‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 62 sur 314 · BÉG · texte numérisé non relu

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Î>etit article, d’autant plus voontiers,que cette traduction n’a pas été indiquée^^dans la Biof^raphie universelle , a l’article d’ÉNÈE le tacticien. Cet ouvrage est estimé. .

BÉDÉ ("Jean , sieur de la GoRmandière), gentilhomme angevin , avocat au parlement de Paris , et membre du conseil du duc de Rohan , pair de France , né dans la religion réformée vers l’année 1570. Tl publia plusieurs ouvrages pour la défendre contre l’Église* romaine : il défendit aussi le droit divin des rois contre les fausses maximes du cardinal Bellarmin et des jésuites. On remarque line grande érudition dans les ouvrages de cet auteur.

La Biographie universelle cite les principaux : le premier , qui devait être cité le dernier , est de l’année 1646. L’auteur avait alors ^Gans.

BÉGÜELIN (Nicolas), fils de Pierre Béguelin , maire à Gourlary , dans l’évêché de Bàle,*na- <juit en 1744» fit brillantes etudes sous les Bernoulli , et devint gouverneiirdu roi de Prusse, Frédéric-Guillaume. Il avait été nommé membre de l’académie des sciences et belles-lettres de Prusse , dès la seconde année de sa restauration» Une intrigue de cour fit déclarer l’éducation du prince de Prusse finie avant le temps ; M. Bégâelin eut ordre de se retirer et de rester à Berlin ; cette espèce de disgrâce dura plus de vingt ans. Sur la fin de ses jours, Frédéric II, de son propre mouvement , revint à M.

Réguelin,et augmentasesappointemens , qui lui avaient été conservés . Lorsque l’auguste élève

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de M. Béguelin parvint au trône i il témoigna à son instituteur tou te sa reconnaissance, lui donna une terre de I.1 valeur de cent mille livres , et le fit directeur de l’académie. Outre les nombreux mémoires qu’il a lus dans le sein de cette compagnie, sur les .couleurs, la lumière , les nombres, les pensées , etc. , M. Béguelin a publié séparément: 1“ Le Printemps , poème de feuM. de Kleist , traduit en français. Berlin, 1781, in-8“ ; 2“ TViïhelmine , ou la Ré— volutidn de la Hollande , Berlin , 1787, in-8‘. Ce savant mourut le 3 février 178g.

( Denina , Prusse IJltéraire / Meusel , Allemagne Savante. )

BEGUILLET ( Edme ). La Biog.

univ. pouvait annoncer que l’on trouve dans le second volume des Variétés littéraires de M. d’Or— bessan , 1781 , in-8‘’, , la traduc- *tion française de l’ouvrage latin publié en 1768, par M. Beguillet, sous le titre : De Principiis ve— getalionis et agriculturœ , etc.

BÉHOURT ( Jean ), professeur d’un collège, de Rouen en i5g7.

Il dédia aux jésuites , en 1607 , un gros volume in-8®, qui présente l’abrégé du grand ouvrage de Despautèresur la grammaire.

Ce travail, qui trouva lui-même un abréviateur , a eu long-temps cours dans les classes , sous le titre de Petit Béhourt ; il a coûté beaucoup de larmes à la jeunesse ; on doit encore à cet auteur un recueil de tragédies; in-12, savoir : Polixène y tragi-comédie en cinq actes et en vers , Rouen , i5g7 ; Esaü , ou le Chasseur y en.

forme de tragédie, Rouen , i5gg; Hj-psicratécy ou la Magnanimi-

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té, tragédie, Rouen , 1604. Ces pièces ont été représentées sur le théâtre du college où l’auteur professait. Béhourt méritait une petite place dans la Biographie universelle.

BELESTAT DE OARDOÜCH (Le marquis de), né à Toulouse en 1725, sortait d’une des plus anciennes familles du Languedoc. .Après avoir fait ses études à Paris, il entra fort jeune dans la maison du roi; il lit les campagnes du maréchal de Saxe, et s’y distingua assez pour être , dès l’âge de trente ans, maîtrc-decainp de cavalerie. Lfne débilité extrême dans l’organe de la vue l’obligea bientôt à renoncer à une carrière où sa naissance , sa fortune, et une expérience déjà acquise lui présageaient un avancement rapide.

Rentré dans la condition privée , il ne songea plus qu’à étendre et à développer ses connaissances,.

Il usa le reste de sa vue à la lecture ; on ne publiait pas un ouvrage de politique ou de littérature, qu’il ne voulût connaître et apprécier par lui -même. M. de Belestat allait souvent à Paris , et y fréquentait les hommes qui tenaient alors le timon de la littérature. Un de ceux qui ont eu avec lui des liaisons particulières, fut Voltaire. Dès l’année de la bataille de Fonteiioy , ils s’étaient connus aux eaux de Plombières :

ils se revirent souvent à Paris ; et, lorsque Voltaire eut fixé toul^àfait son séjour à Ferney , il entretint avec M. de Belestat une correspondance assez suivie. Un événement littéraire troubla en 1768 ces relations qu’entretenaient l’a- Auour des lettres et l’estUpe pour

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le génie. M. de Belestat s’était fait connaître dans la littérature par un Eloge de Clémence Isaure. 11 consentit à lire dans l’académie des'Jeux-Floraux, età laisser im-

5 rimer , sous les lettres initiales e son nom , un Examen critique de l’Histoire de Henri JE, par Bussy , composé par la Beaumelle : il y avaitàTans cette brochure une allusion assez évidente et dangereuse , un portrait satirique du président Hénault,et une critique assez vive de l’auteur de la Henriade ; le public l’attribua néanmoins à Voltaire ; Voltaire la lut d’abord avec l’intérêt que lui inspirait tout ce qui se rapportait à Henri IV ; il écrivit à AI. de Belestat pour lui demander des éclaircisseraens sur une citation ; mais lorsqu’une lecture plus attentive lui eut fait remarquer le passage auquel il devait être si sensible , il ne regarda plus la brochure que comme un libelle , et il écrivit de nouveau à M. de Belestat pour lui témoigner son mécontentement surdeux articles ; en même temps , il lui déclarait que l’ouvrage passaitpour être de la composition de la Beauraelle. M. de Belestat, dans une réponse à Voltaire , tâche de se justifier sur les deux allégations qui lui étaient reprochées ; il l’assure qu’il ne souffrirait pas que quiquecesoitabusàtdesonnom , et il croit que M. de la Beaumelle l’entreprendrait moins qu’un autre. Néabmoins on est convaincu aujourd’hui que la Beaumelle est le véritable auteur dot V Examen critique. Le gouvemèment en fit saisir 600 exemplaires; Voltaire, l’a fait réimprimer avec des notes critiques dans sa collection intitulée : Evangile du jour. On ne

trouve dans le Voltaire de Beaumarchais qu’une lettre à M. de Belestat sur cette afl'aire. Elle a été précédée de deux autres que l’abbé Sabatier a insérées dans son 'rableaii j>hilosoj>hiqtie de Vesjiril de M. de Voltaire. , article la Heauiuelle.

En 176c), M. de Belestat fut élu membre de l’a»adémie des Jeux- Floraux , et en 1778 on, l’adjoignit au secrétaire perpétuel. Il jie put occuper que quatre ans cet emploi honorable et pénible. Les infirinités les plus graves s’étaient accumulées sur sa tête; il avait perdu entièrement la vue ; un lecteur à gages lui lisait les çazettes et les nouveautés. La révolution ne l’épargna pas. 11 fut incarcéré ; mais il eut îe bonheur de survivre à l’époque 3a plus désastreuse de la révolution : il mourut eu i8oo, âgé de 82ans. M. François de 'S illeneuve a prononcé son éloge dans l’academie des .leux-Floraux. Voy. le compte rendu de l’année 1816, et V Histoire de Jeux- Floraux , par M. Poitevin -Peilavi. Toulouse, i8i5, 2 vol. in-8“.

BELLEBüONI ( Matthiku 1. La Biographie universelle donne à croire que sa traduction italienne de Y Histoire ‘ de la guerre de.

Troje, écrite en latin au xiii' siècle , par Gui des Colonnes , n’est connue que parce que la Bihlioiheca de Volgarizzatori en cite une copie manusertte conservée à Florence. Cette traduction a été imprimée à Venise en i48i , in-fol. , par Antoine de Alexandrià ; elle est citée dans plusieurs catalogues estimés; mais on n’est pas certain que Bellebuoni en soit l’auteur.

BELLEGARDE(l’abbé de).

•\ucun dictionnaire historique ne parle de l’ouvrage intitulé ; h' Art de connaître, les hommes. Amsterdam, 1708,111-12; i7ii,in-8°.

C’est l’abrégé de l’ouvrage de M.

Esprit, qui a pour titre ; Fausseté des vertus humaines. Paris, 1678, 2 vol. in -12. Cet abrégé avait été publié à Paris en 1702 ,

fiar Louis Des Bans, avocat, sous es initiales L. D. B. Les libraires de Hollande crurent que ces initiales désignaient l’abbé de Bellegrade , et réimprimèrent l’ouvrage sous son nom. Ils en donnèrent successivement trois ou quatre éditions. L’avocat Des Bans se rendit coupable d’un second plagiat«en 171c». Voy. son article dans la suite de cet Examen critique , lettre D.

BELLENDEN. Cet article dans la Biograp. universelle renferme plusieursmexactitudes. i”. Lepreinier ouvrage de Bellenden' n’est pas intitulé Cicero princeps , mais Ciceronis princeps. 2“. Il fallait dire que la mort ayant empêché l’auteur de publier son grand ouvrage de l'ribus lurninibus Romanorum , le libraire de Paris , Dubray , en acquit le manuscrit , et le publia en i633 ou en i634- Cette date sert donc à faire connaître l’époque de la mort de Bellenden. 3". Ùn écrivain politique anglais n’a pas fait réimprimer en 1787 les Principaux traités de Bellenden , mais seulement le Cicenonis consul. C’est la préface de l’éditeur, considérée comme le chef-d’œuvre de la latinité moderne , qui a été réimprimée en 1788. '

BELLERE ( Jean ), imprimeur-

libraire à Anvers , dans le seizième siècle, était habile dans la connaissance des langues ; on lui doit :

I. Onomastteon ex Rob. Siephano et Conrado Gesnero colléetum aucliim , cum recenlibus locoritm appellationibus. Antverpiee, Stulsius, i553, in-4-

II. Diclionarùim lallno-hispanicum Anlonii Nebrissensis. Antverpice, i574, in*4°-

Il atraduit: l'del’italienl'/rwtitiUion d’une fille de noble maison^ Anvers , Christophe Plantin , i555, in-8"; Paris, J. Ca veiller, 1558; 2° du portugais de Fr. Alvarès, Y Hisloriale description de ï Ethiopie, Anvers, Plantin ou Bellere, i558, iii-8° ; 3" du latin de Simon Verrepré, le Manuel de dévotion extraict des écrits des Saints Pères et docteurs illustres, vers i56o. Il existe des éditions de cet ouvrage, revues à Paris par Réné Benoit, fameux curé de S.-Eustache et par Arnaud Sorbin , prédicateur du roi Charles IX, etc. La dernière édition venue à ma connaissance est de Paris, chez Guillaume Chaudin, i58i, in-i8. Bellere a aussi imrimé le texte latin. Il a aussi trauit du latin de Thomas de Campis , le célèbre ouvrage de Y Imitation , sous ce \\tre il Art et manière de pqrjaitement ensuivre Jésus-Christ , etc. Anvers, J. Rellere, i565, in-i8. On lui doit une édition latine du même ouvrage, publiée en par les

soins de François de Toi, génovéfain. C’est une imitation mise en meilleur latin [exlalino latinior Jacta). Voy. la préface de cette édition. J. Bellere est mort en

BELLONI (Jérome). La traduction française de sa Dissertation sur le commerce , publiée à La Haye en 1755, esttres-mal écrite.

Elle ne peut être de Morénas , comme le prétend la llioffi-aphie universelle. Elle a reparu en 1765, à Paris, sous la rubrique de La Hajr'e , à la suite do la traduction de la lettre du même Belloni sur la monnaie fictive. Morénas a

Çeut-être .traduit cette lettre. M.

. 'bornas Rousseau a publié à Paris, en 1787, in-8“, une tradiiction plus fidèle et mieux écrite de la Dissertation de Belloni sur le commerce.

BELOSELSKI, prince russe qui a montré pendant toute sa vie un grand attachement aux Français; il a cultivé avec assez de succès leur langue ,• pour écrire élégamment en vers et en prose. Voltaire lui a adressé des vers; il a été en correspondance avec J. -J. Rousseau. Marmontel a été l’éditeur de ses Epîires aux Français , aux Anglais et aux républicains de S.-Marin. Brochure in-B" de iio pag. , imprimée en 1789 par Oidot l’aîné, et dont l’auteur a fait des présens; elle est rare. Ce prince est mort en 1809, âgé de 53 ans. 11 était né à 8.-Pétcrsbourg en 1757.

BELURCiER (Claude), Français, qui dès l’enfance aima passionnément legrec. Il vint étudier cette langue à Paris avec tant d’application , qu’il .passa pour le plus habile helléniste de son temps. Nommé pour enseigner les belles -lettres au collège de Navarre , il poussa ses élèves si avant dans la littérature grecque, que les thèses de philosophie se soutenaient en grec. Belurger

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jivait dos lureurs sauvages ef rudes ; iiourrilurc , liabilleiuent , comersalioti , tout était chez lui grossier ; sans ordre. dans son cabinet,, les livres inèine les plus précieux étaient amoncelés sur des tables ou, mis à terre pêlemêle. Homère était son auteur chéri par-dessus tous les autres auteurs; il le tenait et le portait toujours avec lui , même à l’église, où il lui servait 'dnieures.

Tette passion pour Tlomèrc lui donna l’idée singulière de faire faire par un habile peintre le portrait de Thersitf, qnemadmodum in secundd iliaae versibiis ab Homero deseribiliir , en ne laissant rien omettre des traits <jue lui donne le poète grec. Le peintre le servit à merveille, et Belurger mettait un très-grand prix h ce tableau. Son amour pour Homère fut porté encore plus loin : il voulut voir par lui-même campos itbi l'rojà fuit , et visiter tons les endroits, dont parle le poète grec. En conséquence, il plaça ce qu’il avait chez les chartreux , moyennant une rente viagère de centeni ac quingeni aurei qu’ils s-’obligèrent de- lui faire passer partout oii il serait. Cela fait, il part de Paris à l’Age de 5o ans, bien déterminé à n’y revenir reprendre l’enseignenicut , qn’après avoir visité toute la Grèce et en avoir dressé une carte bien détaillée. S’étant mis en route avec plus d’ardeur que s’il fût ]>arti pour la Terre-Sainte , il arriva k Rome, où il fut bien reçu de l’ambassadeur de France et des savans , mii le comblèrent d’honnêtetés. Ilaloux d’y laisser des traces de son savoir, il célébra dans un poème grec ( qu’il traduisit aussi eu latin) les noces

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