‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 30 sur 305 · ARU · texte numérisé non relu

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a nommés et par quatre autres.

Quand le faux Arnauld crut avoir assez de docuraens pour convaincre ces messieurs de leurs mauvais sentimens, il termina la pièce, en les faisant imprimer sous le titre de Secrets découverts. Le mystère parvint à la connaissance du roi, qui n'eut rien de plus pressé que d'éloigner ces sujets de l'université.

Lorsque le véritable Arnauld eut appris toute cette histoire, il en fut hors de lui-même ; il traita l'auteur de tous les noms d'imposteur, de filou, de fourbe, de menteur, de fripon , de faussaire, d'ange desatan, d'organe du démon. Tous ces traits se voyent dans les écrits que sa plume enfanta sur ce sujet, dans sa requête à M. D'Arras, en 1601 , dans celle à M. l'évêqueet prince de Liège, ou dans deux lettres aux jésuites, qu'il faisait les auteurs de cette menée , écrites dans le même sens. Il se trompait dans dans cette imputation ; on sut depuis que M. Tournely en était l'auteur. C'est celui-là même que nous avons vu professeur royal en Sorbonne, et qui se distingua tant dans la faculté en faveur de la constitution Unigenitus. Il aurait eu sujet de s'applaudir de sa découverte, si la candeur et la bonne-foi n'y avaient pas été blessées. Bien des gens n'y regardant pas de si près , traitèrent l'action»

de stratagème ; Louis XIV la prit sur ce pied là. Secrets découverts , Esprit des nouveaux disciples de saint Augustin. Mémoires chronologiques pour V histoire du xvn* siècle. Requêtes et Lettres de M.

Arnauld.

(Mémoires deM. duMasbaret.)

N. B. Je donne cet article tel que

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je le trouve clans le manuscrit tic M. du Masbaret : il prouve son impartialité ; car dans beaucoup de circonstances , cet auteur se montre peu favorable aux prétendus jansénistes. Au reste, le nom de stratagème qu'il paraît adopter pour désigner l'affaire de Douai , paraîtra trop doux à ceux qui en connaissent tous les détails; on les trouve dans la Vie d'Antoine Arnauld , publiée en 1782 , et dans la Préface historique et critique du 3ie vol. de ses 0£«vres complètes. Cette affaire y est traitée de fourberie , et ce nom lui convient véritablement. Ses vrais auteurs paraissent être les jésuites Waudripont et le Tellier. Tournely n'a été que leur prête-nom.

En effet, il fut désigné à Louis XIV comme étant le faux Arnauld.

Je profitede la circonstance pour reprocher à MM. les auteurs de la Biographie universelle de n'avoir jias placé dans leur collection les écrivains pseudonymes , en renvoyant aux noms véritables. Celte marche a été suivie par Jocher, dans son Dictionnaire des savans, et depuis par les habiles rédacteurs du Catalogue de la bibliothèque Casanate. Ceux qui possèdent des ouvrages pseudonymes n'ont que ce moyen d'en connaître les véritables auteurs. A la vérité, la table alphabétique de mes pseudonymes supplée à cotte omission ; mais mon ouvrage n'est pas de nature à être aussi répandu qu'un dictionnaire historique,

* ARNOUL (René), naquit à Poitiers, en i56c>. Après ses cours d'humanités et de philosophie, il embrassa l'étude de la jurisprudence, pour satisfaire au désir de ses parens , ce qui n'empêcha pas

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que, suivant l'inclination secrète qu'il avait pour la poésie, il ne quittât trop souvent les lois de Thémis pour obéir à la voix des Muses. Aussi fit-il imprimer à Poitiers, dès 1587, un recueil in«4° de vers sous ce titre : L'Enfance de René Arnouly divisée en trois parties, dont la première contient les amours d'une belle et jeune demoiselle qu'il aimait , et qui se nommait Catherine de la Plaçe.

Voici un sonnet qui fera connaître le talent de ce jeuuc homme pour la poésie ;

J'avais trois fois cinq ans , et trois ans

davantage , Quand j'écrivis ces vers, témoins de

mon ardeur; Je chantais pour flatter mon ingrate

douleur,

Et non pour espérer honneur de mon servage.

Comme je le sentais , je plaignais mon

dommage .

Véritable poè'te à mon propre malheur; Mon penser incertain me servait de

fureur ,

Mon tourment de succès, mon espoir de courage.

Pour moi seul j'ai souffert , pour moi

seul j'ai chanté ; Ne pouvant pas beaucoup, beaucoup

je n'ai tenté ; Sans fard fut mon amour, sans fard

furent mes plaintes.

La loi , non le plaisir? me rendit amoureux;

C'est assez qu'on me laisse , entre tant

de contraintes, Faire ce que je dois , dire ce que je

veux.

« Il faut, ce me semble, dit Colletet, ne se pas fort connaître en vers , pour ne pas tomber d'accord qu'il y a de la force et de la justesse même dans ceux-ci ; de quoi je m'étonne d'autant plus, que ce jeune esprit , étant né dans une province éloignée du com-

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merce des beaux esprits de la cour, il semble qu'à moins de cela, il soit impossible d'écrire dans la sévérité de nos règles ; cependant il l'a fait , et peutêtre aussi bien que pas un autre de son siècle. » Ses odes sont inférieures à ses sonnets; son recueil d'épigrainmes contient plusieurs épigrammes françaises , les unes traduites des poètes grecs et latins , anciens et modernes , et les autres de son invention. On ne voit pas que ce jeune homme ait continué à faire des vers. Il est mort à Orléans , en 1639, de 70 ans, après avoir été, pendant plus de 3o ans, au service de M. le duc d'Orléans, en qualité de son conseiller et de contrôleur de sa maison. Il n'a laissé qu'une fille , du mariage qu'il contracta, quelques années avant sa mort , avec une belle et jeune demoiselle du Maine, dont il était devenu éperdument amoureux.

( Extrait de Y Histoire manuscrite des poètes français , par G.

Colletet. )

* ÀRPE (Pierre-Frédéric), né le 10 mai 1682, à Kiel, capitale du duché de Holstein, en Danemarck, reçut de son père, consul de la ville , les premières leçons de la religion et de la littérature.

Il fut chargé , assez jeune , de la conduite d'un jeune homme d'une très-bonne famille de Copenhague, ce qui le fit connaître avantageusement des grands et des savans de cette capitale. Quelques années après , il se rendit avec un autre élève à l'académie de Wolfenbuttel , et ensuite dans la Belgique. Ce fut dans ces dernières contrées qu'il se lia avec Vitriarius , Noodt, Bayle et Bas-

nage. Ces grands hommes conçurent de l'estime pour lui , et lui conseillèrent de publier l'apologie de Vanini , dont il s'occupait.

Nommé professeur de droit à Kiel, en 17 17 , il quitta cette place en 1722, et se retira à Hambourg, où il vécut sans emploi public, jusqu'à sa mort arrivée dans cette vilJe en 1748. Il avait atteint sa 66e année.

Ses principaux ouvrages sont :

I. Bibliotheca fatidica , swe Musœum scriptorum de diviiia— tione, 17 n , in-8°.

II. Apologia pro Jul. Cœsare V anino. Cosmopoli ( Roterodami ) , 1 n 1 2 , in-8° , réimprimé en 1718. On convient assez généralement aujourd'hui que Vanini méritait plutôt d'être enfermé comme fou , que d'être condamné à mort comme athée. Néanmoins il y avait du courage à défendre cette victime du fanatisme.

III. Theatrum fatiy swe Notitia scriptorum de providentià , fortund et fato. Roterodami ,1712, .

IV. Diatribe de prodigiosis naturœ et artis operiuus, talismanes et amuleta dictis cum recensione scriptorum hujus argumentL Hamburgi, 17 17 , petit in-8°.

V. Laïcus veritalis vindex 9 swe de Jure laicorwn , prœcipue Germanorum inpromovendo reli* gionis negotio. Kiel, 17 17 , in-4°.

Àugra. en 1720, in-4°. L'auteur était persuadé que la division des chrétiens, en ecclésiastiques et eu laïques, était injurieuse aux derniers; il s'est proposé de montrer dans cet ouvrage , aue les règles sur lesquelles cette distinction est fondée , ne sont autorisées ni par la loi naturelle, ni par la loi de Moïse, ni par l'Evangile, m* par.

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l'usage de la primitive Eglise, ni par la jurisprudence.

VI. Feriœ œstivalesy sivescriptorum suorum historia. Hamburgt\ 1726, in -8*. L'auteur fait connaître d'une manière fort diffuse , dans ce volume , non-seulement les ouvrages qu'il avait déjà mis au jour , mais aussi ceux qu'il se proposait " encore de publier.

VII. Themis cimbrica , sive de Cimbrorum et vicinarum Pentium antiquissimisinstitutis. Hamburgi, 1737, m-4°, ouvrage plein de recherches utiles.

Une Réponse à la dissertation de la Monnaye , sur le livre des trois imposteurs. La Haye , 17 16, in--i2, a été attribuée à Arpe par Leibnitz, dans sa correspondance publiée par Kortholt, et par d'autres bibliographes. Cette pièce se trouve à la fin de différentes éditions du Traité des trois imposteurs ; mais je ne puis croire au»

P. F. Arpe en soit 1 auteur. Il n en est fait aucune mention dans les Feriœ œstivales , qui sont bien postérieures à la Réponse. Prosper Marchand , dans son grand article de tribus impostoribus, regarde aussi comme une pièce sup-

I)osée la prétendue Réponse, et il 'attribue au fameux Rousset. Il paraît certain que M. Arpe n'a écrit qu'en latin.

M.Renouard, dans le Ier vol. du Catalogue de la bibliothèque dfun amateur, Paris, 1819,4 vol. in-8°, prétend que M. Arpe est l'auteur de l'ouvrage publié en français sous le titre de Traité des trois imposteurs. Cette conjecture est destitu ée de fondement et même de vraisemblancc. L'ouvrage qui circule en France depuis 1769 environ , sous ce dernier titre ,

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