CHAPITRE HDlTlfeME
et distinctement la vérité. Descartes n’a point avancé la proposition qu’on lui attribue , et je ne crois pas qu’on puisse la déduire de ses ouvrages ; mais eût-il établi ce principe ,, en bon Catiiolique il aurait repoussé la leonséquence qu’on en tire , et l’aurait^justement rejetée en bon Logicien pour trois raisons. Car i“ de ce que la raison d’un individu , en quelque cas , ne serait pas obligée de se soumettre à une autorité humaine, il ne s’ensuit nullement qu'elle puisse ne pas se soumettre aune autorité divine telle qu’est celle de l’Église. a° Les dogmes qui , strictement parlant, sont l’objet de notre foi , sont .au-dessus de notre raison , ainsi que l’enseigne saint Thomas , et par conséquent on ne peut supposer qu’un homme en voie clairement et distinctement la vérité. Par exemple , aucun homme ne peut voir clairement et distinctement la vérité du Mystère de la Sainte Trinité , de l’Incarnation , de la Transsubstantiation , etc. Si l’on voyait ces vérités, on en aurait la science et non la foi. Fue claire et foi sont en contradiction. L’Auteur en est convenu , et il le fallait bien, puisque saint Paul a dit : ^')<t Fides est » atgumenturn non apparentiian. » 3" Pour avoir par la Bible seule la certitude d’une vérité révélée , il faut d’abord être certain que la Bible contient la parole de Dieu; or que les livres qui
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composent la Bible contiennent la parole de Dieu sans aucun mélange d’erreurs , c’est ce qu’on ne peut voir clairement et distinctement, comme l’entendent les Cartésiens; car il est à remarquer que la vue claire et distincte dont parlent les Cartésiens est , de l’aveu de M. de La JMennais , une vue qui ôte jusqu’à la possibilité de douter. « Comment êtes-vous sûr que vous avez une » perception claire et distincte? Parce qu’il m’est jr impossible d’en douter. » Voyez M. de La Mennais dans son ingénieux Dialogue d'un fou et d'un Cartésien , ou plutôt de deux fous. )
, Il ne sert de rien à l’Auteur de dire que l’autorité de l’Église est contestée , et qu’aux yeux des Protestans les décisions de l’Église sont des décisions d’hommes faillibles ; car Bossuet lui répond : Elle est contestée , mais elle est infaillible ; elle est divine , et ne doit pas être contestée par des Chrétiens , puisque tous les Chrétiens disent : Je crois l'Église Catholique. Qu’on nous montre quelque titre semblable en faveur du consentement commun , et nous reconnaîtrons la parité. Il n’y a pas non plus de parité entre les mystères de la Philosophie dont la raison nous démontre l'existence, et les Mystères de la Religion que la Bible ne peut nous faire connaître certainement qu’autant que nous sommes certains que la Bible contient la parole de Dieu.
L’Auteur rapporte ensuite l’objection du ministre Claude qui prétendait qu’au temps de la