‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 197 sur 305 · FOR FOR · texte numérisé non relu

FOR FOR

tombent tous les jours. La repu- trouve aussi dans le Dictionnaire

tation de Newton n'a nullement deM.Chaudon. Les continuateurs

souffert des attaques du chevalier de Feller l'ont reproduite dans

de Forbin ; quant à nos géomë- leur second volume. tr.es , ils n'ont pas paru ébranlés

de ses objections. FORMEY (Jean-Henri-Samuel) ,

Le chevalier de Forbin a laisse secrétaire de l'académie de Ber-

un manuscrit qui a pour titre : ,in Je crois remarquer une erreur

Exposition des droits de la puis- a8SCJB e dans la nombreuse

sance temporelle en matière de re- iiste des ouvrages de ce savant,

hgwn , par laquelle on réfute es {mérée dans ,a %iograpni

faux DnneiDes avances dans les t vv^f 1

le univcr-

tienne. Ce manuscrit n a jamais r Académie de Berlin, 1780, pepu être imprime en France. L o- tit in.8o n a aussi ' £elque riginal est annoncé dans le Cata- inexactitude Jans la Biographie loguegénéraldeslivresaniseXtou- des hommes vivons , relativement yaient chez Detune, libraire a La au même ob:et V |'article La- Haye, 1780, m-8°. Cet ouvrage veaux.

était de nature à brouiller l'auteur avec les théologiens , comme | FORMER (Jean ) , naquit en ses autres écrits lui ont attire la Quercy , dans la fameuse ville de haine des mathématiciens. Montauban. Quoique son nom ne On a, d un officier de manne soit preSaue pas connu dans le du même nom, de son frère prc- mon5e , si est-ce qu'il fut un des bablement, Système a^imposi- premiers poètes après Marot, qui tion pour la libération des dettes prit le soin de re-gaier |a Francc de F Etat, 1763, i/1-12. Jjcs preuiices de ses Muses. En

^«^^^t».« „ ,r effet, dès l'an i557, il fit irapri-

FORBONNAIS ( Fra^ois Vé- mcr â Tholose, in-12 ,etnon pas

, , gâtent,

n a pu paraître isolementen i75o, ment run rautre ? un liyre inli.

puisqu il fut imprime , pour la tn\é jes Episrammes érotiques ,

première fois , en i753, dans le e^ sans ?corcner la langue 3 volume des Opuscules detre—

ron. Aussi, les exemplaires tirés .

séparément , portent la date de

1753. La fausse date de 1760 se (1) Durerdicr et Draude.

grecque, il eût plus justement appelé Epigrùmmes amoureuses.

C est au frontispice de ce livre que l'on peut voir le portrait de sa maîtresse , en taille de bois, avec une inscription ou dédicace en vers que j'insérerai ici d'autant plus volontiers, que, par elle, le lecteur pourra juger de la rudesse ou de la facilité de sou style, même de la mesure de toutes ses autres épigrammes, qui sont toutes de dix vers, die dix à onze syllabes, comme la Délie de Maurice Sceve , Lyonnais.

Pour ton haut nom, qui remplit l'univers,

Faire immortel il n'était besoin, dame, Que tisses mettre en lumière ces vers Oui n'adjoindront rien à ta boune famé, Mais pour témoin de cette ardante flame Oui m'a du tout à toi sentie asservi , 'tout ce qu amour à mon esprit ravy Voullu dicter, je te voue et dédie, " Comme tu sais que dès que je te vy Je te sacrai tous les faits de ma vie.

Je crois qu'en lisant ces vers assez fades, on jugera que notre poésie française n'était encore, sur les rives de la Garonne et du Tarn, que dans son enfance et que dans son berceau , et que , hormis Ma rot , qui sans doute était mort en ce temps-là, et Ronsard qui commençait alors à fleurir, il y avait fort peu de bons poètes supportables en France. Ce n'est pas que parmi ce grand nombre d'épigrammes qui passent le no mure cle deux cents, et que j'appellerais plutôt dixains , puisque la vertu de l'épigramme, c'est d'être vive , aiguë et perçante , il n'y en ait quelques-unes qui ne sont pas à rejeter, témoin celle-ci, qui est sans doute imitée ou de Virgile, dans ses Eglogues, ou de

mon Sannazar dans les siennes.

( Epigr. 66).

Qui n'a jeté mille fois mille larmes Faict mUle plaincts, mille soupirs grinçans ,

Celui pour seur n'a senti les alarmes Que donne amour aux plus obéissants :

Car tout ainsi que les prés fleurissans Ne sont jamais saouls d'eau pour nourriture ,

Mouches à miel ne sont eu leur pâture Saoules au ver de ses nouvelles fleurs, Éi y les chevreaux de la tendre verdure , Aussi l'amour n'est jamais saoul de pleurs.

Sur quoi j'avertis en passant que par ce mot purement latin , Saoules au ver, il veut dire, Saoules au printemps.

Voire même auparavant ces épigrammes erotiques, il avait fait imprimer à Paris , l'an i555, quelques Chants lyriques , au nombre de dix-neuf, et en outre, dix-huit sonnets intitulés : U Tirante avec V XJranomachie sur la naissance du ror Henry II , qui fut l'an i5i(), le dernier jour de mars. En quoi se trompe lourdement La Croix du Maine , qui appelle ces dix-buit sonnets un seul poème , et qui ne lui attribue que ce seul ouvrage.

Et l'année même , je veux dire l'an i555 , il fit imprimer à Anvers les quinze premiers chants de Roland le Furieux , qu'il avait traduits en vers français, des vers italiens de l'Arioste : travail qui est d'autant plus pénible et considérable que ce n'est qu'un échantillon de la pièce entière , qu'il avait achevée > comme ii le dit lui-même dans sa préface au lecteur, et qu'il y rendit toutes les stances toscanes de l'Arioste

en autant de stances françaises , sans faire enjamber Tune sur l'autre , ni les paroles ni le sens ; et que se tenant ainsi dans les bornes étroites qu'il s'était prescrites, il leur donne toute la grâce dont son esprit et son siècle étaient capables : c'est ainsi qu'il commence ce poëme :

Les Chevaliers , armes , amours et dames,

Leur courtoisie et fais je veux chanter. Quand par la mer d'Afrique à voile et rames

Maint More vint la France tourmenter En suivant Vire et les ardentes fiâmes D'Agramant roi qui se voulut vanter , Venger la mort du vieux Trojan son père, .

Sur Charles roi et empereur prospère.

S'il en faut croire La Croix du Maine et du Verdier, ce fut lui qui traduisit encore en prose française les Affections d'amour du grec de Parthenius, ancien auteur , avec les Narrations d'amour tirées du fameux Plutarque.

Mais s'il en faut croire la vérité , ce ne fut point ce Jean Fornier <le Quercy , mais un certaiu Jean Fournier, Poitevin , comme on peut le voir clairement au frontispice du livre qui a été imprimé tant de fois en r rance, et particulièrement à Rouen f l'an i5gq.

Où. l'on voit la bévue de ces négii-

§ens bibliothécaires qui confonent fort souvent les auteurs et les prennent l'un pour l'autre.

Du Verdier lui attribue encore une version française de Y Histoire des guerres de Guyenne et de Languedoc, contre les hérétiques. Mais je suis le plus trompé du monde, si ce n'est un ouvrage de la façon de ce même Jean Fournier, Poitevin.

Et ce qui me confirme d'àutant

plus dans cette créance , c'est que ]e me souviens de l'avoir vu autrefois sous ce nom de Fournier , et non pas de Fornier , qui était le vrai surnom de notre poëte ; et que Duverdier lui-même dit qu'il fut mis en langue française par Jean Fournier, et imprimé l'an i56q, temps auquel sans doute je crois que ce poète était mort.

Outre ces deux bibliothécaires oui ont parlé de lui confusément jusqu'à dire qu'ils ne savent si ces deux Fornier et Fournier ne sont qu'un même r comme si un Quercinois pouvait être un Poitevin, Draude fait encore mention de lui dans sa Bibliothèque exotique.

( Histoire manuscrite des poètes français f par G. Collet et.)

N. B. S. Fornier étant un des auteurs du xvic siècle , au sujet duquel nous manquions de renseignemens positifs , j'ai cru devoir insérer ici en entier l'article de Colletet qui le concerne; il contient de graves méprises ; mais il sert aussi à en redressr d'au- .

très.

i°. Colletet s'est trompé en distinguant Jean Fornier de Jean Fournier , puisque la traduction des Affections d amour est signée J. Fornier ,au bas del'Epîtredédicatoire de l'édition de Paris , et porte le nom de J. Fourniermr 1© frontispice de l'édition de Lyon.

Voyez l'excellent Mémoireoit l'on établit la différence des deux éditions faites en la même année ( 1 555 ) , à Paris et à Lyon , de la traduction française de J. Former, du roman grec de Parthenius deNicéa; par l'abbéde Saint- Léger, en tête de la nouvelle édition de cette traduction. Paris , Guillaume, 1797 , in-8° et in-18.

ou dans la Bibliothèque des romans grecs.

2*. La Biographie universelle a ignoré la date de l'impression des Épigrammes érotiques,et elle s'est trompée sur le lieu d'impression des Chansons lyriques.

On devait dire dans la même Biographie , que l'édition de la traduction française de Parthenius, Paris , 174^, ressemblait à la première de Paris , i555, et non à la seconde de Lyon , même année.

Le mémoire de l'abbé de Saint- Léger prouve au'il n'avait pas eu communication du {ravaiï de Colletet sur les poètes français.

L'abbé Goujet avait fait aussi de vains efforts pour se le procurer ; j'ai été plus heureux, que ces deux illustres bibliographes ; mais ma plus grande satisfaction est d'avoir trouvé une occasion de faire jouir le public d'uneparlie des profondes recherches de Colletet , sur nos anciens poètes.

FORTIS (Jean-Baptiste), littérateur italien. La Biogr. u/tiV.

présente comme un extrait curieux de son Voyage en Dalmatie , l'ouvrage anonyme intitulé :

les Morlaques , Venise , 1788. Le rédacteur ne sait si c'est l'écrit de ce nom , que les bibliographes attribuent à madame de Wynne, comtesse des l rsins et deRosenberg. L'ouvrage de cette dame , imprimé en 1788, sans indication de lieu , 9. vol. in-4°, n'a rien de commun avec le Voyage de Fortis. Les circonstances singulières d'un fait tragique , arrivé à Venise entre quelques Morlaques , intéressèrent l'auteur, et , en réveillant sa curiositésur un peuple si peu connu, donnèrent naissance

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