‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 134 sur 152 · CHAPITRE HDITlèlfE · texte numérisé non relu

CHAPITRE HDITlèlfE

♦ moyen très-suffisant pour amener toutes les nations à la connaissance du vrai Dieu , si les nations avaient attaché quelque importance à cette connaissance. C’était , dis-je , un moyen qui appartenait à cet ordre général et public de la Providence qui regarde les nations et qui nous est manifesté. Quant à l’ordre secret et particulier qui concerne les individus , saint Augustin nous dit que nous ne pouvons le connaître en ce monde. Nous le connaîtrons au grand jour des manifestations , où nous verrons que personne ne sera puni sans l’avoir mérité. N’ayoïls pas la témérité de vouloir tout expliquer.

Au reste , comme je l’ai déjà dit , ce n’est pas seulement pour les temps qui ont précédé la venue de Jésüs-Christ , que nous sommes obligés , pour justifier la divine Providence , de recourir à cet ordre secret qui se dérobe à nos regards , mais dont nous sommes forcés d’admettre l’existence. Ciar , quelque grande , quelque manifeste que soit l’autorité de l’Église Catholique , si nous considérons les individus, il y a peut-être encore aujourd’hui une bonne moitié des liabitans de la terre qui ne la connaissent pas , et pour qui elle est comme si elle n’existait pas. Pour être conséquent , il faudra bien que les partisans de nouveau système aient encore recours au consentement commun , et disent que tous ces individus connaissent les traditions générales du genre

5GG EXAMEN d’un OUVRAGE, ETC.

humain. Ouulqiie invraisemblable, quelque ab- ^ surde que soit celte supposition, je veux bien l’admettre ; mais la supposition admise , il faudra de plus soutenir que les traditions.générales du genre humain suffisent pour donner une foi surnaturelle qui conduise au salut , ou que la foi surnaturelle n’est pas nécessaire pour plaire à Dieu et acquérir le salut. Or ces deux assertions me paraissent pouvoir difficilement s’accorder avec ces téxtes de l’Écriture qui expripriment deux dogmes de la foi Catholique :

(Ou Sinè/ide ùnpossiùileestplacere Dee. » (») « Nisi » tjuis r^natus fuerit ex aqua et Spiritu Sancto,

» non potest introire in regnum DeL »

« Venons maintenant, dit l’Auteur (^p. igq. ) ,

» à l’objection principale proposée par le minis- » tre à la fin de la conférence , et reprise en- » suite par l’adversaire de M. l’Évèque du Puy.

» Elle se réduit à ce dilemme : si l'homme doit » examiner avant de croire , il y a nécessaire- » ment pour le Catholique lui-méme un moment » où il doit être dans le doute ; si l’homme ne » doit pas examiner avant de croire , toutes les » croyances sont également raisonnables , éga*

» lement-vraies. p

ministre n’a pas fait ce dilemme , et s’il l’avait fait , je pense que Bossuet lui aurait fait

(i) ■ Sans la foi il ctl impossible de plaiie à Dieu. ■

{îj • Personne, à moins qu'il' ne renaisse de l'caa et du S.iiut.

• Esprit , ne peut entrer dans le royaume de Dieu. •

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