CHAPITRE SECOKD
La doctrine contenue dans ces passages est admise dans toutes les écoles Catholiques. Si M. G. l’ignore , on ne peut que regretter qu’il ne se soit pas plus instruit avant de prendre la plume pour réformer et condamner. S’il le sait , il fallait en convenir franchement, car il n’est ni honnête ni honorable de dissimuler la doctrine de ses adversaires , ou de leur supposer des principes qu’ils n’ont pas , pour les combattre. Enfin , si c’est cette doctrine même qu’il combat, qu’il cesse donc de présenter un fantôme de Cartésianisme et d’opposer les anciens Théologiens aux modernes , puisque l’accortl entre eux est parfait.
Les textes que je viens de citer, et beaucoup d’autres que je pourrais ajouter , prouvent que la doctrine de saint Thomas et de tous les Théologiens des écoles Catholiques sur ce point est i“ que la foi suppose obscurité ou imperfection de connaissance à l’égard de son objet : Wargumentum non apparentium ; a® que la science est plus parfaite que la foi , en ce qu’elle joint à l’assentiment inébranlable la vue intellectuelle , que la foi n’a pas; c’est en ce sens que saint Augustin a dit que la foi prépare l’homme à la raison ou à la science ; 3“ que si la science ou la vue intellectuelle exclut la foi , puisque ce qui est vu n’est pas cru, ou est plus que cru, il
(i) « Elle est la prcarc , la convie Üou des choses <|u'on ne > voit pas. ■
rr ; •
36 F.XAMElf d’un ouvrage , ETC.
y a pourtant une science qui est un préliminaire nécessaire à la foi ; non la science de l’objet même de la foi, ce qui impliquerait contradiction , mais la science des motifs de crédibilité ; car , comme dit saint Thomas , on ne croirait pas , si on ne voyait que l’on doit croire. Je n’ai pas besoin de dire que ceci s’entend de la foi raisonnable , de la foi méritoire ; 4“ que la science s’acquiert par le moyen des principes évidens , connus par eux-mémes , vus intellectuellement ; et que par conséquent le principe de la certitude que donne la science n’est autre que l’intuition de la vérité ; 5° enfin , que s’il est impossible que la foi et la science existent dans le même sujet à l’égard du même objet et sous le même point de vue, il est très-possible que ce qui est cru par un individu soit su ou vu par un autre. C’est ainsi , dit saint Thomas, que les Anges voient dans le Ciel ce que nous croyons sur la terre. Et sur la terre même , combien de fois n’arrivet-il pas que l’un sait ce qu’un autre ne fait que croire ? Les Apôtres savaient sans doute la vérité des faits évangéliques dont ils avaient été témoins et que nous croyons sur leur témoignage : par exemple , ils savaient certainement la mort et la résurrection de Notre-Seigneur , dont ils furent chargés d’attester la vérité comme témoins oculaires : « (0 P'os autem estis testes » horum. » (Luc. xxiv. 48.)
(j) • Vous tles les témoiiu de cet choses. •