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d’égards , ne parait pas l’clre n*en sépara jamais cette modéraqiiand l’auteur s’attache à prou- tion sans laquelle la force n’est ver l’existence de cette vaste cons- qu’une impulsion aveugle, et piration ourdie dans l’Europe cette austère vertu sans laquelle entière , pendant vingt années , il n’y a point de liberté à espérer et dont le but aurait été d’enlever parmi les hommes. Aussi , ]M. Ginà Rousseau, avec le repos de sa guené mérita nécessairement le vie, la gloire due à ses ouvrages, sort des hommes ^ont il suivait Rien ne prouve que Grimm , Di- les bannières ; ami de la liberté , derot, d’Alembert, eussent formé mais ennemi des fureurs démace projet, d’aiUeurs inexécutable, gogiques , il dut obtenir la faveur Pt l’on doit plutôt en attribuer d’être proscrit : arrêté pendant l’invention à cet esprit de mé- plusiewrsiuois,ilpartagealaprifiance que Jean-Jacques avait ap- son de Roucher, d’André Cliéporté en naissant, et que les tra- nier ; et sans le g iherinidor , (jui verses d’une vie aussi agitée que renversa la tyrannie révolutionglorieuse , n'avaient pas contri- naire, il eût sans doute partagé Imé à diminuer. Cette erreur de leur honorable supplice.
M. Ginguené était d’autant plus II avait succède à Cr^utli et .i pardonnable, qu’elle trouve sa Grouvelle , dans la rédaction de source dans de nobles sentimens, la Feuille villageoise, journal yadmiration pour le génie , la destiné à faire connaître au peucompassion pour le malheur, et pie des campagnes les principes la reconnaissance pour les bien- d’une sage liberté. Echappé à la faits. Laharpe a inséré dans le hache des bourreaux , il reprit Mercure de 1792, une critique cet honorable travail; mais il sévère, mais juste, de l’ouvrage l’abandonna en 1796, pour ne de M. Ginguené; on la trouve s’occuperquedelai&ecfl<?e/;h//odans le Nouveau Supplément au sophiqite qti’il avait fondée en Cours de littérature, que j’ai 1794 j et dont il fut un des plus publié en i8i8, in-8®. zélés et des plus habiles col labo-
Cependant l’aurore d’un jour rateurs, jusqu’en septemb. 1807 , éclatant et nouveau était déjà le- époque àtlaquelle le gouvernevée pour la France. Toutes les ment réunit ce journal au Merames généreuses souriaient aux cure de France. La collection de espérances qu’une réforme géné- la Décade philosophique , qui , raie et qu’un système de liberté dans les dernières années, porta faisaient concevoir. Ce fut par le titre de Revue philosophique , sentiment et par conviction que est composée de 54 vol. Pendant M. Ginguené se déclara pour les plusieurs années, M. Ginguené nouvelles idées ; il publia diverses a encore enrichi le Mercure de brochures parmi lesquelles on F’yance , d’excellens morceaux de distingue un écrit ayant pour critique littéraire, titre De F Autorité de Rabelais, Peu de temps après sa prosdans la révolution présente, Paris , cription , il avait été désigné pour Gattey , 1791 , in-8" , qui obtint faire partie d’une commission un grand succès; mais en approu- d’instruction publique , qui reçut vaut les doctrines libérales, il ,du gouvernement provisoire la
mission d’établir nn syslèmo d’éducation approprié aux nouvelles institutions. Sous le directoire, M. («inguené fut nommé à l’ambassade de Sardaigne. Pendant le gouvernement consulaire , il fut élu membre du Tribunat, et ses actions furent toujours la cohséquence d’une pensée unique.
Le tribun du peuple embrassa vivement et sans détour la défense de ses commettaifî. Eliminé avec ceux de ses collègues qui avaient préféré leur conscience aux ùonneurs et aux richesses , il abandonna les fonctions publiques , et cultiva les lettres au sein d’une glorieuse médiocrité : on le vit néanmoins , dans le Mercure de 1808 , de 1809 et de 1811 , adresser au chef de l’ancien goHvernenient , des éloges qui semblaient sincères.
Dans son éloignement des affai- ^res publiques , il s’occupa beaucoup de la continuation d’un ouvrage entrepris depuis longues années sur la littérature italienne, et qui , bien que non achevé , doit être son plus beau litre de gloire.
Avant de livrer à l’impression le commencement de son travail , il pressentit le goût du public dans des lectures à l’Athénée , et ses efforts furent couronnés d’un succès solide que voulurent en vain lui disputer des critiques passionnés. La connaissance approfondie que M. Ginguené avait de la littérature italienne , sa vaste érudition classique , la sûreté de .son goût , la justesse de .sa critique , le rendaient éminemment propre au travail dont il s’était chargé. Rien n’a échappé à ses savantes investigations ; il a tout lu , tout analysé , tout apprécié ; les chefs-i'œuvre dont
s’honore l’Italie , y sont fulèlemont caractérisés , et les traductions ([u’il en donne par extraits , joignent au mérite de l’exactitude, celui d’une élégance soutenue. En un mol, VHistpire littéraire cV Italie peut être regardée comme l’un des plus beaux moiiumens de ce genre, (jiii existent dans toutes les langues de l’Europe. On a lu avec autant de surprise que d’indignation , dans la Continuation de relier, une virulente diatribe dirigée contre cet excellent ouvrage.
Les six premiers vol. de l’///jtoire littéraire Italie a\aieut paru dç 1811 à i8i3 ; les tomes - ,
8 et 9 , terminés par l’Italien M. Salfi , littérateur très-instruit , dont le travail a été revu par MM. Daunou et Amaury Duval , ,
parurent en 1810.
En 1810, M. Ginguené publia un volume de fables , dans le.squeUes les hommes éclairés reconnurent un esprit juste etcau.stique, des détails élégans et une versification facile. L’auteur fit courageusement parler la vérité dans ce nouvel ouvrage. Quelques fables , échappées aux yeiit perçans d’une censure scrupuleuse , firent entendre des’princijies qu’il était alore dangereux de publier ; il attaqua avec un courage égal la vanité récente et la morgue .ancienne.
Les autres ouvrages de M. Gin- ^ gueiié sont des poésies légères , adressées à un jeune tOrpheliii qu’il adopta à l’âge de six ans, et dont il fit lui-même l’éducation ; nne traduction des.Noees de Thétis et Pélée, 1812, in-i8, charmant ouvrage de Catulle , dont il est parvenu à rendre avec bonheur un grand nombre depass.a-.
ges ; enfin , quelques jolies fables publiées en 1814.
Bon époux, fidèle et sensible ami , M. Ginguené fut honoré par une médiocrité qu’il sut rendre honorable. Sur la fin de sa ne , il passft dans la vallée de Montmorency des jours embellis par la culture philosophiq. des lettres et par les soins touchans de l’amitié. Son épouse chérie, dans l’union de laquelle il trouvait cette paix de l’ame, lepremierdes biens; l’orphelin auquel il servit de père ; ses livres, qui jusqu’au dernier moment ont consolé sa douleur : tels furent les compagnons et les ihstrumens du bonheur de cet homme excellent.
Sa gaieté, sa douceur ne furent point altérées par les soufiTrances de sa dernière maladie. Un pied dans le tombeau, il sentit renaître les goûts de sa jeunesse et sa prédilection pour la musique italienne. Quinze jours avant sa mort, il composa plusieurs jolies romances. Ces travaux consolateurs enlevaient à ce moment suprême tout ce qu’il a de sombre , de pénible; il ne lui en restait que cette teinte profondément touchante , ce calme mélancolique- d’un ami qui pleure ses amis en les quittant , mais à travers les regrets duquel on voit briHer l’espérance d une réunion nouvelle et indissoluble.
M. Ginguené est morj^le 17 novembre 1816, dans sa soixantehuitième»année. Il était membre de l’Institut et particulièrement de la commission chargée de la continuation de l’histoire littéraire de la France, commencée par les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Les ou- * vrages de M. Ginguené , qui ji’ont
pas été mentionnés dans cette notice , sont :
I. Éloge de Louis XII, discours qui a concouru pour le prix de l’Académie française. Paris, 1788, in-8“.
II. De M. Neckeret de son livre intitulé, De la Révolution française ; Paris , 1797, in-8° ; tiré de la Décade philosopliitfue. La sévérité du critique a étonné ceux qui se rappelaient les obligations que l’auteur avait à M. Necker.
III. l'ableaux de la Révolution française. Paris, Didot, 1790 et 1791, in-fol. , depuis la quatorzième livraison jusqu’à la vingtcinquième , chaque livraison contenant deux discours.
IV. Coup -d’œil rapide sur le génie du christianisme , ou quelques pages sûr 5 vol. in-8° publiés sous ce titre par F.-A. de Chateaubriand; Pans, 1802, in-8"; extrait de la Décade philosophi-, que.
On doit aux soins de M. Ginguené l’édition des OEuvres de Lebrun , son ami , avec une notice sur sa vie. Paris, 1811, 4 vol. in-8°. Il a inséré dans le Mercure , sur cette collection , jugée trop volumineuse, quatre extraitspleinsdefinesseetdegoùt.
Les articles fournis par M. Gin- Çuené à la Biogr. univ. peuvent être rangés parmi les meilleurs de cette collection.
On doit penser qu’il fallait que M. Ginguené eût auprès de lui une nombreuse collection de livres, pour exécuter facilement les travaux auxquels il s’est livré ; aussi s’était-il formé une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages anciens et modernes ; la littérature italienne y tenait une place distinguée. Le catalogue