‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 56 sur 305 · P.ÉL · texte numérisé non relu

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té, tragédie, Rouen , 1604. Ces pièces ont été représentées sur le théâtre du collège ou l'auteur professait. Béhourt méritait une petite place dans. la Biographie universelle.

BELESTAT DE GARDOUCH (Le marquis de) , né à Toulouse en 1725, sortait d'une des plus anciennes familles du Languedoc. Après avoir fait ses études à Paris , il entra fort jeune dans la maison du roi; il fit les campagnes du maréchal de Saxe, et s y distingua assez pour être, dès l'âge de trente ans, maître-decamp de cavalerie. Une débilité extrême dans l'organe de la vue l'obligea bientôt à renoncer à une carrière où sa naissance, sa fortune, et une expérience déjà acquise lui présageaient un avancement rapide.

Rentré dans la condition privée , il ne songea plus qu'à étendre et à développer ses connaissances.

Il usa le reste de sa vue à la lecture ; on ne publiait pas un ouvrage de politique ou de littéra*ture , qu'il ne voulût connaître et apprécier par lui-même. M. de Belestat allait souvent à Paris , et y fréquentait les hommes qui tenaient alors le timon de la littérature. Un de ceux qui ont eu avec lui des liaisons particulières, fut Voltaire. Dès l'année de la bataille de Fontenov, ils s'étaient connus aux eaux de Plombières :

ils se revirent souvent à Paris ; et, lorsque Voltaire eut fixé» tout-àfait son séjour à Ferney , il entre- • tint avec M» de Belestat une correspondance assez suivie. Un événement littéraire troubla en 1768 ces relations qu'entretenaient i'a- *nour des lettres et l'estime pour

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le génie. M. de Belestat s'était fait connaître dans la littérature par un Eloge de Clémence Isa ure. Il consentit à lire dans l'académie des Jeux-Floraux, et à laisser imprimer , sous les lettres initiales de son nom , un Examen critique de V Histoire de Henri IV, par Bussy, composé par Beaumelle : il y avait dans cette brochure une allusion assez évidente et dangereuse, un portrait satirique du président Hénault, et une critique assez vive de l'auteur de la Henriade ; le public l'attribua néanmoins à Voltaire ; Voltaire la lut d'abord avec l'intérêt que lui inspirait tout ce qui se rapportait à Henri IV ; il écrivit à M . de Belestat pour lui demander des éclaircissemens sur une citation ; mais lorsqu'une lecture plus attentive lui eut fait remarquer le passage auquel il devait être si sensible , il ne regarda plus la brochure que comme un libelle , et il écrivit de nouveau à M. de Belestat pour lui témoigner son mécontentement sur deux articles ; en même temps , il lui déclarait que l'ouvrage passait pour être de la composition de la Beaumelle. M. de Belestat, dans une réponse à Voltaire , tâche de se justifier sur les deux allégations qui lui étaient reprochées ; il l'assure qu'il ne souffrirait pas que quiqtiecesoitabusâtdesonnom , et il croit que M. de la Beaumelle l'entreprendrait moins qu'un autre. Néanmoins on est convaincu aujourd'hui que la Beaumelle est le véritable auteur, de Y Examen critique. Le gouvernement en fit saisir 600 exemplaires ; Voltaire l'a fait réimprimer avec des notes critiques dans sa collection intitulée : Evangile du jour. On ne

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