CHAPITRE HUITIÈME
>> l’usage de la raison et où il peut faire un „ acte de foi. Par où commencera-t-il , si ce » n’est par où on a commencé de l’instruire ? » Il croit donc l’Église universelle , avant de
» croire l’Écriture C’est elle qui lui propose
» l’Écrit^re-Sainte , puisqu’il a cru l’Église de- » vant que d’ouïr l’Écriture ; puisqu’en ouvrant » l’Écriture , il est en état de dire : Je crois celte » Écriture , comme je crois que Dieu est. Vous )) dites qu’il ne peut pas faire cet acte de foi ; ■» il n’est donc pas Fidèle, et son Baptême ne » lui sert de rien. Il faut Vinstruire comme un » Infidèle.... Il faut que le Chrétien puisse d’a- » bord faire un acte de foi sur l’Écriture que » l’Église lui propose ; il faut par conséquent M qu’il croie que l’Église ne le trompe pas en » lui donnant cette Écriture. Comme il reçoit >5 d’elle l’Écriture , il en reçoit de même l’inter- » prétation ; et elle ne domine pas plus sur les >3 consciences en obligeant ses enfans à croire » ses interprétations sans examiner , qu’elle n’y » domine en les obligeant à croire sans exami- » ner l’Écriture même. »
Le ministre prétendit que l’argument de Bossuet était de' telle nature , que chacun en pouvait faire usage en faveur de son Église.
« Iæs Grecs , dit -il , les Arméniens , les Éthio- » piens , nous-mêmes que vous croyez dans l’er- » reur , nous sommes néaumoins baptisés ; nous » avons parle Baptême , et le Saint-Esprit , et cette
ago ixAMEjr d'üw ouvrage , rrc.
U foi infuse dont vous venez de parler. Chacun J) de nous a reçu l’Écriture-Sainte de l'Église où » il a été baptisé; chacun la croit la vraie Église » énoncée dans le Symbole ; et dans les com- » niencemens on n’en connaît même pas d'aii- » tre. Que si , comme nous avons reçu sans » examiner l’Écriture-Sainte de la main de cette » Église où nous sommes , il nous en faut aussi , » comme vous dites , recevoir à l’aveugle toutes » les interprétations , c’est un argument pour » conclure que chacun doit demeurer comme » il est , et que toute Religion est bonne. » Bossuet reconnaît que c’est ce qui se pouvait objecter de plus fort , et il convient qu’il avait affaire à un homme qui écoutait patiemment, qui parlait avec netteté et avec force , et qui enfin poussait les difficultés aux dernières précisions. Notre Auteur prétend que c’est par cette dernière objection que le ministre fit sentir à Bossuet qu’il fallait nécessairement envisager la difficulté sous le point de vue Philosophique , si l’on voulait traiter à fond et d’une manière absolue la question du Protestantisme. Le compte fidèle que j’ai rendu de la dispute met le lecteur en état de prononcer sur la justesse de cette observation, ün a vu , je crois , que les deux antagonistes ont constamment envisagé la question sous le même point de vue , et que Bossuet répondit directement aux difficultés proposées par son adversaire ; il résolut égale-