‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 32 sur 152 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

chose d'un autre homme , ou de l’universalité des hommes , non autem ab homine exteriàs loquente. Ce n’est pas que l’homme ne puisse en un sens enseigner un autre homme et lui communiquer la science , ainsi qu’un médecin donne la santé à un malade par les remèdes qu’il lui administre ; mais de même qu’il serait absurde de dire que le principe de la santé est dans le médecin ou dans les remèdes , et non dans la nature du malade , il ne l’est pas moins de placer le principe de certitude dans la cause extérieure ; il se trouve dans les principes déjà connus par la lumière intérieure qui est en nous et sans laquelle nous serions incapables d’avoir aucune connaissance certaine. C’est ainsi que se vérifie cette parole de l’Évangile ; Uniis est magister vester Christus. Ecoutons encore saint Thomas.

a (0 Rationis lumen quo principia sunt nobis » nota est nobis a Deo inditum , quasi quœdam » similitudo increatœ veritatis in nobis resultan- » tis : unde cùm omnis doctrina Humana effica^ » ciam liabere non possit nis't ex virtute illius » luminis , constat quod solus Deus est quiinteriùs

(i) « La Inmière de la raison qui nous fait connaître les prin- ■ cipes a été mise en nous par Dieu , comme une sorte d'image

• de la vérité ineréée qui se réfléchit en noos i ainsi . toute

• doctrine humaine ne pouvant tirer son efficacité que de la

• vertu de cette lumière , il est constant que c'est Dieu seul qui > enseigne intérieurement et prinapalenfent , comme c’est aussi

• la nature qui opère intérieurement et principalement la gué-

• rison d'un malade. •

66 ExurF.rr n’oir ouvrage, etc.

» et principaliler docet , sicut natura intcriùs » etiam principaliter sanat. »

« (') Dicendum quod certitudinem scient iœ , ut » diclum est, habet aliquis a solo Deo qui no- » bis lumen ralionis indidit , per quod principia » cognoscimus , ex quibus oritnr scientiæ certi- » tiido ; et tamen scientia ab hornine quodam- » modo causatur in no bis , ut dicturn est ( scilicet » sicut causatur sanitas a medico.) (citatâ q. 1 1 . art. I. )

Sans doute le principe de la certitude , c’est ce principe , ex quo oritur scientiæ certitudo ; or ce principe , suivant saint Thomas , n’est autre que la connaissance que nous avons j>ar notre raison individuelle de la vérité des principes ; lumen rationis indidït per quod principia cognoscimus. Si c’est là du Cartésianisme , on sera du moins forcé d’avouer que ce Cartésianisme est plus ancien que Descartes.

Sans ce principe intérieut de certitude , il est bien vrai qu’il serait impossible de trouver une base à la foi; car enfin , pour qu’il soit possible de croire , il faut bien que la' raison voie qu’elle doit croire ; et c’est encore saint Thomas , et

(i) « Il faut dire que ion reçoit la certitude de la science de » Dieu seul» qui a mis en nous la lumièredc la raison par laquelle » nous connaissons les principes d’où naît la certitude de la > science : et cependant la science est en un ceitain sens produite » en nous par riiommc , ainsi que nous l’arons dit , comme la » santé est rendue par 1c médecin. »

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