CHAPITRE NEDVIÈME. 3G
verrons s’ils sont conséqucns clanslcürs principes.
Pour nous , en attendant qu’ils arrangent un peu mieux leur système , nous continuerons de dire avec Bossuet que , dans la vraie Eglise , |l y a toujours eu une autorité visible et jiarlante , une autorité infaillible divine , et par conséquent distincte de la raison humaine qui n'est ni divine' ni infaillible ; une autorité exercée par un petit nombre d’individus , et par conséquent distincte du consentement commun ; une autorité à qui ori peut recourir dans tous les temps , et par conséquent qui a un tribunal connu, des agens chargés de rendre et de publier ses jugemens ; enfin une autorité qui détermine les traditions qu’il faut admettre et celles qu’il faut rejeter. Telle est l’autorité de l’Eglise, divine dans son principe et dans son exercice, puisque c'est constamment l’Esprit-Saint qui est l’auteur de ses décisions. Avant l’Eglise , il y avait la Synagogue ; et si l’on nous demande ce qu’il y avait avant la Synagogue , nous répondrons qu’avant la Synagogue il n’y avait point d’Eglise proprement dite ni de culte public divinement établi. Le culte était domestique. La vraie Religion n’était pourtant pas destituée d’autorité : elle en avait une qui constamment a résidé dans le petit nombre. Noé et ses enfans , dépositaires <le l’ancienne Révélation et de celle qui avait été faite à eux-mémes , avaient sans doute une autorité que leurs descendans ne pouvaient récuser.
364 EXAMEIf D’mr OtrVRACE , ETC.
Or Noé vécut jusqu’à la naissance d’ Abraham , et Sem ne mourut que cent cinquante ans plus tjird. Abraham fut choisi de Dieu pour être le chef d’un peuple élu , Dieu l'instruisit immédiatement , le constitua Père des croyans , et le revêtit de l’autorité que demandait une si haute destination. Isaac et Jacob héritèrent des prérogatives et de l’autorité d’Abraham , et furent eux-mêmes favorisés de communications divines. Jacob instruisit ses enfans , parmi lesquels Joseph , par son rang et par les faveurs divines qu’il avait reçues , avait la principale autorité. Enfin , après la mort des enfans de Jacob , parnt Moïse médiateur de la Loi écrite et fondateur de la Synagogue. On voit qu’il n’y a aucune lacune.
Mais , réplique-t-on , la Synagogue n’était que pour le peuple Juif ; le reste des hommes n’avait que les traditions générales ; il faut donc dire , ou que ces traditions générales présentaient un moyen suffisant de salut, ou que la généralité des hommes était dans l’impossibilité de se sauver. J’ai déjà répondu ailleurs à cette difficulté. L’existence du peuple Juif, faisant profession de n’adorer qu’un seul Dieu , et les prodiges opérés pour la sortie de ce peuple de l’Ëgypte , pour sa subsistance dans le désert pendant quarante années et pour son introduo tion dans la terre de Canaan , étaient des faits connus par toute la terre , quoiqu’ils ne pussent pas l’être de tous les individus; c’était là un