‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 140 sur 152 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sérieux. ( p. 1 79. ) Pour connaitre la vraie Religion qui repose nécessairement sur la plus grande autorité (p. 175 ), il faut faire usage de la critique , qui n’est que l’art de discerner la plus grande autorité, (p. 3i.) Vous le voyez ; vous prétendiez qu’il n’y a qu’une autorité , qu’on n’a besoin d’aucun raisonnement pour la connaitre , et vous faisiez je ne sais combien de raisonnemens pour prouver qii’il en est ainsi ; et votre maitre enseigne expressément qu’il y a plusieurs autorités , que l’homme est tenu de faire son possible pour connaître quelle est la plus grande , que cela demande un examen sérieux , qu’il faut de l’ai t pour discerner la plus grande autorité. Il semble que l’opposition ne peut être plus manifeste ni plus complète. A qui croirons-nous , du maître ou du disciple? La présomption est sans doute pour le maître ; et ici , il faut l’avouer , la raison parait être aussi de son côté.

» £n effet , en établissant que le consentement commun est le sceau de la vérité , il faut nécessairement avouer que le nombre des vérités sur lesquelles existe réellement le consentement commun ou de tous est bien petit , et que ce premier principe , Ce que tous les hommes croient être vrai, est vrai, ne nous conduit pas loin. Il est évidemment insuffisant pour nos besoins ; car où en serions-nous , si nous n’admettions d’autres vérités que celles qui sont

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consenties de tous les hommes? L’Auteur de Y Essai n’a eu garde de donner dans un si grand travers. Le consentement qu’il donne pour l’unique sceau de la vérité , peut être plus ou moins commun ; tantôt ce sera le consentement de tous , tantôt ce sera le consentement du grand nombre , tantôt enfin , quoique l’Auteur ne le dise pas expressément , ce sera le consentement d’un nombre quelconque d’individus , plus ou moins grand , mais toujours très-petit comparativement à la masse du genre humain.

Car combien de vérités n’admettons-nous pas sur ce fondement ? Il suit de cette notion , qu’il peut y avoir et qu’il y a en effet des consenteinens communs opposés les uns aux autres. Cela deviendra clair par une application, et nous la ferons à la Religion. Quelques vérités fondamentales , telles que l’existence de Dieu , la distinction du bien et du mal , l’existence d’une autre vie où il y ait des récompenses pour la vertu et des châtimens pour le crime, sont admises par le consentement le plus commun , et pour cette raison elles se retrouvent dans toutes les religions ; mais , avec cette base commune , c’est un fait qu’il est impossible de nier , qu’il existe sur la terre une grande diversité de religions , ou de cultes ; et il est manifeste que chaque culte peut faire valoir en sa faveur le consentement commun de ceux qui le professent. Ainsi l’Église Catliolique a en

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