FRA
rent encore plus recommandable : honnête homme , atni sincère , bon citoyen , ennemi de l’esprit de nouveauté; ce sont les qualités que lui donnent tous ceux qui l’ont connu. »
J’ajoutais encore cette note , qui mériterait de trouver sa place à la fin de l’article : << Ceux qui souhaiteront avoir une connaissance détaillée de la famille des Frains et de ses diverses branches , peuvent consulter les notes de M. Mesnage , sur la vie de Guillaume Ménage. »
M. Du Tremblay reçut ordre de se défaire de sa charge de conseiller , pour avoir pris des conclusions dans une affaire , à la sollicitation de sa compagnie , au refus du procureur du roi.
{Mémoires de M, du Masbaret. )
N. B. L’article de la Biographie universelle est rédigé d’après celui de Moréri. Je possède un volume intitulé : Traité de la vocation chrétienne des enfans , par feu M. l’archevêque de Cambrai. Paris, Jos. Barbou , 1754, in-12. C’est un faux frontispice , mis a l'ouvrage de Frain duTremblay, qui porte ce titre , mais qui a paru , non en i683 , comme le ditla.fi/ograp/itV, mais en i685.
FRANC (N... le), prêtre eudiste, ancien supérieur des Eudistes de Caen , demeurant à Paris , au commencement de la révolution, l’un de ceux qui furent massacrés au couvent des Carmes, le 2 septembre 1792 ; il avait publié deux ouvrages qui firent sensation ; l’un intitulé : le Toile levé pour les curieux , ou Secret de la révolution révélé à Vaide de la franc-maqonnerie , Paris , 1791 , in-8“, et l’autre ayant pour titre:
FilA
Conjuration contre la religion cortholique. et les souverains , dont le projet conçu en France , doit s’exécuter dans l’univers entier.
Paris, 1792, in-S*. 1,1 existe une contrefaçon de ces deux ouvrages. L’éditeur du second , c’està-dire, probablement r«auteur luiiiiénie , cite au verso du faux-titre, ces deux vers tirés du 4* chant d’un manuscrit de sa. composition , intitulé : les Abus, poëme :
Oh ! si les souverains vous laissent subsister ,
La chute de leur trâne il faut leur imputer.
Il faut convenir que ces vers ne donnent pas une grande idée du poëme ; mais la prose de M. Le Fjranc ne manque ni de clarté, ni d’énergie ; il avait fait des recherches sur les hommes célèbres du Cotentin (Manche). Il en communiqua le manuscrit, en 1793, au célèbre abbé de Saint-Léger ; celui-ci fit beaucoup de notes critiques sur ce travail , et le rendit à son auteur , peu après ; ce dont il eut du regret, lorsqu’il eut connaissancé de sa mort déplorable, (ie manuscrit est probablement perdu.
FRANCKEMBERG ( Abraham DE ) , fameux partisan des sciences occultes dans le xvii* siècle :
la Biographie universelle ne le fait pas . suffisamment connaître ; il mérite aussi d’être rangé parmi les écrivains mystiques. Les principaux écrits où il prend le nom de Franciscus Montanus ou à Monte , sont : Y Abrégé de la théologie mystique de Hugo de Palma, Amsterdam, 1647, en latin , et la Metaphysica de cœlesti
et terrestri mysterio , par .Tac.
Boehm , i65o , in-12. Voy. la Lettre touchant les auteurs mystiques , par P. Poiret, à la suite de la ihéologie réelle j kmslerdam, 1700 , petit in-12, p. 56.
FRANÇOIS I , roi de France.
Le Parallèle de Charles-Quint et de François /, imprimé séparément, en 1707, pour la première fois, n’est pas de Pelisson , comme le dit la Biogr. itniv. ; c’est le i3* livre de l’Hist. de François I , par Vacillas. On l’a réimprime en 1780, aussi in-12 , à la suite de la Campagne de Louis XI F, par Pelisson. Voilà ce qui a induit la Biographie en erreur.
FRANÇOIS, (A. le), auteur de la petite Géographie connue sous le nom de Crozat. L’abbé Desfonlaines , dans ses Obsen>alions sur les écrits modernes , 1. 3o , p. 336 , dit que cet auteur était curé de Gentilly, auprès de Paris ; son assertion a été confirmée par l’abbé Le Eeuf , dans son Histoire du diocèse de Paris , tome 10. La première édition de cette Méthode géographique est de Paris, 1705, in-12, chez Brunet. On y fitde grands changemeiisen 1751.
Dreux du Radier y fit d’autres changemens et de nouvelles additions en 1761. Cette Méthode se réimprime encore de nos jours, aveeVs changemens que nécessitent les révolutions dont nous sommes les témoins.
FREIND (Jean), célèbre médecin anglais. La Biographie universelle a omis d’indiquer la traduction française de son Histoire de la médecine . imprimée à Paris,eu 1728, iu-4'’. Le traducteur
35o FRE
n’en est pas connu'; mais on sait qu’elle a été revue par Senac, et u’elle est plus exacte que celle e Coulet.
FREMONT D’ABLANCOURT (Nicolas), neveu et élève du célèbre Perrot d’Ablancourt. On a de lui : Nouveau Dictionnaire des rimes. Paris, Augustin Courbé, 1648, in-8°, anonyme. — Le même revu et corrigé, Paris, 1667, in-8°, avec une lettre de P. Richelet sur l’origine de la rime :
cet ouvrage a été mis dans un nouvel ordre par Richelet, Paris, 1692 , in-i2. On voit que Frémont d’Ablancoiirt a quelques droits à la célébrité qu’a obtenue Pierre Richelet par son Dictionnaire des rimes. La Biographie universelle s’est contentée d’indiquer ce travail de Fremont d’Ablancourt, et elle n’a pas mis assez d’exactitude dans cette indication.
FRÉRET (Nicolas). L’article de ce célèbre académicien dans la Biographie universelle, quoique rédigé avec beaucoup de talent, paraîtra peut-être trop long à bien des lecteurs': c’est plutôt un éloge académique qu’une notice biographique. Non erat hic locus ; mais le jeune savant , auteur de l’article , ne s’est pas contenté de montrer son talent pour arrondir des phrases ; il a voulu aussi discuter des points délicats, et contredire des savans connus
f»ar leur érudition et surtout par eur bonne foi. On sait que l’on a imprimé, dans le cours du xviii' siècle, sous le nom deFréret, plusieurs ouvrages contrairesà la religion chrétienne; mais l’onsait aussi que deces différcnsouvrages, un seul appartient réellement à Fré-
ret. M. de Sainte-Croix l’adéclafé positivement dans le Magasin encyclopédique en 1706, et dans les Siècles littéraires deM. Desessarts, en 1800, article Fréret. M. Naigeon s’était aussi exprimé à ce sujet sans ambiguité dans le Dictionnaire de la philosophie ancienne et moderne de V Encyclopédie méihodiquf. C’est d’après deux- autorités aussi graves c^ue j’ai indiqué , sous le nom de fréret, la fameuse Lettre de L’hrasybule à Leucippe. M. R. R’, me le reproche avec une sainte indignation. Eh bien ! je persiste à avoir toute confiance dans l’assertion de M. de Sainte-Croix, savant aussi recommandable par scs talens que par ses principes religieux, et dans celle de M.
Naigeon, justement renommé par son érudition en histoire littéraire.
S’il ne faut à M. R. R. (|u’iine révélation authentique ■pour lui faire partager notre opinion , je vais la lui fournir ; il existe beaucoup de copies de la lettre de Thrasybule à Leucippe; celle que possédait feu M. l’abbé de Tersan, écrite de la main du c^èbre bibliographe Mercier-Saint-Léger, contient de la même main un préambule conçu en ces termes :
Lettre de Thrasybule à Leu- cippe , n58 , traduite sur la version anglaise.
L’auteur de cet ouvrage est le célèbre , M. Fréret , de l’académie royale des inscriptions et belles- lettres , qui l’adressa réellement à madame sa sœur, religieuse à Jouarre. .Après sa mort , M. Racine , qui fut chargé de rècueilHr et de mettre en ordre ses papiers, crut devoir mettre
de côté cette lettre afin qu’elle ne parût point; mais un académicien ayant su cela , pria M. Racine de la lui prêter ; celui-ci fit d’abord quelque difficulté , mais la confia ensuite à l’académicien , sous la condition qu’il la lui rendrait dès le lendemain. L’académicien se saisit aussitôt du livre , et passa toute la nuit à le copier, et, pour être en état de tenir sa parole, il partagea l’ouvrage avec madame sa sœur. Celle-ci a communiqué cette copie, et insensiblement elles se sont multipliées. M. Paris de Meysieux, intendant de l’Edole royale rnilitaire , en possède un exemplaire , aussi bien que . ! . . .
C’est sur ce dernier que j’ai copié celui-ci . On y trouvera quelques lacunes , mais on m’a assuré qu’elles étaient dans tous les exemplaires. M. Fréret a composé cet ouvrage chez les Pères de l’Oratoire de où il était allé pas-
ser quelque temps , et l’on s’imagina , dans le monde, qu’il était allé faire une retraite. Ou verra , par la lecture de cette lettre , qu’il était’ bien éloigné de faire une pareille démarche. Je prie tous ceux entre les mains desquels ce manuscrit pourra tomber , de le lire dans les mêmes dispositions qui m’ont porté à le copier, je veux diwe celles d’un homme bien convaincu de la vérité de la religion chrétienne , et qui ne cherclie à connaître les differentes objections dès incrédules que
Sour s’affermir de plus en plus ans la foi , par la connaissance du peu de solidité de leur système. C'est par les mêmes motifs que je crois devoir avertir tous ceux qui ne seraient point éclairés sur les principes de la religion, que ce livre n’est point
fait pour eux, et qu’ils doivent , autant par amour pour leura«pos que par la crainte des dangers auxquels ils seraient exposés, s’abstenir de la lecture de celui-ci et de tous ceux qui lui ressemblent.
(Mercier, chanoine régulier.)
Il y a , dans cette révélation, un ton de conviction qui doit frapper tous les lecteurs. C’est donc en vain que M. R. R., pour enlever à Fréret un ouvrage dont il est le véritable auteur, associe cet ouvrage à Y Exnmei des apologistes de la chrétienne, qui, à la paru sous son nom , mais que depuis long-temps personne ne lui attribue. le mot Rurigny. 11 u’y a pas de bonne foi clans ce procédé. Il fallait discuter isolément ce qui concerne la Lettre de Thrasjbule.
t FRESCHOT (Casimir), né à Mortej^u en Franche-Comté , vers 1640, entra fort jeune dans la congrégation des Rénédictiiis de Saint-Vanne, et fit profession, le 20 mars i663, dans le monastère de Saint-Vincent de Besançon. Il quitta cette ville, en 1674) lorsque Louis XIV l’assiégea. Ce re- ' ligieux alla d’abord en Italie, où il se fit de la réputation par la publication de quelques ouvrages eu italien , et par la, traduction de plusieurs livres , du français • en italien.
Après avoir passé quelques années à Rome , ensuite à Bologne, il fut admis en iC8q, dans la congrégation des Bénédictins du Mont-Cassin. Casimir Freschot se
1 critique religion vérité , a
dégoûta de l’état religieux , vers l’jp.o, et il se retira, vers 1704 , à Utrecht, où il enseigna les belles-lettres et l’histoire ; il vint finir ses jours dans l’abbaye de Luxeuil , le 20 octobre 1720.
Le choix qu’il a fait de cette pieuse retraite , pour terminer une vie très-agitée, et plus encore la notice que Dom Calmet lui a consacrée dans sa Bibliothèque lorraine , me semblent suffire , pour prouver la fausseté d’un article de gazette (i) , dans lequel on allègue que Casimir Freschot s’était fait protestant. Aucun passage de ses ouvrages n’indique qu’il ait changé dé religion ; au contraire, on le voit souvent reprocher aux protestans, leur injustice envers l’Eglise romaine.
Freschot a pu avoir des démêlés avec ses confrères , ou avec ses supérieurs. Comme il dit, dans plusieurs occasions , que ces démêlés étaient communs dans les monastères , et ^n’il était fort difficile d’y remedier , on peut croire que ce sont des désagrémens de cette nature , qui lui ont fait abandonner la congrégation du Mont-Cassin , où un décret particulier, et par conséquent très-honorable , l’avait fait entrer.
Casimir Freschot cultiva avec soin , pendant plusieurs années , la poésie latine ; mais, de toutes les études auxquelles il se livra , l’histoire fut celle qui lui plut davantage , ou qui lui procura Je plus de ressources pour subsister. Les ouvrages publiés par (iasiniir Freschot , sont en très-
(i) Voy. \e Journal des Savons , édition de Hollande, supplément du mois d’août 1708.
grand nombre; mais Dom Calmet , dans sa Bibliothèque lor^ raine , et Dom Armellini , dans sa Bibliotheca Benedictino-Casinensis , n’en présentent que des listes incomplètes.
Bayle, dans une lettre écrite le 6 août 1705, cite quatre ouvrages anonymes qu'il attribue à un écrivain iiranc - comtois ; son éditeur Desmaiseaux , qui donne ordinairement des éclaircissemens si exacts sur les objets que Bayle ne fait qu’indiquer, n’a joint aucune note à ce passage ; mais un article de la Méthode historique de l’abbé Lenglet , m’a proûve que Bayle avait voulu parler de Casimir Freschot.
Les écrits de ce religieux peuvent se partager en trois classes , savoir : ceux qu’il a publiés en latin , en vers ou en prose ; ceux qu’il a composés ou traduits en italien ; enfin , ceux qu’il a fait paraître en français.
Les ouvrages latins, effets des circonstances pour la plupart , ou témoignages de reconnaissance, sont entièrement oubliés; les ouvrages italiens sont encore cités par les bibliographes ; les ouvrages français , presque tous anonymes, paraissent avoir été écrits pour subvenir aux besoins de l’auteur. Quelques-u(is< néanmoins , sont encore recherchés des curieux ; on y remarque l^eaucoup d’incorrections de style.
Voici la liste de ces ouvrages , la plus cojmplète qu’il m’ait été possible de dresser :
I. Melliflua Uranodia , poème moral dédié au cardinal Barberin. Rome, 1676, in-4“.
IL* Sériés eorum quœ in aperitione et obseratione portœ sanctee BasiUcai D- Pauli, à cardinali
Di. '■ii^Ki by Googli
Barberino peracta sunt-, anno jubil. 1675, Romæ, 1676, in-4“.
III. Exarata Gentilitio D. Pauli g la dio;ej usdem apostoli vitœ synopsis, Roniæ, 1675, in-4®. Cet ouvrage est mêlé de prose et de vers.
Iv'^. Giuoco geographico. Venezia , 167g. L’auteur a eu pour but, dans cet ouvrage, d’exercer en même temps la mémoire et le jugement des enfans.
V. Li pregi délia nobilta venela àbbozati in uno giuoco cT anme di lutte le famiglie , Venezia , 1682 , in- 12.