‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 138 sur 152 · CHAPITRE KEDVièME · texte numérisé non relu

CHAPITRE KEDVièME

n’importe , supposons. Une autorité humaine , fut-elle démontrée infaillible , ne pourrait jamais donner qu’une foi humaine , une certitude humaine ; et sans doute une autorité supposée infaillible n’est pas plus grande qu’une autorité démontrée infaillible. Or une foi humaine et une foi divine sont deux choses bien différentes ; je ne puis donc concevoir qu’une autorité humaine quelle qu’elle soit , ou qu’on la suppose , puisse jamais être le fondement d’une foi divine.

j> Ce n’est pas tout ; l’autorité divine que Bossuet attribuait à l’Église , ne me paraissait pas suffisante pour que le Chrétien fût dispensé de tout examen , et vous sentez bien que je ne puis accorder à votre autorité générale plus d’efficacité qu’à une autorité divine. Je ne contesterai sans doute pas la vérité de ce qu’enseignerait une autorité divine , et je vous accorde aussi qu’il est inutile d’examiner si ce qu’enseigne une autorité supposée infaillible est vrai. Dès qu’on suppose l’autorité infaillible , on ne peut , sans contradiction , refuser d’admettre comme vrai tout ce qu’elle enseigne. Mais ne peut-il pas y avoir lieu à examiner si une autorité qui est donnée pour divine , ou supposée infaillible , est véritablement divine , ou a le droit d’être supposée infaillible , et encore si ce qu’on donne pour l’enseignement de cette autorité est véritablement son enseignement? C’est

38 o EXAVsif s’ air otttbàge , etc.

pour faire conuaitre l’autorité divine de l’Église Catholique que Bossuet avait recours à la foi infuse du Baptême et à l’opération du Saint- Esprit ; il prétendait que ces paroles , Je crois la sainte Église Catholique, expriment le premier acte de foi que le Saint-Esprit met dans le cœur du Chrétien baptisé. Mais vous suivez une autre marche ; la foi infuse et le Saint- Esprit n’entrent pour rien dans la connaissance qu’on a de l’autorité générale. L’unique raison que vous apportiez , pour qu’il n’y ait point lieu de douter et d’examiner , est qu’il n’y a point deux autorités qui se balancent. Il faudrait , dites-vous , pour qu’il jr eût lieu <É examiner et de douter , que deux autorités se balançassent. Mais , à moins qu’on ne s’en rapporte aveuglément à votre assertion , il restera du moins à examiner si , effectivement , il n’y a pas deux ou plusieurs autorités qui se balancent. Et la preuve que cela demande quelque examen, c’est que vous prouvez assez longuement , et par des raisonnemens , ( êar j’ai remarqué que , dans votre doctrine , vous n’avez pas encore trouvé la manière de prouver autrement que par des raisonnemens , ) qu’il n’y a point d’autre autorité que celle de l’Église Catholique, et que quiconque n’est point Catholique proteste contre toute autorité. Permettez-moi d’abord de vous faire observer que , si des raisonnemens prouvent quelque chose , si l’on peut prouver par

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