‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 120 sur 152 · CHAPITRE HCmÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HCmÈME

enfance parvient à croire raisonnablement à l’Eglise. Jé dois faire voir que Bossuet a trèsbien saisi cette question et qu’il l’a suffisam^ ment résolue.

a C’est une erreur , dit-il , de s’imaginer qu’il » faille toujours examiner avant de croire. » Si nous croyons l’Auteur (^p. i83. ), l’Evèque du Puy ne fit pas difficulté d’accorder à son adversaire que r enfant doit raisonner avant de croire , que l’acte de foi dans l’enfant même est précédé par un jugement sur les motifs de crédibilité, lequel ne se forme qu après un mûr et suffisant examen. J’avoue que j’ai peine à croire que l’Évéque da Puy ait fait ces concessions ; l’assertion et les citations des pages de l’Auteur ne me rassurent pas entièrement , je n’ai que trop d’exemples qu’il ne saisit pas toujours exactement le sens des passages qu’il cite. Quoi qu’il en soit , si l’Évêque du Puy a fait les concessions qu’on lui attribue , je n’hésiterai pas à reconnaître qu’en cela il s’est écarté visiblement , je ne dis pas seulement de la doctrine de l’Évéque de Meaux , mais de celle de l’Eglise Catholique qui enseigne que les Chrétiens reçoivent dans le Baptême le Saint-Esprit et là foi infuse , et « qu’ils sont, par la grâce du Saint-Esprit et ■n par la foi infuse , en état de faire un acte de » foi quand la foi leur sera préchée. » Si un Evêque avait enseigné une autre doctrine , une voix unanime se serait élevée contre lui dans

3t4 EXAMEIT d’uIT OUVRAGE , ETC.

toute l’Eglise Catholique. Or cet Evêque ne craint pas de dire publiquement que a les prin- » cipes de la Religion et la conduite de l’Eglise » Catholique n’avaient rien (|e contraire à ce » qu’il avait avancé avec tous les Théologiens , et » sans avoir été contredit par aucun Catholique, » sur l’usage nécessaire de la raison dans le dis- » cernement des motifs de crédibilité. » Je ne puis donc m’empêcher de croire que l’Auteur s’est trompé ou qu’il a mal saisi le sens des paroles de l’Evêque du Puy.

Le Chrétien ayant reçu par le Baptême, avec le Saint-Esprit , la foi infuse, et le premier acte de cette foi étant , comme l’a dit Bossuet , de croire avec le Père et le Fils et le Saint-Esprit, l’Eglise Catholique , il ne peut plus être question de savoir comment le Chrétien acquiert cette foi ; car on n’a pas besoin d’acquérir ce qu’on a reçu , ce qu’on possède déjà. L’unique question que l’on puisse raisonnablement faire est donc comment cette foi infuse , et déjà existante dans le cœur de l’enfant , s’y développe et devient une foi éclairée et raisonnable. Or il serait évidemment absurde de supposer que, pour se développer , la foi doive commencer par se perdre , ce qui arriverait si l’enfant tlevait jamais douter de cette foi que le Saint- Esprit a mise en lui. La foi et la raison existent simultanément dans l’ame de l’enfant , elles se développent simultanément et dans un accord

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