‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 122 sur 314 · HÉ · texte numérisé non relu

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et timide , différa.de Jour en ]Our le voyage de Ve’rsailles. .\u bout de quelqùetemps , le même émissaire revint avec une seconde lettre remplie des reproches les plu»

obligeans , et une gratification , équivalente à la première et offerte avec le même ■ménagement.

Le reste de la vie de mademoiselle de la Chaux n’a été qu’un tissu de chagrins et d’infirmités.

Elle mourut sur la paille , dan»

nn grenier ( Voy. les Œuvres de Diderot, tora. 12, pag. 373* et suivantes ). Diderot attribue à mademoiselle delà Chaux la tra- ; duction des Essais sur l’entende— 1 ment humain de Hume, et il ajoute qu’il a revu cette traduction. j Elle n’a pas été imprimée ; car la seule que nous possédions , parut à .\msterdam en 1758. Elle est de M. de Mérian.

f CHETARDTE (Le marquis dé la). M. du Masbaret p.iraît avoir ' eu des renseignemens très-particuliers sur la vie politique et militaire, ainsi que sur les aventures galantes oe ce marquis. J’ai j

cru qu’on lirait avec intérêt l’ar- 1

ticle qu’il lui a donné. Il est plus instructif que celui de la Biog.

univ.

Jean-Joachim Trot! , 'marquis DE LA Chétardie , s’est distingué par ses talens politiques et guerriers. Il naquit en 170$, avec utl génie véri la blementtranscendant dont on voit peu d’exemples. A l’êge de 16 aTis , il publia un ouvrage sur les fortifications, qui fut bien reçu. Il n’avait que 22 ans , lorsqu’il fut’ envoyé en Angleterre auprès de George I". II.

sefitadmirer de ce monarque, qui lui donna cet éloge , qu’il serait un jour un des plus grands

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politiques d’Angleterre. H passa en Hollande, ’de-ià en Prusse, auprès du père de Frédéric II.

Son ambassade dura neuf ans,

Sendant lesquels il ^négocia avec ivers électeurs etprinces de l’èVnpire. De Prusse il passa , avec la même qualité , en Russie , auprès de la czarine Anne Iwanouna. II fut l’ame de la révolution qui pla- ^aElisabethPetrovrnasur le trône de Russie en 1 74 * • fiette princesse, qui était une fort belle perspune, n'avait guère alors que 22 ans.

Le marquis la prit entre ses bras, l’éleva hautà un balcon,, pour la montrer au peuple, criant: Vive • l’impératrice de la Russie. Elisabeth *ne fut point ingrate ; elle donna toute sa confiance à M. de la Chétardie , et par son crédit il disposait de tout. Le marquis était peut-être le plus bel homme de l’Europe , et d’un esprit enchanteur. La czarine prit de la tendresse pour lui , et je sais de boh lien, qu’elle conçut le dessein de l’épouser et de le faire déclarer czar, et la chose s'e serait faite, si le marquis, par des raisons de politique , ne Fen eût détournée.

Une intrigue lui fit perdre sa faveur. Il s’attacha à Mme Testof, dont le mari était capitaine des gardes de la czarine. Dès ce moment , ses assiduités auprès de la princesse , furent moins fréquentes et moins vives. Elle s’aperçut du changement , et n’en savait pas la cause. Ce fut M. Bestuchef, chancelier de Russie, et l’ambassadeur d’Angleterre, qui dévoilèrent tout. Sur' ces entrefaites , M. de la Chétardie prétexta un voyage en France. Cependant Elisabeth 1e demandait encore poufambassadeur , sans doute pour se venger de lui , par les chagrins

CIlE . igi .

qu’elle lui. préparait. de la Chétardie , qui le prévoyait , témoignait la plus grande répugnance ; il fallut les ordres les plus positifs du roi , pont l’y déterminer ; il y reçut mille nioi^ tilications. Desoncôté, il travaillait à remettre sur le trône Pierre Ivanowna. Les choses étaient fort avancées , lorsque le complot fut découvert par la trahison de son secrétaire d’ambassade. Le scellé fut aussitôt mis sbr tous ses effets, > qui s’y gâtèrent , et il lui fut signifié un ordre de sortir dans vingt -quatre heures de Péter»bourg. Il en était â quarante lieues, lorsqu’il parut un officier qui Ini demanda le' portrait de l’impératrice qu’il avait reçu eU présent de celte princesse. H demanda à voir l’ordre. Il était si- .

giié de M. Bestuchef. M. de lâ Chétardie répondit qu’il ne recé- ■ vait point d’ordre que de la czârine. L’officier dépêcha un cour- ^ rier , qui apporta l’ordre signé d’elle , et aussitôt il remit le portrait avec les marques des ordres de Russie. Il arriva â Metz daits Iç temps de la convalescence du roi. Il fut mal reçu ; il requît que son procès lui fût fait ; ce qui n’eut point Heu, mafc le secrétaire fut pendu ; lui cependant reçut ordre de se retirera la Oiétardie. Mais il n’y rfstapas long- \emps ; il fat employé dans la guerre d’Italie en qualité de lieutenant-général, et commanda la retraite de notre armée vers Gênes , après la jonrnée de Parme le i5 juin 1^4”- U eut l’ambassade de Turin, en 1758, d’ôh il passa à la cour delïaplés , pour exécuter une ,commission. Il fut de la guerre d’Allemagne , et il était le plus ancien lieutenant-

Diyi' AÏbyGoo^U

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ÇëiitVal de l’arniée de Soubise. 11 était malade au temps de la malheureuse journée de Rosbach.t.e fut un vrai manieur; le public lui a rendu cette justice , que s’il avait été présent, il aurait dissuadé cette action dans les circonstances. Il commandait à llanau , lorsqu’il y mourut de maladie le i" janvier 1759 , à l’âge de 54 ans, sans avoir contracté d’alliance. 11 fut enterré à Dorstein, bourg catholique de la dépendance de l’électora l de Mayence , à deux lieues de la ville de ce nom ; son oraison funébrefui prononcée par l’aumônier du corps royal d’artillerie. Une choseassez singulière dons sa vie, il a conclu trente-trois traités. Il a laissé des Mémoires qui ne peuvent être qu’extrêmement curieux ; ils sont entre les' mains d’une demoiselle qu’il avait ainiée , et qui est fort attachée à sâ mémoire ( mademoiselle Devau, qui a épousé un commis de M. le duc de Choigeuil)ÿclle travaille à les rédiger.

Je tiens ces faits de M. Bourdeix, aide-de-camp de M. de la Chétardie, qui, après sa mort, conduisit ses équipages en France.

M.delaChétardie était frère utérin deM. le c(ynte de Menestrol. Eu lui je croyais la famille éteinte ; cependant notre Gazette du 9 uillet 1763 énonce un Joachiinacques de fa Chétardie, raaré* chal-de-camp , commandant au Vieux-Brissac , et gouverneur d« Landrecies. 11 avait épousé (Jaire- Marie-Colette de BerarddeVillebreuil de Montalet, morte après lui en 1763 , après avoir contracté une seconde alliance.

N. B. Je ne connais pas l’ouvrage .si/rfcf Fornications , dont parle M. du Masharet.

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t CHEVALIER (Gtm.LAUME de;.

Duverdier , Moréri , Goujet et même l'abbé deSaint-Léger, dans ses notes manuscrites sur Duverdier , parlent de cet auteur d’une nmnière fort succincte ou inexacte. Je vais abréger ici le long article que Collelct lui a consacré.

Guillaume de Chevalier, dont le lieu natal n’est pas connu, vint très — jeune à la cour du roi Henri 111. Après la mort de ce prince, il servit de son épée, en plusieurs occasions, son successeur Henri le Grand, qui le reconnut toujours pour homme de bien. ,\près la pacification des troubles du royaume , Guillaume de Chevalier suivit toujovirs la cour, et ne laissa presque passer aucun événement mémorable, sans le célébrer en prose et en vers. On a de lui :

I. Le décès on la fin du Monde ^ divisé^ en trois visions. Paris, i584, in-4°. Le poêle n’avait alors que 20 ans environ ; il a traité avec beaucoup d’obscurité de style des questions extrêmement obscures en elles-mêjiies.

II. La Renommée sur la naissance de Mgr. le Dau/ihin. Paris , 1601 , in-4".

III. La France., .\ur V accident arrivé à leurs Majesté.', le g juin 1606. En passant la Seine au pont de Chatou, les quatre chevaux qui conduisaient Henri IV et Marie de Médicis, renversèrant dans l’eau le carrosse 'de leurs Majestés, et mirent ainsi leur vie dans le plus grand danger. Le poêle présente là France triste et confuse à cette funeste nouvelle, et puis transportée de joie, quand elle sut que leurs Majestés en avaient été quittes pour la peur.

Ce poème, eu staqces de six vers,

Di.

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