‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 144 sur 152 · CHAPITRE HEÜVliîME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HEÜVliîME

» ment , c’est-à-dire , lorsque le témoignage des n autres hommes nous apprend que sur ce point » leur raison s’accorde avec la nôtre ; et plus » cet accord est universel , plus la certitude est » grande. »(/?. 78.) Admettez-vous, ou n’admettez-vous pas ce principe ? Vous ne pouvez vous dispenser de l’admettre sans tomber en contradiction avec vous-même ; car dès que l’on admet que le consentement commun est l’unique principe de certitude, il s’ensuit évidemment que, de même que nous ne pouvons être certains d’un principe quelconque, quelque évident qu’il nous paraisse , qu’autant qu’il est universellement admis , nous n’avons non plus la certitude de la conséquence que nous déduisons de ce principe, quelque évidente qu’elle puisse nous paraître , qu’autant qu’elle est généralement admise.

» Faisons une application. Vous dites: « Jésüs- » Christ a prouvé sa mission divine par des » œuvres miraculeuses dont la certitude repose » sur la base du sens commun. Attestés par la » grande société des Chrétiens , par les Juifs, par » les Païens , par les Mahométans, par l’uuivers » converti , ces faits sont certains par un té- » moignage tel qu’aucun témoignage ne serait » croyable si celui-là ne l’était pas. » I.ÆS faits de Jésds-Ciirist sont donc certains parce qu’ils sont attestés par le consentement commun.

A cela je n’ai rien à dire , ce n’est que l’application de votre principe fondamental. Mais de

Zgi EXAMEir D’urr ouvrage , etc.

ces faits reconnus certains , vous tirez la consfr quence que la Religion établie par Jésus-Christ est une Religion divine , et par conséquent l’unique vraie Religion. La conséquence, je l’avoue , parait évidente ; mais il s’agit de savoir si elle est certaine , dans vos principes , c’est-à-dire , si elle repose sur la même base que le principe , sur le consentement commun. Or il me semble qu’elle est rejetée par ceux-là même qui admettent le principe , ou du moins par le très^rand nombre. En effet , si les faits de Jésus-Christ sont attestés , non-seulement par les Chrétiens , mais encore par les Juifs , par les Païens, par les Mahométans , par l’univers converti ; c’est un fait, pour le moins aussi incontestable , que la conséquence que vous tirez de ces faits , savoir la vérité de la Religion Chrétienne , n’est point admise , ou est rejetée par les Juifs , par les Païens , par les Mahométans , par les sept huitièmes de l’univers non convertis. Si vous êtes vous-même conséquent , il* faut donc passer condamnation sur votre conséquence,^ par la même raison qui vous fait admettre le principe ; car , quoique le conseè|bment qui rejette la conséquence ne soit peut<«tre^as aussi général que celui qui admet le '{{^^ipe , il faudra toujours-bien avouer que le consentement des sept huitièmes du genre humain doit l’emporter sur le consentement d’un huitième , ou renoncer à nous parler du consentement commun , ou ilu grand nombre.

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