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et la foi infuse, laquelle lui fait croire , avec le Père , le Fils et le Saint-Esprit , l’Eglise Catholique ; que cette foi se développe en lui en même temps que la raison , qu’elle ne peut jamais cesser ni demeurer suspendue , parce que les motifs de croire , toujours souverainement raisonnables , sont présentés à sa raison à mesure qu’elle est en état de les discerner. De quelle manière cela se fait-il ? c’est, dit Bossuet, le secret du Saint-Esprit. Mais nous ne devons pas oublier que , de tous les motifs de croire , le plus puissant est cet attrait intérieur de la grâce, qui n’agit jamais plus fortement que dans l’arae innocente qui n’y oppose aucune résistance. La foi infuse qui , dans l’enfant est un sentiment, avant de pouvoir être un jugement , n’est point oisive dans son ame ; elle y agit en deux manières , en le portant à croire ce qui doit être cru et à repousser ce qui est contraire à la foi. (*) « Fidei habitus infusas in » duobus nos adjuvat ; scilicet ut credamus ea » quœ credenda sunt , et ut eis quæ non sunt » credenda nullo modo assentiarnur. » ( S. Th. 3. d. a3. q. 3. art. 3. sol. a. o. ) J’ajouterai, si l’on veut, sans crainte d’étre contredit par les Théologiens , que celui qui est l’Auteur de l’intelli-
(3) a L'habilude infuse de la fui nous assiste en deux points , a d'abord pour que nous croyions ce qui doit être cru , et ensuite • pour que nous n'acquiescioiu en aucune sorte A ce qui ne > doit pas être cru. •
3aO EXA1IF.!T d’dX ouvrage , ETC.
gence et de la foi sait bien concilier l’une avec l’autre ; que ces deux principes divins ne peuvent jamais être en contradiction ; que la seule malice de l’homme le met en opposition avec Fune et l'autre ; que la foi rerue dans Famé par l’opération du Saint-Esprit s’y conserve par le même principe , et qu’elle ne peut se perdre que par une résistance positive à la grâce , par un acte de rébellion de la volonté , résistance et rébellion dont la candeur de son âge tient l’enfant plus éloigné que l’adulte ; en&n , que l’on peut comparer la foi surnaturelle qui unit l’enfant à Dieu , à l’amour naturel qui l’unit à ses parens. L’enfant aime son père et sa mère avant de savoir que c’est un devoir de les aimer ; son amour se développe avec sa raison , et à mesure qu’il devient en état de concevoir les choses , il apprend à connaître combien cet amour est fondé sur la l aison et sur la nature , sans être pour cela obligé de le suspendre ou d’en douter un seul instant. Il ne j>eut pas être plus obligé de tenir sa foi en suspens , puisque sa raison , tant qu’elle n’est pas égarée par la corruption du cœur , ne peut que lui découvrir des motifs qui le confirment dans la croyance qu’il tient du Saint-Esprit.
Je le demande à la conscience du lecteur , si ce n’est pas là répondre directement à la question , Comment croit-on à V Église Catholique , ou, Comment a-t-on la foi ? Que l’on essaie , si
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l’on veut , démontrer que cette réponse est insuffisante ; mais qu’on ne dise pas qu’elle n’atteint pas la difficulté. On dira , peut-être, qu’elle s’accorde mal avec le principe Cartésien ; je ne sais, mais que m’importe ? Tout ce que je demande, c’est qu’elle s’accorde avec les principes Catholiques, et j’en suis assuré. Je ne puis trop le répéter, je n’ai point pris la plume pour la défense du Cartésianisme, mais pour la défense des Théologiens inculpés avec tant d'imprudence et d’injustice , qu’on serait tenté de croire que leur accusateur ne les a pas lus , ne les connaît pas. La question entre Bossuet et le ministre Claude, entre les Protestans et l’Eglise Catholi(pie , n’a jamais été de concilier le principe de Descartes avec les principes de l’Eglise, puisqu’il n’y a pas le moindre doute que c’est par les principes Catholiques qu’il faut juger du principe de Descartes , et nullement par le principede Descartes qu’il faut juger les principes Catholiques. Mais si l’Auteur ne peut pas produire un seul Théologien Catholique qui rejette l’e.\plication que je viens de donner , il sera forcé d’avouer de deux choses l’une , ou bien qu’il a accusé faussement les Théologiens Catholiques d’avoir introduit le Cartésianisme dans la Théologie, ou que le Cartésien Bossuet et les autres Théologiens entendent les principes de Descartes tout autrement que liii , ^t qu’à l’uniqua
3ii KXAME.v n’urr oityrage , etc.
ilifficulté que les Théologiens aient à résoudre, il a substitué une difficulté imaginaire.
En effet , les expressions de souveraineté , d’infaillibilité de la raison individuelle , de droit d’admettre ou de rejeter la vérité, de ne croire qu’à soi , de ne reconnaître pour vrai que ce qui est démontré à la raison de chaque individu , etc. dans l’application qu’en font les Réformateurs de renseignement , ne sont que des épouvantails dont ils font usage pour jeter la terreur dans les âmes timorées et les prévenir contre ceux qui rejettent le nouveau système qu’ils veulent introduire à tout prix. Qu’on se rassure : jamais aucun Théologien Catholique n’a enseigné que la raison individuelle soit souveraine ou infaillible , qu’elle ait le droit de rejeter la vérité, qu’elle ne doive admettre que ce qu’elle comprend ou ce qui est démontré pour elle. Quiconque enseigne une telle doctrine n’est point Catholique ; ce n’est donc qu’en les calomniant que les partisans du iibuvcau système peuvent l’attribuer indistinctement à tous ceux qui n’admettent pas leur unique principe de certitude. Il est bien vrai que saint .Augustin , saint Thomas , tous les sa'uits Pères et tous les Théologiens donnent à la raison individuelle (car il n’en connaissent pas qui ne soit individuelle ) beaucoup plus que nos Réformateurs ne veulent lui accorder ; mais la question est précisément de savoir s’il faut eu
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croire les nouveaux Docteurs préférablement aux anciens.
Au reste, leur censure s’étend plus loin qu’ils ne le voudraient eux-mêmes , car en condamnant l’examen de la raison individuelle , ils condamnent la pratique de l’Église , laquelle non-seulement ne le condamne pas , mais le conseille et l’exige en plusieurs occasions. Bien assurée que la raison et la foi , ayant toutes deux Dieu pour auteur, ne peuvent jamais être en contradiction , elle n’a jamais interdit à ses enfans le droit naturel d’user librement de leur raison et d’examiner les vérités qu’elle leur enseigne ; l’assertion contraire est une calomnie des Protestans. Elle se contente de prescrire les règles qu’ils doivent suivre dans l’usage de ce droit. Elle interdit beaucoup moins l’examen aux étrangers qui veulent se rapprocher d’elle et qu’elle espère gagner à la vérité. Elle leur expose les titres qu’elle a à leur confiance et les invite à les vérifier , elle leur donne tout le temps qui leur est nécessaire pour s’instruire et se convaincre , et ne les admet dans son .sein que lorsqu’ils ont acquis une pleine conviction individuelle que c’est pour eux un devoir de s’y réfugier pour suivre la vérité. A cet effet , elle veut qu’on entre avec eux dans la discussion , qu’on réponde à leurs objections , à leurs raisonnemens , qu’on ne leur laisse aucun doute dans l’esprit. Elle regarde cet usage de la raison
3a4 EXAMt’f D’urr orvRAGP. , etg.
comme celui d’un droit naturel , qui ne peut avoir aucun inconvénient , si la bonne foi et le désir de connaître la vérité préside à cet examen. Celui qui doute , peut et doit examiner pour dissiper son incertitude ; et celui qui ne doute pas , peut encore examiner pour se confirmer dans sa croyance et se mettre en état d’instruire les autres et de les persuader. C’est une erreur de s’imaginer que le droit d’examiner suppose le droit de ne pas se soumettre à la vérité prouvée , ou bien celui de douter ou de suspendre une foi légitimement fondée. Ce prétendu droit ne serait autre que le droit d’agir en insensé , de n’étre pas raisonnable. Notre Seigneur invite les Juifs à chercher dans leurs livres les preuves de sa mission ; mais il ne reconnaît pas pour cela en eux le droit de ne pas se rendre à l’évidence de ces preuves , ou de celles qu’il y ajoutait, en faisant en leur présence des œuvres que nul autre n’avait faites. 11 invitait aussi ses Apôtres à se convaincre par leurs sens de la réalité de sa résurrection et de sa présence. « Regardez, » leur dit-il , mes mains et mes pieds , et recon- » naissez que c’est moi -même ; touchez-moi et » considérez qu’un esprit n’a ni chair ni os , » comme vous voyez que j’en ai.» (Luc.xxiv.Sq.) En parlant de la sorte , le divin Sauveur autorisait sans doute ses Disciples à examiner , mais il ne les autorisait pas pour cela à douter ou à suspendre leur foi sur ce dogme qu’il leur avait précédemment révélé.