‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 139 sur 152 · CHAPITRE IfEDVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE IfEDVIÈME

des raisonnemens qu’il n’y a point d’autre autorité que celle de l’Église Catholique , il n’y a plus de raison d’affirmer qu’on ne peut pas prouver par des raisonnemens que l’autorité de l’Église Catholique est une autorité divine ; ce qui couperait toutes les difficultés par la racine. Raisonnemens pour raisonnemens , j’aime autant ceux de Bossuet que les vôtres , ils n’étaient ni plus compliqués , ni moins forts ou concluans, et ils conduisaient du moins à un résultat. Les vôtres me sont d’autant plus suspects , qu’ils sont contraires à vos propres principes , et qu’ils vous mettent en contradiction manifeste avec votre maître.

» Mon assertion vous étonne peut-être , mais je vais la prouver. Qu’est-ce que l’autorité générale, l’unique principe de foi et de certitude? C’est le consentement commun ; vous ne le contesterez pas , c’est la base de toute votre doctrine. Le consentement commun est pour nous le sceau de la vérité , il n'y en a pas cL autre. (Essai, t. n. p. 29.) Quel est le premier principede la Philosophie fondée sur le consentement commun ? Le voici : Ce que tous les hommes croient être vrai, est vrai. (Déf. de l’Ess. p. 235 .) Si donc nous pouvions dire : Tous les hommes croient que la Religion Catholique est la vraie Religion , il ne faudrait pas en demander davantage ; toute la question serait finie , et si bien finie qu’il n’y aurait même plus de dispute

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possible , car contre qui disputerait-on ? Mais , malbeurcusement , il n’en est pas ainsi , il n’est que trop évident qu’il y a bien des hommes qui ne croient pas que la Religion Catholique soit la véritable Religion. Aussi l’Auteur du système lui-méme a-t-il senti que l’application de son principe serait beaucoup trop limitée. Par consentement commun , ou sens commun, il veut bien qu’on entende seulement le consentement du grand nombre. Le sens commun nest que t autorité du grand nombre. ( Essai , p. 38. ) D’où suit ce second principe un peu moins restreint que le premier ; Ce que le grand nombre des hommes croit être vrai f est v^aij: Mais cela ne suffit pas encore pour notre question ; car enfin il est clair qu’on ne peut pas dire que le plus grand nombre des hommes croit que la Religion Catholique est la vraie Religion. Mais ne nous rebutons pas ; l’illustre Auteur nous donnera bien un troisième principe. En effet, il nous en.seigne que F homme est toujours obligé de croire, à la plus grande autorité qu'il lui soit possible de connaître. ( p. a83. ) Ce principe suppose évidemment qu’il y a plusieurs autorités et que l’homme est tenu de faire tous ses efforts pour connaître quelle est la plus grande. Mais cela peut-il se faire sans examen ? L’Auteur de \ Essai nous dit positivement que non. Xa diversité des cultes prouve , dit-il , la nécessité d’un examen

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