qui a épousé un commis' de M. le duc de Choigeuil); elle travaille à les rédiger.
Je tiens ces faits de M. Bourdeix, aide-de-camp de M. de la Chétardie, qui , après sa mort , conduisit ses équipages en France.
M.delaChctardie était frère utérin de M. le comte de Menestrol. En lui je croyais la famille éteinte ; cependant notre Gazette du 9
J'uillet 1763 énonce un Joachimacques de la Chétardie , maréchal-de-camp , commandant au Vieux-Brissac , et gouverneur de Landrecies. Il avaitépousé Claire- Marie-Colette de Berard de Ville breuil de Montalet, morte après lui en 1763 , après avoir contracté une seconde alliance.
N. B. Je ne connais pas l'ouvrage sur les Fortifications , dont parte M. du Masbaret.
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t CHEVALIER (Guillaume de).
Duverdier , Moréri , Goujet et même l'abbé de Saint-Léger , dans ses notes manuscrites sur Duverdier , parlent de cet auteur d'une manière fort succincte ou inexacte. Je vais abréger ici le long article que Colletet lui a consacré.
Guillaume de Chevalier, dont le lieu natal n'est pas connu , vint très -jeune à la cour du roi Henri III. Après la mort de ce prince, il servit de son épée, en plusieurs occasions, son successeur Henri" le Grand , qui le reconnut toujours pour homme de bien. Après Ja pacification des troubles du royaume, Guillaume de Chevalier suivit toujours la cour, et ne laissa prescjue passer aucun événement mémorable, sans le célébrer en prose et en Yers. On a de lui:
I. Le décès ou la fin du Monde, divisé en trois visions, Paris, i584, in-4°. Le poète n'avait a-lors que 20 ans environ ; il a traité avec beaucoup d'obscurité de style des questions extrêmement obscures en elles-mêmes.