‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 131 sur 152 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

De la doctrine d’autorité dans ses rapports avec la Foi depuis JÉsus-CnnisT.

«En suivant la méthode catholique , la foi à » l’Eglise n’est qu’une application du principe » général d'autorité , fondement de la certitude, » et il u’y a aucun autre moyen de concevoir » que cette foi soit possible. » {p. igy. )

Cette phrase est un peu obscure. On ne sait pas trop ce que l’Auteur entend par ybi à r Église , et on ne comprend guère mieux que cette foi ne soit possible que par l’application du principe général d’autorité. Les explications de l’Auteur ne me paraissent pas rendre ces choses plus claires. Il dit que , sans admettre le principe du Protestantisme , la raison primitive de croire à l'Église ne peut dépendre de la discussion des textes de la Bible ; que dans le système de la Philosophie individuelle , on est obligé de supposer que la foi dépend de cet examen ; mais que suivant la méthode d’autorité , la raison primitive de croire à l’Eglise u’est que le principe même de la raison humaine; qu’en un mot, le Chrétien croit à l’Église en vertu du seul principe par lequel il puisse croire quelque chose.

35a FXAMEN u’irw OUVRAGE , ETC.

Je ne m’am'lcrai pas à réfuter ces explications. Je ne le pourrais faire cju’en répétant ce que j’ai déjà dit dans le cours de mes observations , puisque r.Auteur ne fait autre chose que se répéter liri-mcme. Je m’en rapporterai au jugement «lu fccteur éclairé qui aura parcouru cet écrit, et jé me contenterai d’ajouter quelques courtes observations qui' serviront à faire connaître si ■Ja méthode de l’Auteur est bien exactement la méthode Catliolique.

1 ° .Si la raison primitive de croire à l’KgUse n’est que laprincîpe même de la raison humaine, si le Chrétiei^tiroit àl’liglise en vertu du seul principe par lequel il puisse croire quehjue chose ; ne s’ensuit-il pas qu’il croit à l’Église comme il croit à une autre vérité quelconque , par exemple à l’existence de la ville de Pékin* ou de la ville de Constantinople , c’est-à-dire , qu’il y croit naturellement , d’une foi humaine et avec la certitude dont la foi humaine est susceptible. Le motif de toutes ses croyantes étant le même, il faut nécessairement que toutes ses croyances soient divines , ou qu’aucune ne le soit. Mais il me semble que cette doctrine s’éloignerait un peu de la doctrine Catliolique. Une croyance , telle que celle qui ne nous permet pas de douter de l’existence de la ville de Constantinople est bien une croyance certaine j mais est-elle une croyance Chrétienne ? Bossuet * ne le pensait pas , et je ne le pense pas plus que lui.

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