GIR
achever ses études à Troyes. Eu 1718, il entra dans l’Oratoire, oii il fut promu à la prêtrise en i74>- Il professa les humanités , la rhétonque et la philosophie en divers lieux, et se reposa successivement à Saumur, a Marines et à Rouen. Dans ces différentes stations, le P. Giraud , toujours entraîné par un sentiment irrésistible, se livrait à s5n goût pour la poésie latine. Après differens essais plus ou moins heureux , il entreprit une traduction de Boileau ; elle était fort avancée, lorsqu’il apprit que plusieurs profeurs de TUniversite de Pariss’ocjCupaient du même travail ; c’en fut assez pour lui faire abandonner son dessein : alors il se livrSt à la traduction des Fables de La Fontaine. Elle ne parut qu’en j'jdS ; mais elle était commencée des 1784. Un jour, le P. Giraud, jaloux d’avoir le suffrage de J. -J.
Rousseau, vole à Montmorency , entre chez Rousseau qu’il n’avait jamais vu , l’aborde sans observer aucune des étiquettes d’usage t Monsieur , je viens vous consulter sur mes fables. Il lire son manuscrit, et lit; Rousseau admire : Je savais bien que vous les trouveriez bonnes ; car j’ai ouï dire que vous êtes connaisseur. A peine est-il sorti, que se rappelant que le citoyen de Geneve avait une croyance différente de celle de l’oratorien , il rentre : A propos , Monsieur , n allez pas dire à nos pères que je suis venu vous voir , ils s' imagineraient que je pense comme vous. Tette anecdote peint merveilleusement la bonhomie du P. Giraud. Elle ressemblait assez à celle de La Fontaine. On se rappelle que le fabuliste français lit le voyage de Paris à Châ-