‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 16 sur 152 · CHAPITRE SECOHD · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOHD

même renseignement de saint Thomas , quoiqu’il cite quelquefois ce saint Docteur , qui n’était pas Cartésien , je vais rapporter quelques textes dont l’autorité ne sera pas contestée , et qui exposent la doctrine des Théologiens Catholiques un peu plus fidèlement qu’il ne le fait.

a i')Manifestum estquodimperfectio cognitionis » est de ratione fidei ; ponilur enim in ejus défi- » nitione : Fides est substantia sperandarum re- » rum , argumentum non appareiitium. Et Au- » gustinus dicit (Tract, xl. in Joan.) : Quid est fides ? credere quod non vides. Quod autern » cognitio sit sine apparitione vel visione , hoc » ad i/nperfectionem cognitionis pertinet. Et sic » imperfectio cognitionis est de ratione fidei. » Unde mani/estum est quod fides non potest esse » perfecta cognitio , eadein numéro manens. » ( I. a. q. G 7 . art. 3. o. )

« (’) Ex parte subjecti différant secundum per-

( 1 ) « Il est manifctlc qnc l'imperfectioD de la coonaissance > lient 1 la natnrc de la foi ; car elle entre dans sa définition : La » fui est le fondement des choses que nous axons i espérer, la • conviction de celles qui ne paraissent pas. Et saint Augustin , a dans son traité sur saint Jean , dit i En quoi consiste la foi ? a A croire ce qn'on ne voit pas. Or , connaître sans évidence ou a intuition , c'est connaître imparfaitement ; et c'est ainsi que a l'imperfection de la connaissance appartient à rcsscucc de la a foi : d'où il est évident que 1a foi ne peut devenir une connaisa sauce parfaite sans cesser d'ëtce ce qn'ello est. a

(a) a De la part du sn)et , l'opinion , la foi et la science diflérent a entre elles par le plus ou le moins de perfection. •

FXAMEIf n ÜU OCVRAr.K , ETC.

» fectwn et imperfectum npinio , fîdes et scien- >> tia , etc. » {ibid.) J’ai déjà cité ce texte plus haut.

« (0 Ea quœ suhsunt fidei dupliciter conside- » rari possiint : uno modo in speciali, et sic non » possnnt esse simul visa et crédita. Alio modo » in generali , scilicet sub communi raiione cre- » dibilis , et sic sunt visa ab eo qui crédit. Non » enim crederet nis’i videret ea esse credenda , » vel propter ecidentiarn signorum , vel propter » aliquid hujusrnodi. » (a. a. q. i. art. l\. ad a.)

« (’) Ornnis scientia habctiir per aliqua princi- » pia per sé nota et per consequens visa. Et ideo )> oportet quœcunque sunt scita , aîiquo modo esse » visa. Non autem est possibile quod idem ab » eodem sit visum et crédit um. Pot est tamen » contingere ut id quod est visum vel scitum ab » uno , sit credilum ab alio. » (ibid. art. 5. o.)

' (i) « Les clioscs qui »OQt l'objet <lc la foi peuvent être coDsidé-

• rées en deux manières *. d'aburd en ce qu'elles ont de spécial; » et , sous ce rapport . elles ne peuvent être k la fois vues et crues:

■ ensuite en ce qu’elles ont de général , c'esLà-dire , avec le

■ caractère commun de crédibilité: et, sous ce rapport , elles » sont vues du celui qui croit ; car il ne les croirait pas, s'il ne » voyait ipi'clles doivent être crues à raison de l'évidence des signes

■ ou de quelque autre motif semblable. »

(a) « Toute science s'acquiert en vertu de quelques principes » connus par eux-mêmes , et par conséquent vus : c'est pourquoi

• il faut que tout ce que l'on croit soit tu en quelque manière.

■ Mais il n'osl pas possible qu'une même chose soit vue et crue

• par la même personne : néanmoins il peut arriver que ce qui

• est vu ou su par l'ane soit cru par une autre. •

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