‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 33 sur 152 · CHAPITRE TROlSljiMR · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROlSljiMR

non Descartes , qui nous l’enseigne : Non enitn crederet, nisi videret eaessecredenda. Et qu’est-ce donc qui la convaincra , qui lui fera voir qu’elle doit croire ? Ce sera , dit saint Thomas , l’évidence des miracles ou quelque preuve semblable, velpropterevidentiamsignorum, velpropter aliquid hujusmodi. ( a. a. q. i. art 4- ad a. ) Remarquez bien que le saint Docteur n’a jamais recours , quand il s’agit de certitude , à la raison générale , c’est toujours à la raison individuelle qu’il en appelle et à la lumière divine qui est en nous. Mais , de ce que sans ce principe intérieur de certitude il serait impossible de trouver une base à la foi, il ne suit pas que notre raison soit la base de la foi , il suit seulement qu’elle est nécessaire pour que la foi puisse avoir une base , et qu’elle nous conduit à connaître cette base , qui est l’autorité. Notre raison voit , a la certitude qu’elle doit croire à l’autorité divine ; elle voit de plus que l’autorité divine ou le témoignage de Dieu s’est manifesté par des prodiges ou par d’autres signes , et si elle ne le voyait pas , comme dit saint Thomas , elle ne pourrait pas croire.

La doctrine de saint Augustin est parfaitement d’accord avec celle de saint Thomas , et si cette doctrine , que je viens d’exposer , est du Cartésianisme , nous serons encore conduits à trouver un Cartésien dans ce grand Docteur qui vivait douze siècles avant Descartes. Je pourrais

68 KXABIEIT d’on OUVRAGE , ETC.

multiplier [les citations ; mais , pour ne pas trop m’étendre , je me bornerai à un petit nombre de passages qui seront plus que suffisans pour convaincre les esprits non prévenus.

Commençons par le texte que j’ai déjà cité plusieurs fois et qui me parait décisif : Quod intelUgimus debemus rationi , quod credimus auctoritati. Je ne comprends pas comment l’Auteur, qui cite aussi ce texte , n’a pas vu qu’il renverse tout son système. En effet, le saint Docteur met en opposition la raison et l’autorité; à la première , il attribue l’intelligence , la science ; à la seconde , la foi : ce sont donc deux principes de certitude ; car si , d’un côté la foi , comme dit l’Auteur, implique l’idée de certitude, ce qui est vrai quand l’autorité est infaillible , l’intelligence ne l’implique pas moins , et il serait absurde de supposer que nous n’avons pas la certitude de ce que nous comprenons. Or la raison dont parle saint Augustin est la raison individuelle ; car si c’était la raison universelle , elle ne serait autre chose que l’autorité.

« ô) iVoi' foras ire , in te ipsum redi , in intej> riore homine habitat veritas , etc. » ( De ver. Rel. c. 3g. )

« (*) De universis autem quœ intelligimus , non

(i) «Ne «ortei point de voiu-mèiue , rentrei-T plutôt ; c'eet

* dan» l'intérienr de rbomme qu'habite Ia Téritô. •

(i) • Pour toutca Ica choses que nous comprenons , nous ne

• conecltons pas l'homme qui fait entendre sa Toix au dehors ,

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