CHAPITRE SECOND
universelle, et ne peut être connu que par la Révélation. INlais l’existence de la Révélation de ce mystère, celle de la Révélation en général, et les preuves qui l’attestent , ne sont pas audessus de notre raison. Pourquoi donc ne pourrions nous pas en avoir la certitude ? La connaissance de ces preuves appartient proprement à la science et non à la foi. Plusieurs vérités furent révélées au premier homme, il les crut , non sur le fondement de sa raison qui ne pouvait atteindre à ces vérités , mais sur la parole divine et infaillible qui les lui attestait. Mais qui le rendait certain qu’il avait entendu la parole divine , et que cette parole lui avait manifesté telle et telle vérité ? C’était sans aucun doute sa raison. Rien des siècles après , Dieu parla à Abraham. Ce père des croyans crut à la parole divine, et sa foi le justiûa. Est-ce à la raison universelle qu’Abrabam fut redevable de cette foi vivifiante ? Et pour que l’esprit d’Abraham fût sujet de la foi, était-il absolument nécessaire qu’il pût se tromper en jugeant que Dieu lui avait parlé ?
Ce que je viens de dire ne contredit en rien ce que dit Bossuet cité par M. G. « Qu’il n’y eut » jamais aucun temps , où il n’y ait eu sur la » terre une autorité visible et parlante, à laquelle » il faille céder. » J’admets de grand cœur cette autorité salutaire , et je la reconnais , non dans le genre humain , mais dans ceux à qui Dieu a donné mission pour parler en son nom. Bossuet
3a EX1ME1T d’üW ouvrage , ETC.
a bien dit qu’il faut toujours céder à cette auto* rite , mais il n’a pas dit qu’on ne peut connaître certainement la révélation que par cette autorité.
Il n’a pas dit qu’il est de l’essence de la foi qu’on ne puisse avoir la connaissance certaine d’aucune révélation autrement que par cette autorité.
« Mais, dit l’Auteur, si l’homme était infaillible » à l’égard de quelques vérités de foi ( c’est-à-dire,
» dans le sens de l’Auteur , s’il les connaissait » certainement) il serait , sous ce rapport abso- » lument indépendant de l’autorité de l’Église. »
Je ne vois pas en quoi la connaissance certaine que j’aurais de quelque point révélé nuirait à ' ma dépendance de l’autorité de l’Église. Il est clair qu’il ne pourrait y avoir sur ce point aucune opposition entre moi et l’Église , puisque l’Église commande la croyance de toutes les vérités révélées. Un fils en serait-il moins soumis à son père , moins dépendant de lui, parce que , sur quelque point , il aurait prévenu ses désirs et sa volonté en faisant une chose qu’il savait devoir lui plaiie ? • <
Cioncluons que l’Auteur n’a pas prouvé qu’il est de l’essence de la foi que l’homme ne puisse avoir aucune connaissance certaine des objets de la foi autrement que par l’autorité de la raison universelle.
Comme l’Auteur paraît ne pas connaître suffisamment l’enseignement des écoles qu’il lui plaît de désigner sous le nom de Cartésiennes , ni