‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 95 sur 314 · BRI · texte numérisé non relu

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qu’il se proposait de donner une nouvelle édition , avec la traduction française, du |)oéine deGerr main Brice, contenant plus de six cents vers , intitulé : llervaïus, scu Cordigera' navis eonjlagratio, imprimé à Paris , chez Radius Asceusius, en i5i3. Le ])oëte y célèbre en beaux vers le trait de l’amiral llervée , qui ayant été ^verti que l’Aiigleterre faisait sortir de ses ports une escadre, qui menaçait d’une descente en Bretagne , malgré la paix t|u’elle venait deconclure avec la France, ne chercha jjointa fuir des forces supérieures; s’étant aperçu que le feu prenait à son vaisseau , la Cordière , il n’en fut point épouvanté , et mit sous le vent l’ennemi , afin qu’il éprouvât à son tour les horreurs d’une flamme dévo- 1 rante. Le vaisseau d’ilervée sauta en l’air avec son équipage, l’ami- • ral anglais ne tarda pas à en faire au tan t. Voilà une des actions dont on aimera trouver lé récit dans un dictionnaire historique.

BRIGNON(leP.), jésuite. M. P., dans ses Mémoires ecclésiastiques, cite les traductions de Y Imitation et du Combat spirituel par le P.

Brignon. Tout le monde l’entend, parce que ces ouvrages sont généralement connus ; mais peuton lecomprendre, lors(|u’il ajoute sèchement que le P. Brignon a aussi traduit la Guide .spirituelle?

En effet peu de jiersonnes savent que la Guide spirituelle est un ouvrage du P. Diqiont, jjsuile espagnol ; et il est facile de Je * confondre avec la Guide des vé- % cheitrs , traduite de l’espagnol du P. de Grenade, ou plutôt encorç avec Y Introduction à la guide spirituelle du fameux Molinos^

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ÈRIZWOOD (Edouard), nom dénaturé , et d’ailleurs double emploi dans le dictionnaire de MM. Chaudon et Delandine ,• ainsi que dans celui de l’abbé de Relier. Le nom véritable est Brk-

RÉWOOD.

BRISSOT (Pierre). La Biographie universelle, dans la partie bibliographique de cet article, dit qu’on a attribué à Brissot, comme premières et singulières productions de sa plume, la Théorie du vol et V Apologie du vol.

Pour un obj^t de celte importance, il était convenable de citer le vrai titre de l’ouvrage ; et cela était d’autant plus aisé , que l’auteur l’a reproduit dans le vi” volume de sa liibliolherjue fijulosophique du législaicur ; son titre est conçu en ces termes : Recherthes philosophiques sur le droit de propriété et sur le vol, considérés dans la nature et dans la société. Ces rechercTies ont 8o paes; l’auteur, convient que, si ans la nature cliacuq a droit à tout, dans la société l’homme sans biens n’a droit à rien. Cependant il avance plusieurs pro-

fiitions très-imprudentes. Cet vrage avait été imprimé séparément eu 1780, mais à un petit nombre d’exemplaires. On eu trouve une excellente réfutation ^ par M. Morellet, dans le Journal de Paris de inai-s 1792 , cl dans le tome III* des Mélanges de littérature de cet auteur.

f BROCARD, voyageur du treizième siècle, très-connu par l’ouvrage intitulé : ( Brocardi , alemanni , ordinis Pnedicalorum J, veridica terra' Sauciœ regionumque Jïnitimarum ac in eis

r.RO i5i

mirabilium descriplio nusquùin antehàc impressa ( cura et studio J. Hosl de Romberch , Kyrspensis et Chrjrsostomi Jave.lli Casalensis, ordinis Prœdicalojvm snetiis , J. Tacuinus de Tridino, iSiq, in-8”, caractère de-

mi-çoth L’exemplaire que je

possédé de cette édition très-rare, vient de la bibliothèque de M.

Chardon de la Rochelle. Brocard a écrit du style le plus simple le récit de ses voyages, ce qui%i porté plusieurs copistes à le mettre en meilleur latin. Nos dictionnaires historiques ne nous avaient présenté jusqu’à ce jour que des détails vagues et inexacts sur ce voyageur. On en trouve de trèscurieux dans la Biographie universelle; mais il y a beaucoup d’erreurs ou au moins de négligences dans l’indication des éditions du voyage à laTerre Sainte.

Les auteurs de cet article eussent

Su se contenter de traduire et 'abréger celui qui a été consacré à Brocard par le P. Echard , dans le tome premier des Svriptorcs ordinis Prœdicaloruin , pag. Sqi.

On peut distinguef quatre csèces d’éditions du voyage de rocard. La première se trouve dans le livre intitulé: Rudimenlum noviiionim. Lubec, ,

2 vol. in-fol. Voy. leMom. premier, sur la fin. Cet ouvrage doit être considéré comme une compilation historique , dont l’au teun est inconnu. On l’a attribué à Jean' Colqàiie, doqiinicain; niais suivant 1^. Echard, l’ouvrage de cet auteur est resté manuscrit.

On l’a donné à notre Brocard; mais cela n’a pu venir que de l’insertion faite dans cette compilation du A’oyage a la terre Sainte.

Quoi qu’il en soit, il existe une

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traduction française du Rudimentiim TWi’ilion/nt. Paris, i488 ou i536, 2 vol. iu-fol. Celle dernière cdilioii a été conlinuéc ius(|u’au règne de François premier. On fronvc dans les deux éditions, la traduction française du Voyage à la Terre Sainte. Le texte latin du Voyage, dans le Rudimenlinn novitionim , est confornie an manuscrit du college de Marie-Magdelaiiie , à Oxfort, dont le P.

Kcliard»à copié le comiuenccnieut et la fin. Le P. Ecliard ne parle pas de celle édition.

La Vt-ridicn Terræ Sanctæ....

dcscripiio forme la souche

de la seconde espèce d’éditions; elle a clé imprimée d’après les manu.scrits les plus complets, et semble présenter le véritable travail de Brocard. On l’a reproduite à Magdebourg en i587 , in-4“, avec Fitinéraire de Jérusalem, parSalignac.

La troisième espèce d’éditions parut d’abord sous ce titre : Lo—

. coriim Tvrrœ Sanctæ r.xaciissima descrijitw , auctore F. Brotardo mnnacho. Anlverpiæ, J. Stehius, i53G, iu-8“f réimprimée avec lo traité de Gaspard Peucer De dimensione terræ , Fitteùerffœ , i554, in-8", et dans le Favus orbis de Grinæns. Dasilcœ, vel 1 557, itjj’fol. J. Le Clerc a suivi aussi cette édition , dans la réimpression que renferme son Ono~ masticoft urbium etlocomm Snnetœ Scripturæ. Awstelodtimi , 1707, in-fol. On trouvtencore le même texte dans l’édilimi publiée à Cologneen 1624, in-8", parles soins de Philipjte Bosquier , franciscain. Cet éditeur a ajouté au nom de Brocard le prénom de Bonavenlnre, qu’il n’a jamais porté , et qui est celui d’un cordclier

qui vivait dans le seizième siècîe.'

Dans cette série d’éditions, le texte de celle de Venise a subi les plus grandes métamorphoses; .

quelques faits et plusieurs miracles ont été supjn-imés. ,

Les Lectiones antù/uœàc Canisius pré.sentent encore un autre texte. Jngolstadii , 1604, in-.j“.

L’inconnu qui l’a rédige, paraît s’être exercé à écrire à l’occasion du voyage de Brocard; il dénature des faits, il en supprime, il se permet des transpositions.

En lisant la Biographie universelle, on n’a aucune idée de ces quatre espèces d’édftions. Voilà cependant ce que l’on cherche dans ces sortes d’ouvrages, qui doivent épargner la peine de recourir à d’autres. •

f BROCHARD (Michel), professeur d’humanités au collège Mazarin, acquit quelque célébrité par son érudition philologique et par ses conu^ssauces bibliographiques. Il mourut en 1729, laissant une bibliothèque composée de livrés bien choisis et bien conditionnés, dont le catalogue, dressé par lui-même, a été publié par le célèbre Martin.

Brochard, par son zèle et par s* lumières, contribua aussi à la formation de quelques bibliothèques ([ui ont eu delà renommée, entr’autres , de celle deM. Dufay, capitaine aux Gardes, mort en 1725. La malignitq a répandu que le professeur Brochard avait toujours dans son cabinet de bons ouvrages doubles ou triples, au service de scs amis, et dont il voulait bien se défaire en leur faveur. On ajoute que c’est par de semblables générosités, qu’il trouva le moyen de se former un

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des plus riches et des plus nombreux cabinets de livres qu’il y eût à Paris. Sl'ces bruits sont fonde’s, ils font honneur aux riches amateurs qui ont mis leur confiance dans l’abbé Brochard ; car sans doute ils n’ignoraient pas le parti avantageux qu’il tirait de ses ouvrages doubles : cette manière d’encourager les lettres eu vaut bien une autre , et ne déshpnore pas celui qui eu est l’objel. Nous avons vu de nos jours un amateur de livres très-distingué se former également une très-riche bibliothèque, en vendant successivement son cabinet en tout ou en partie à des amis favorisés des dons de la fortune.

On doit à l’abbé Brochard,

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