CHAPITRE SECOND
aux petites maisons quiconque voudra constituer sa raison juge souverain de toutes les vérités , j’y consens de grand cœur. Rien de plus vrai , de plus certain que ce que Dieu a révélé ; vouloir l’examiner c’est folie. Mais la soumission due à la Révélation suppose la connaissance de la Révélation ; et ce n’est pas manquer de soumission à la raison supérieure auteur de la Révélation , que de s’informer de ce qu’elle a dit , pour y croire. M. G. est toujours, à ce qu’il me semble , hors de la question. Les Théologiens Catholiques reconnaissent bien aussi une autorité , juge de la Révélation , à laquelle toute raison individuelle doit se soumettre ; mais cette autorité n’est pas celle qu’il plaît à l’Auteur d’assigner. Cette autorité , il n’est jamais permis de la contredire ; mais elle ne contredit jamais elle-même le légitime usage de notre raison.
L’Auteur, en terminant ce chapitre, exprime une persuasion que je suis loin de partager.
« Nous ne croyons pas, dit-il, qu’aucun Théo- » logien conteste la doctrine que nous venons » d’exposer. » Je suis au contraire très-persuadé qu’aucun Théologien n’admettra cette doctrine sans de grandes modifications. Il est du moins certain qu’on peut la contredire sans s’écarter de la doctrine communément reçue , et qui a passé jusqu’ici pour incontestahle. H annonce ensuite qu’il va 'comparer avec la doctrine Catholique les deux doctrines philosophiques sur
4o . EXAMEN d’dIT OUVRAGE, ETC.
le principe de certitude. Mais si cette comparaison est fondée sur l’exposition défectueuse qu’il a donnée de la doctrine Catholique , elle ne pourra être elle-même que fort défectueuse. Et puis , ne faudrait-il pas avant tout examiner s’il existe deux doctrines philosophiques sur le principe de certitude ? Il me paraît que la préoccupation de l’auteur l’empêche de voir une chose qui pourtant est assez claire , c’est qu’avant l’illustre Auteur de V Essai sur T indifférence en matière de religion , aucun Catholique n’avait pensé qu’il n’existât qu’un seul principe de cet*titude. Tous , sans exception , croyaient que , puisqu’il existe deux classes de vérités bien distinctes , dont l’une est l’objet de la science , l’autre celui de la foi , c’était une conséquence nécessaire qu’il doit aussi y avoir deux principes de certitude, l’un pour les térités de foi, l’autre pour les vérités de science. Tous disaient avec saint Augustin : (') Quod intelligimus • debemus rationi, quod credimus auctoritati. Puisque nous sommes redevables de la science à la raison , et qu’il n’y a point de science sans certitude , on croyait qu’il y a dans notre raison un principe de certitude. Le grand écrivain est venu redresser saint Augustin , et nous apprendre que nous devons tout à l’autorité , et science et foi ; ou
(i) > Ce qae noiu comprenons , nont le derons & U raison ; ce > que noos crojons , noos le derons à rantorité. •
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plutôt qu’il n’y a jSus de science , puisque l’unique principe de certitude est l’autorité , et qu’iV n’jr a de certain 'que ce qui est de foi. On ne peut pas s’exprimer plus clairement.
Les disciples n’ont pas la même franchise , ils enveloppent davantage leur pensée; mais, si on les presse , il est impossible qu’admettant le principe ils évitent les conséquences.
4a EXAMEN D DN OUVRAGE , ETC.
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