‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 115 sur 152 · CHAPITRE HUITIÈME. agS · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. agS

Je crois V Écriture-Sainte. C’est là une différence bien manifeste ; car on peut croire l’Église sans savoir qu’il existe une Écriture-Sainte. I.ors donc que l’Église lui présente l’Écriture , il faut de toute nécessité qu’il reçoive cette Écriture comme divine , ou qu’il cesse de croire l’Église' qui la lui présente ; mais lorsqu’on lui parle de l’Église , il ne peut y avoir aucune difficulté , puisqu’il a toujours cru l’Église. Én un mot on montre au Protestant un moment où il ne croit pas encore l’Écriture. Il faudrait donc, pour que la rétorsion du ministre fût fondée, qu’on pût aussi assigner un moment où le Catholique ne croit pas à l’Église ; ce qui est impossible. Il est vrai que Claude demandait aussi comment les Catholiques croyaient l’Église sans examiner ; mais Bossuet lui répondit avec raison que ce n’était pas là . la question , puisque le ministre lui-même était obligé d’admettre que les enfans , recevant par le baptême la foi infuse , croyaient l’Église Catholique , comme ils Croyaient au Père , au Fila^ et au Saint-Esprit ,, et que c’était le Saint-Esprit qui leur mettait dans le cœur l’acte de foi par lequel ils croyaient tous les articles du Symbole. « C’est donc en » vain , dit Bossuet, que M. Claude nous répond » qu’il nous fera pour l’Eglise le même argu- B ment que nous lui faisons pour l’Ecriture ; j> car il faudrait pour cela que, comme nous, lui » montrons un certain point qui même dans

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» l’usage de la raison précède nécessairement la » lecture de l’Écriture , il pût aussi nous en » montrer un qui précédât les enseignemens de » l’Église. Mais c’est ce qu’il ne trouvera jamais. 1) Quoiqu’il fasse , nous lui marquerons toujours » avant la lecture de l’Écriture un certain point, » qui est celui où l’Église nous la met en main ; » mais avant l’Eglise il n’y a rien , elle prévient » tous nos doutes par ses instructions. » Cette doctrine de Bossuet n’a certainement pas besoin de justilication ; mais comme on ne la comprend pas , ou qu’on fait semblant de ne pas la comprendre , il ne sera pas hors de propos de lui donner quelque développement.

La foi du Chrétien est divine, non-seulement dans son objet , mais aussi dans son principe. C’est Dieu seul qui la met dans le cœur de l’homme. Vouloir lui assigner un principe humain , c’est ignorer sa nature ; et placer ce principe dans la raison générale , si par raison générale on entend autre chose que Dieu lui-même, est tout aussi absurde que de le placer dans la raison individuelle, puisque la raison générale, eu supposant ce mot synonyme de raison humaine, ne peut jamais être une autorité divine. La raison peut bien conduire ou disposer l'homme à -la foi, mais jamais la lui donner. Elle n’est même nécessaire , pour acquérir la foi , qu’à l’homme adulte , qui ne la possède pas encore ; et c’est avec beaucoup de justesse que Bossuet fait ob-

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