‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 130 sur 152 · CHAPITRE nriTI^:i«E · texte numérisé non relu

CHAPITRE nriTI^:i«E

» savoir avant de connaître que Dieu existe , j’ai » protesté en termes exprès que je ne parlais » que de la science de ces conclusions , dont » nous pouvons conserver la mémoire lors » même que nous n’avons plus présens à l’eS- » prit les principes dont nous les avons dédui- » tes. Car la connaissance des principes n’est » point communément appelée science par les » Dialecticiens. Mais lorsque nous réfléchissons » que nous sommes des êtres pensans , c’est » une connaissance première que nous avons , » qui ne dérive d’aucun syllogisme ; et lorsque » quelqu’un dit : Je pense , donc je suis , ou » j'existe , ce n’est point là un syllogisme qui » lui fasse connaître son existence , c’est une » simple intuition de V esprit qui lui manifeste » cette existence comme une chose connue par » elle-même. »

En justifiant de la sorte Descartes , je ne ferai peut-être qu’aggraver ses torts aux yeux des partisans du nouveau système; mais je ne sais qu’y faire : je préfère la vérité à la justification de qui que ce soit , et c’est uniquement l’amour de la vérité qui m’a entraîné à faire voir que Descartes a dit précisément le contraire de ce

• cogitantei , prima quœdam notitia est quœ ex nuUo ^Uogismo m concladitur ; neque etlam fùm quls dictt , ego cogito . crgo »um ,

• eu$to , existentiam vx eogitatione per sjrllogismum dedu^

• cit , sed ianquam rem per se notam simplid mentis iniaitu

• agnoscit. • ( Resp. ad sec. ob). )

i5o EXAMEN d’üN orVEAGF. , ETC.

qu’on lui fait dire. Si c’e.st un tort de plus pour lui , je crois du moins qu’une fausse imputation ne fera jamais honneur à celui qui se la permet. Après tout , en affirmant que la certitude que nous avons par nous-mêmes de notre existence et de nos affections intimes est une certitude rationnelle et absolue , Descartes ne s’est pas rendu plus digne de censure que saint Augustin et saint Thomas qui , comme nous l'avons vu , ne pensaient pas autrement.

ÏXAMEN d’un OUVRAU.E , ETC. 35 I

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