‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 109 sur 152 · CHAPITRE numi'ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE numi'ME

Bossuet, sentant qu’il nj avait rien à répliquer à ce qu’il avait dit sur le premier point tic la controverse , passa au second , et demanda au ministre , « Si un Fidèle qui recevait la pre- » mière fois des mains de l’Église l’Écriture-Sainte, » était obligé à douter et ensuite à examiner si » le livre qu’elle lui mettait en main était vérita- » blement inspiré de Dieu , ou non. Si ce Fidèle » examine et doute , il renonce à la foi , et il » commence la lecture de l’Évangile par un acte » d’infidélité ; et s’il ne doute pas , il reçoit donc » sans examen l’autorité de l’Église qui lui préj> sente l’Évangile. »

Le ministre qui comprit aussitôt la force de ce raisonnement et la difficulté d’y répondre solidement , donna d’abord en peu de mots une réponse sur laquelle on voit qu’il ne comptait ■pas beaucoup ; puis il essaya de tourner contre Bossuet lui-même et contre les Catholiques l’argument dont Bossuet s’était servi pour le combattre, afin d’en recevoir une réponse dont il pût tirer quelque avantage. « Je vous prie , Monsieur, » lui dit-il , que je vous fasse sur l’Église le » même argument que vous me faites sur l’Écri- » ture. I>e Fidèle à qui on propose l’autorité de » l’Église , ou il la croit sans examiner , ou il » en doute. S’il doute , il est infidèle ; s’il ne » doute pas , par quelle autre autorité est-il asj) suré ? L’autorité de l’Église est-ce une chose » évidente par elle-même , et ne faut-il pas la

aSu EXAMIlf d’o.x outrage, etc.

» trouver par quelque examen ? Voilà votre dif- » ficulté que vous avez à résoudre aussi bien » que moi : ou quittons-la tous deux , ou résol- » vons-la tous deux ensemble. Je vous déclare » pour moi, que je répondrai pour l’Écriture ce » que vous me répondrez pour l’Église. »

11 parait difficile de s’expliquer plus clairement (le part et d’autre. Bossuet avait proposé son objection avec une précision et une netteté parfaite ; et le ministre , qui se voyait dans l’impos- .sibilité d’y répondre d’une manière satisfaisante, la rétorqua avec force contre son adversaire. Il semblerait que pour faire bien saisir la suite de cette discussion, comme l’Auteur paraissait se le proposer , il eût été nécessaire de faire counaitre la réplique de Bossuet ; mais il a eu ses raisons pour n’en pas parler. Il paraît supposer (jue Bossuet ne répondit pas directement, et qu’il se contenta d’éluder le raisonnement de son adversaire , de sorte que celui-ci fut obligé d’insister pour forcer Bossuet à aborder la question sous son véritable point de vue. Là-dessus l’Auteur entre dans des explications dont on peut, je crois , contester la justesse. Selon lui , la force de l’argumentation de Bossuet dépendait d’un principe admis par M."'de Duras, et par conséquent n’avait qu’une valeur relative et non absolue. Cette assertion est fausse. Il y aurait eu dans cette manière de procéder quelque chose qui eût tenu de la ruse , de la surprise , et qui eût

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