CHAPITRE NRtTVlÈME
toute hypothèse , l’examen est toujours nécessaire du moins pour connaître quelle est la vraie Église. Bossuet convenait de la nécessité de l’examen pour l’Infidèle qui n’a pas d’autre moyen pour parvenir à cette connaissance, mais il niait que l’examen fût nécessaire à celui qui était né et qui avait été élevé dans le sein de cette Église. Il prétendait que la foi infuse reçue dans le Baptême et le Saint-Esprit suffisaient pour tout expliquer; il disait qu’en vertu de cette foi infuse et de l’opération intérieure du Saint-Esprit, l’enfant dont la raison se développ>e parvient à la connaissance de l’Église , sans avoir besoin de passer par le doute , ni même d’examiner. On peut voir dans les Relations qui ont été publiées les raisons que nous avons apportées de part et d’autre ; mais voilà exactement le sujet de notre dispute.
» Vous vous mettez aujourd’hui à la place de Bossuet, vous prétendez qu’il n’a pas su me répondre ; il ne m’appartient pas de vous contredire sur ce point ; mais puisque vous avez la prétention de me réfuter plus efficacement , vous ne pouvez trouver mauvais que celui qui a osé tenir tête à Bossuet, prenne la même liberté à votre égard et vous fasse voir que vos raisons ne sont pas convaincantes. Bossuet m’opposait l’autorité de la vraie Église , qu’il disait être une autorité divine , et les preuves qu’il donnait de la divinité de cette autorité
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étaient sans dnute d’un grand poids ; vous , au contraire, vous m’opposez une autorité générale dont il faut , dites-vous , que je reconnaisse l’infaillibilité sans preuves et par supposition. Mais vous devez concevoir aisément que , si j’ai refusé d’admettre une autorité dont on me donnait des preuves auxquelles j’étais assez embarrassé de répondre , je suis encore moins disposé à admettre une autorité qu’on avoue ne pouvoir être prouvée. Je me crois d’autant plus autorisé à la rejeter , que , quand même je l’admettrais , elle ne servirait de rien , ou de presque rien pour terminer notre controverse. En effet , remarquez que la question entre nous était de savoir comment on parvient , non à une foi quelconque , mais à la foi divine. Si j’avais admis l’autorité de l'Église telle que Bossuet la défendait, la controverse était 6nie; car on ne peut refuser de croire à une autorité divine , et on y croit de foi divine. Au lieu qu’en admettant votre autorité générale , je ne me trouverais guère plus avancé ; car , si j’ai bien compris votre doctrine , cette autorité générale n’est autre chose que le consentement commun , ou ce que vous appelez la raison humaine. C’est donc une autorité humaine et , selon moi, par conséquent, une autorité faillible. Vous voulez qu’on la suppose infaillible , et vous êtes forcé d’avouer que ce n’est 'qu’une supposition. Cela paraît fort singulier ; mais ,