‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 126 sur 152 · CHAPITRE HUITt?:MF · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITt?:MF

» ni sur le fondement de la raison natui elle , ni » sur celui du témoignage de la loi, ni sur celui « de la prédication , mais unicjuement sur le » fondement de la vérité même. » C’est-à-dire , qu’il croit, non à sa raison ou à la raison générale , mais à Dieu lui-méme. (•) Credidit Abraham Deo , et c’est Dieu qui lui met cette foi dans le cœur, enini donum est.

Cela étant incontestable , on voit que rien n’est plus facile que de répondre aux inductions de l’Auteur. i“ L’enfant peut et doit croire avant de comprendre des raisonnemens , parce que , ayant reçu la foi dans le Baptême, il lui est beaucoup plus facile de faire un acte de fui que de comprendre un raisonnement. a° Le principe qui , selon Bossuet et tous les Tbéologiens Catholiques , détermine V enfant à croire est la foi infuse qu’il a reçue dans le Baptême , et le Saint- Esprit qui opère en lui. En vertu de ce principe ^ l’enfant ne peut pas douter volontairement sans se rendre coupable d’infidélité et de résistance à la grâce intérieure qui le détermine à croire. Si l’on fait à l’enfant des raisonnemens relatifs à la foi qui soient à sa portée et vraiment convaincatis , rien ne l’empêdie d’y adhérer , il y est même excité par la foi qui est en lui. Mais cette foi déjà fondée sur le Saint-Esprit n’a nul-

(i) • Abraliam crut à la parole dé Dieu. *

(a) ■ Car c’eat un don de Dieu. >

3!Î6 EXAMEÏÏ d’un OtJVRAr.B», ETC.

lonledt besoin de se fonder sur res niisonneniéBs " démonstratifs-, qui peuvent tout au plus la ren*‘ dre plus éclairée. Si les raisuniieinens qu’on ini fait sont niamais, ou s'il ne les comprend pasÿ • il peut ne pas y adhérer sans que Ip.fondemont de sa foi eu soit ébranlé; la foi- jjiIjistHlée' ne* peut se pertlre que i>ar un acte délibère tle la . volonté , par une l'ésistance coupable au mouvement intérieur de la prâce. 3 ® Il nVxJStepour aucun r.lirétien aucune obligation de-^interdire un examen sage et prudent, dont lo>réspltat ne peut être cpie de lui montrer l’accord de la raison et de la foi ; mais il existe jjour tous les Chrétiens l'obligation de s’iuterdire gn examen présomptueux et téméraire ; cac. l’cfïèt . de cet examen j>ouirait être d’ébranler ou de détruire en eux la foi. 1-ailiu , il existe pour tous les Chrétiens une obligation de ne jamais douter volontairement de la foi , car celui qui doute devient Infidèle.

A la page 189, l’Auteur, supposant, à son ordinaire , comme un principe non contesté , que le Cartésianisme admis par les Théologiens à qui il lui plaît d’appliquer la dénomination de Cartésiens, n’est, comme le Protestantisme , que l’expression de la souveraineté de la raison individuelle, admet sans difficulté la légitimité de toutes les conclusions que les Protestans déduisent de cette prétendue identité de leur principe fondamental avec le principe du Cartésianisme.

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Kt dans .une note de la même page , il dit :

Il est à remarquer que ces Théologiens s’occu- » peut uniquement à repousSèir les attaques di- » rigées par des Catholiqifes Contre leur Pliilo- » Sophie , sans s’occuper’ aussi à repousser les a attaques dirig^'-es par les Protestant contre la » Religion Catholique , en vertu de oette même » Philosophie. » Je rae joins à l’AiUeur bien sincèrement pour déplorer le triste spectacle que donnent des Catholiques occupés à se combattre mutuellement, au lieu d’unir leurs efforts contre renneini commun. Mais qui donc est la cause de ce désordre ? Je prie l’Auteur de ne point s’offenser de la comparaison que je vais employer , uniquement pour faire sentir une triste vérité que je voudrais taire, mais que, au point où en sont venues les choses , il n’est plus permis de dissimuler. Deux armées ennemies en sont aux mains; au plus fort de la mêlée, le chef d’un corps de troupes, sous prétexte d’avoir imaginé un moyen plus décisif pour vaincre l’ennemi , tourne subitement ses armes contre l’armée dont il fait partie pour la forcer d’adopter son plan, et par cette diversion donne à l’ennemi commun un avantage dont celui-ci sait habilement profiter. Que fera cette armée ainsi attaquée par ceux memes dont elle attendait du secours ? N’est-il pas tout simple qu’elle fasse tous ses efforts pour repousser cette attaque imprévue , et peut-on s’étonner qu’elle semble un instant oublier son

318 EXAHEN n’üBf oi'vn.vr.F , ï:tc.

eiitiemi naturel pour se il»'-fen(lrc contre ceux ([ii’ellc regardait comme ses alliés ?

L’application est facile. Depuis trois siècles , les rhéologicns Catholiques combattaient cf>ntre les Protestans , et la plus grande union régnait entre eux dans cette guerre sacrée; ils suivaient tons la même méthode dans le combat , aussi bien avant qu’aprés f[ue Descartes eût ptd)lié sa Philosophie. I.’Kglise qui , sans doute , veille sur le déjx)t qui lui est confié, ne soupçonnait pas (pie des systèmes pernicieux, conduisant à F impiété et à F irréligion , comme on nous l’assure, dominassent dans ses écoles; que des Théologiens, des Prélats distingués, combattant ses ennemis , s’éloignassent de sa doctrine et de sa méthode. Tout-à-coup , un liomme d’un grand talent , fait peut-être plus qu’un autre pour prendre une part active dans la guerre sainte , an lieu de se tenir uni à ceux qui sont dans les mêmes rangs que lui, se croit appelé à les combattre , tourne ses armes contre eux ; il les accuse de traliir la vérité , de ne savoir pas combattre l’erreur. .Son génie lui gagne des parti.sans qui donnent naissance à une espèce de guerre civile dans l’Eglise Catholique. On en vient à prétendre que le célèbre Bossuet, si connu par ses combats contre les Protestans , et si loué par les Souverains Pontifes , n’a [las su répondre aux objections des Protestans ; cpie lui-même admettait le principe fondamental du Protestantisme,

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