‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 102 sur 152 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

marche suivie par tous les Théologiens Catholiques sans exception. Il ne s’agit pas ici de plusieurs , il faut les absoudre tous ou les condamner tous. Mais pourquoi donc les condamner ? Qu’est-ce que cette méthode présente de répréhensible ? « Si quelqu’un , dit Bossuet ,

» reçoit l’Écriture, par l’Écriture je lui prouverai » l'Église; qu’il reconnaisse l’Église, par l’Église » je lui prouverai l’Écriture. » - •

Mais c’est par l’autorité de l’Église qu’il faut • commencer. — Je conviens que c’est là l’ordre naturel , et que ceux qui ont le bonheur de naître et d’élre élevés dans le sein de l’Église Catholique n’en peuvent point suivre d’îuitre. « Le » bonheur de ceux qui naissent, pour ainsi dire ,

» dans le sein de la vraie Église , c’est que Dieu » lui ait donné une telle autorité, qu’on croit » d’abord ce qu’elle propose, et que la foi pré- » cède , ou plutôt exclut l’examen. » ( Bossuet, Réflexions sur un écrit de M. Claude. ) Celui qui a été élevé dans la maison paternelle et par les soins de ceux qui lui ont donné le jour , a appris à respecter ses parens et à leur obéir , avant de savoir que c’était pour lui un devoir. Mais s’il y a des hommes qui ne connaissent pas l’Église , ou qui méconnaissent son autorité , il faut bien , pour les ramener à la vérité et les convaincre , leur prouver cette autorité à laquelle ils doivent se soumettre ; et si l’adversaire que l’on combat admet la divinité des

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a58 EXAMEN d’un ouvrage , ETC.

Ecritures, peut-on employer contre lui un moyen plus efficace que cette Écriture dont il avoue l’autorité ? De tout temps on a reconnu la légitimité de cette manière de procéder ; toujours on a cru qu’on ne pouvait mieux réfuter un a<lversaire ni le convaincre plus efficacement , s’il est de bonne foi , ou dans le cas contraire , l’humilier plus sûrement et le forcer plus inévitablement à se contredire , qu’en le combattant par les principes qu’il admet. J’ose dire que Notre Seigneur lui-raéme a autorisé par son exemple cette manière de procéder contre les incrédules. Il n’avait sans doute besoin d’aucun témoignage étranger pour prouver sa mission ; .ses propres œuvres en étaient la démonstration la plus éclatante , la plus irrécusable. (0 « Ipsa » opéra quœ ego fado teslimoniiun perhibent » de me , quia Pater misit me. » ( Joan. v. 36. ) Et les Juifs n’avaierit aucune excuse dans leur incrédulité. « Nunc autem excusationem non » habent de peccato suo. » ( ibid. xv. aa.) La divinité des livres de l’Ancien Testament n’était pas mieux attestée que la mission de Jésus-Christ, et s’ils ne croyaient pas à cette mission divine si bien établie par des œuvres qui ne pouvaient avoir que Dieu pour auteur , ils n’avaient plus de fondement solide de croire aux livres qu’ils

(i) ■ Les ccuTrcfl que je fais reudeut làmoiguagc que j'ai élé • cuToy^ par mon Père, ■

(a) • Ils u'onl point d’excuse dans leur pêché. •

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