‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 106 sur 152 · CHAPITRE HUITIÈME. •X’J l · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. •X’J l

P Avouez-vous , comme l’a enseigné de nos jours » votre célèbre Descartes , que chaque particu- » lier qui croit apercevoir clairement et dislinc- » tenient la vérité d’une proposition , doit tenir » cette proposition pour vraie , fût-il contredit » par tout le genre humain , et qu’il ne doit » admettre les croyances de tout le genre humain , » qu’autant qu’il en perçoit clairement et distinc- » tement la vérité.^ » {p. i55.) Je ne sais ce que Bossuet aurait répondu à cette singulière interpellation ; mais il aurait pu se contenter de répondre Non , et par ce monosyllabe il aurait prévenu deux pages de fausses conséquences que l’Auteur déduit d’une proposition fausse. Quoique je ne sois pas défenseur de Descartes et que je n’approuve pas tous ses principes Philosophiques , j’ai lu sa Philosophie , et la justice que l’on doit à tout le monde me force de dire qu’il n’a jamais avancé le principe que l’Auteur donne pour être le fondement de sa doctrine. C’est ici une question de fait : que M. G. cite le livre et le chapitre où il a pris cette proposition , et je conviendrai qu’il a raison ; que s’il n’est pas en état de le faire , il doit aussi convenir qu’il a tort. Mais, s’il ne s’est pas exprimé en ces termes, cette proposition est une suite nécessaire de ses principes. — Je ne crois pas que l’Auteur soit en état de le prouver ; et en tout cas , il y a de l’injustice à donner pour la doctrine d’un Auteur des conséquences qu’il n’avoue pas.

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Descartes n’a clone pas avancé la proposition qu’on lui prête ; et Bossuet , qui n’était point disciple de Descartes , mais qui admettait ceux de ses principes qu’il croyait vrais , aurait pu s’en tenir à une simple négation. Mais supposons qu’il eût voulu user de générosité, et que, pour ne pas arrêter trop brusquement la discussion , il eût laissé passer le principe , comme on dit dans les écojes , je crois qu’il ne lui aurait pas été difficile de montrer la fausseté des conséquences qui paraissent si évidentes à l’Auteur. «J’admets en conséquence, continue celui-ci, » qu'un individu qui croit voir clairement et J) distinctement dans la Bible la vérité de tel ou « dogme , doit le tenir pour vrai , fût-il contre- » dit par toute l’Église, et qu’il ne doit admettre » les croyances de l’Église qu’autant qu’il voit » clairement et distinctement qu’elles sont con- » formes à la Bible. »

Doucement , aurait pu dire Bossuet , voilà une logique nouvelle pour moi , et à laquelle je n’entends rien. Je ne vois aucune liaison entre le principe et la conséquence que vous en déduisez. Selon vous , le principe posé par Descartes est que celui qui croit apercevoir clairement et distinctement la vérité d’une proposition , la doit tenir pour vraie, fût-il contredit par le genre humain , et qu’il ne peut admettre pour vraie une proposition sur l’autorité du genre humain , s’il n’en perçoit clairement

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