‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 27 sur 152 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

» contra hujusmodi veritatem , est ex auctoritate » Scripturœ diuinitus confirmata miraculis. m C ar nous ne croyons ce qui est au-dessus de la raison humaine que sur la Révélation de Dieu, a Quœ enim supra rationem humanam sunt non » credirnüs nisi Deo révélante. » Nous pouvons néanmoins faire usage des raisonnemens dans l’explication de ces vérités , pour exercer les Fidèles et satisfaire leur esprit , mais non pour convaincre les adversaires ; parce que l’insuflisance des raisons les conBrmerait dans leur erreur , en leur donnant lieu de croire que l’assentiment que nous donnons aux vérités de foi est fondé sur ces faibles raisons. Nous proposant donc de procéder de cette manière , nous nous efforcerons en premier lieu d’établir les Vérités que la foi professe et que la raison peut connaître , en apportant des raisons démonstratives, dont nous avons puisé quelques- unes dans les livres des Philosophes et des Saints , pour confirmer la vérité et convaincre les adversaires. Ensuite , pour passer de ce qui est plus connu à ce qui Test moins , nous procéderons à la manifestation des vérités qui appartiennent proprement à lar foi , selon les forces que Dieu nous donnera.

» Ainsi j voulant établir par voie de raisonnement ce que notre raison peut connaître de Dieu , nous considérerons d’abord ce qui con- ' cerne Dieu lui-mème ( liv. i.) ; ensuite ce qui

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concerne la procession des créatures de Dieu ( liv. a. ) ; enfin , la relation des créatures à Dieu comme à leur fin (liv. 3 . ). »

Tel est le plan que saint Thomas expose dan»

ce chapitre et qu’il suit dans son ouvrage. Se proposant dans les chapitres suivans de démontrer par le raisonnement l’existence de Dieu , il se fait deux objections qu’il résout. La première est prise de ce que , suivant quelques-uns , l’existence de Dieu est une vérité manifeste , évidente , et qui n’a pas besoin de preuves , QU même qui ne peut pas être prouvée , puisqu’elle ne pourrait être prouvée que par quelque chose de plus connu. Iæ seconde objection est prise de ce que notre raison est incapable de cette démonstration , et qu’il n’y a que la foi qui puisse nous donner la certitude de l’existence de Dieu. « Dicunt enirn quocl Deum esse , non potest » per rationem inveniri ; sed per solam viam Jir> dei et re^'elationis est acceptum. » (cap. 12. ) Saint Thomas n’est point de ce sentiment , il réfute ces deux objections contraires , et procède par voie de raisonneraens et de démonstrations à établir les vérités dont il traite dans les trois premiers livres de son ouvrage.

Maintenant , je le demande à tout lecteur impartial , qui sont ceux qui }>euvent se prévaloir de l’autorité- de saint Thomas ? Ceux qui , à son exemple , prouvent par la raison les vérités révélées ou non révélées qui sont du res-

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sort de la raison , et ne reconnaissent la nécessité de la preuve d’autorité que pour les vérités qui sont au-dessus de la raison ; ou bien ceux qui veulent tout prouver exclusivement par l’autorité , qui ne reconnaissent d’autre principe de certitude que l’autorité ? J’en appelle à l’évidence et à la conscience de tout juge impartial.

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