‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 111 sur 152 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Bossuet pressait le ministre d’expliquer comment , dans les principes du Protestantisme , le Fidèle peut , sans passer par le doute , croire à l’Évangile , celui-ci demandait à son tour comment , dans les principes du Catholicisme , le Fidèle pouvait croire sans examen à l’Église ; et Bossuet répliquait que le Fidèle ayant reçu avec le baptême la foi infuse , il ne pouvait plus être question de savoir comment il croyait. Mais il suffit de rapporter la réponse et les paroles mêmes de Bossuet pour faire comprendre la suite de la discussion , beaucoup mieux que l’Auteur ne le peut par des explications étudiées et qui paraissent plus propres à embrouiller qu’à éclaircir la matière.

« Je vous entends , dit Bossuet ; mais avant » que je vous explique comment le Chrétien » croit à l’Église , il faut bien é^blir le fait » dont il s’agit. » Là dessus Bossuet établit et force le ministre de convenir que par le baptême l’enfant devient non-seulement Catéchumène , comme le ministre voulut d’abord le soutenir , mais Chrétien ; qu’il a en lui le Saint- Esprit et la foi infuse , et qu’ainsi les enfans , par la grâce du Saint-Esprit et par cette foi infuse qui est. en eux , sont en état de faire un acte de foi , lorsque la foi leur sera prêchée. » Je demande donc , ajoute le savant prélat , si » quand on leur montre l’Écriture reconnue par » toute l’Église pour parole inspirée de Dieu ,

a84 EXAsiKir d’uit odvrage , etc.

» ils ne sont pas en état de faire avec toute » l’Église cet acte de foi : Je crois que celle Écri- » tare esl la parole de Dieu , comme je crois » que Dieu est. » Claude ne voulut jamais avouer cela , et il soutint que l’enfant à qui l’on proposait riicriture-Sainte pour la première fois ne pouvait en avoir qu’une foi humaine ; pui» insistant sur sa rétorsion , il prétendit que Bossuet devait avouer la même chose de l’autorité de l’Église , que l’enfant ne pouvait croire que de foi humaine avant de la connaître par luimême. » Ainsi , dit-il , encore une fois , ce que » vous direz sur l’Église je lê dirai sur l’Écrip turc. Voyons , Monsieur , reprit Bossuet ; si P vous le direz ou si vous aurez raison de le P dire, p Avouons que cette manière de procéder ne montre pas que Bossuet ait cherché à éluder la difficulté , ou qu’il ait envisagé la question sous un point de vue différent de celui de son adversaire. Il commence par prendre acte de l’aveu que fait le ministre que , dans les principes du Protestantisme , le Chrétien baptisé qui n’a pas la ou entendu lire l’Écritiire-Sainte n’est pas en état de faire un acte de foi sur sa vérité , puis il continue. '

« Voilà un terrible inconvénient , qu’un Fip dèle ne puisse pas faire un acte de foi si essenp tiel. Cela n’est point parmi nous ; car le Fip dèle qui reçoit l’Écriture-Sainte des mains de P l’Eglise , fait avec toute l’Église cet acte de

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