‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 118 sur 152 · CHA.P1TRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHA.P1TRE HUITIÈME

» l’Auteur , de prouver par les aveux du minis- » tre que la méthode protestante détruisait la » notion du Christianisme universellement ad- » mise, et il obtint en effet ces aveux. » Il parait qu’on ne pouvait pas raisonnablement exiger davantage de lui , et que c’eût été perdre le temps que de discourir sur des matières qui n’étaient pas en question. On voit, en lisant la Relation , combien Bossuet tenait à ne pas divaguer sur des questions étrangères au sujet de la conférence. Pour obtenir ces aveux du ministre , il dut prouver deux choses : la première, que la méthode Protestante conduit à douter des vérités de la foi ; la seconde , que la méthode Catholique ne conduit pas à ce résultat ; car si la méthode Catholique conduisait au même résultat , il est clair qu’il n’auralt rien prouvé contre la méthode Protestante, et le ministre n’aurait pas manqué de le faire observer. AY la controverse, dit l’Auteur conclue pour AI."’ de

Duras , elle ne le fut pas à l'égard du ministre. Veut-il dire que le ministre ne se rendit pas et n’abjura pas ses erreurs , comme fit M.“* de Duras ? il a raison. Mais s’il entend que le ministre avait de bonnes raisons à opposer à ce qu’avait dit Bossuet , je ne puis pas être de son avis. En effet , s’il avait eu de bonnes raisons , qui l’empêchait de les donner ? Il publia une Relation de la conférence , dans laquelle il essaya de se donner la supériorité sur son adversaire , mais

3o4 KXAMEN d’üX ouvrage , ETC.

cette tentative lui réussit assez mal ; Bossuet réfuta cette Relation , et démontra que telle qu’elle était , et malgré toute l’adresse que le ministre y avait mise , elle contenait l’aveu de sa défaite.

Je dirai aussi que l’Auteur, tout en s’efforçant d’atténuer le triomphe de Bossuet , est obligé de convenir qu’il fut complet. En effet , il doit avouer, premièrement, que la notion du Christianisme qui était communément reçue du temps de Bossuet est la véritable notion; secondement, que les argumens qui prouvaient alors que la méthode Protestante détruisait cette notion doivent prouver la même chose encore aujourd’hui; car si la méthode Protestante a varié, ce n’est pas en se rapprochant de la méthode Catholique. Le système Protestant , <lit-on , a marché , les idées Chrétiennes ont singulièrement baissé dans la Réforme. A la bonne heure , je n’ai garde de contester là-dessns , mais je dirai, comme Bossuet , que ce n’est pas la question. La marche du système Protestant , les idées moins Chrétiennes de la Réforme , ne rendent sans doute pas plus facile la conciliation de la méthode Protestante avec la notion du Christianisme ; et si Bossuet a prouvé que la méthode Protestante détruisait la notion du Christianisme, cela doit rester prouvé tant que la notion du Christianisme ne changera pas, tant que la vérité restera vérité. Or la vérité prouvée réfute toutes les erreurs

Page 1