‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 104 sur 152 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

cre : d’autant plus que le divin fondateur de notre Religion lui-même et ses Apôtres ont employé ces sortes de preuves , comme je l’ai montré et comme il serait aisé de le faire voir par un grand nombre d’autres exemples.

L’Auteur ne voidant pas qu’on prouve aux Pro tes tans l’autorité de l’Église par l’Écriturc- Sainte qu’ils admettent , réduit toute la preuve qu’on doit employer contre eux à cette disjonctive : Ou vous croirez à V autorité de l’Église , ou vous serez Sceptiques en matière de Christianisme. J’ai le malheur de sentir rarement la force des raisonnemens de l’Auteur , et celui-ci me parait fort défectueux. croyance de l’Église Catholique appartenant à la foi et étant un article du Symbole , je conçois aisément que celui qui la nie ne peut plus avoir la foi divine d’aucun autre article ; car la foi est une vertu divine infuse , et pour la perdre il suffit d’un seul acte contraire. Mais s’ensuit-il que celui qui nie l’autorité de l’Église soit Sceptique à l’égard de toutes les vérités du Cliristianisrae ? Je ne le crois pas. La foi divine, outre l’assentiment de l’entendement aux vérités révélées , suppose aussi la soumission de la volonté. U y a un milieu entre la foi divine et le doute. Les démons n’ont point la foi divine et pourtant ils ne doutent pas. (0 a Dœmones credunt, et contrerniscunt. » Le Juif a cessé de croire à ses propres

(3) • Les démons croient , et ils tremblent. •

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livres d’une foi divine , mais il y croit encore d’une foi humaine , qui a aussi sa certitude. Beaucoup de vérités du Christianisme sont constatées (le manière que l’assentiment de l’entendement à ces vérités puisse avoir lieu , sans qu’il y ait cette disposition du cœur et de la volonté nécessaire pour obtenir la foi , qui est un don de Dieu. Je ne vois pas que celui qui ne veut pas croire l’Église, doute pour cela du premier article du Symbole, ou ne puisse y croire en tant qu’il est démontré à la raison. Je pense que si r.\uteur présentait son dilemme à un Protestant, celui-ci répondrait : Je ne crois pas à l’Église, et ne suis pas pour cela Sceptique en matière de Christianisme, car je crois un grand nombre de points que vous croyez vous-mérae. J’admets comme ayant une autorité divine le livre des Évangiles et bien d’autres livres que je crois comme vous contenir la parole de Dieu. Si j’avais affaire à ce Protestant , je croirais devoir lui dire ce que Notre Seigneur disait aux Juifs : Consultez donc ces divines Écritures , puisque vous croyezy avoir la vie éternelle , elles rendent témoignage à l’Église. Je l’engagerais à examiner ces témoignages avec moi , et si Dieu , bénissant ma bonne intention et coopérant à mon pieux dessein par sa grâce |)uissante , lui ouvrait l'esprit pour comprendre l’Écriture ( Luc. xxiv. 45- ) ; s’il se montrait persuadé, je croirais avoir gagné une ame à la vérité. L’Auteur n’est point de cet

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