CHAPITRE SECOND
Rien ne me parait plus faible que les raisonnemens par lesquels l’Auteur prétend prouver que la raison individuelle ne peut avoir la certitude d’aucune vérité révélée. Outre l’équivoque perpétuelle du mot infaillibilité qu’il confond avec certitude , il suppose qu’il faut nécessairement qu’on ait la foi de toute vérité révélée , ce qui contredit la doctrine de saint Thomas et l’évidence même , comme je viens de le faire voir par l’exemple des Apôtres qui ont vu la mort et la résurrection de Jésus -Christ , qui sont des faits révélés. Il est assez clair que la vérité n’est révélée que pour ceux qui ne la connaissent pas. Fides est.... argumentum non apparentium. Ensuite , il suppose qu’en celui qui aurait la connaissance certaine d’une vérité révélée , la foi ne serait pas une vertu , comme si la vertu de foi pouvait consister dans la croyance de telle ou telle vérité , et non dans la croyance au témoignage de Dieu , indépendamment du nombre des vérités qui nous sont connues par ce témoignage. Avons-nous moins de foi que les anciens Juifs , parce que nous voyons l’accomplissement des prophéties qu’ils ont crues sur le témoignage des Prophètes ?