CHAPITRE QCATRIÎ3IE
luder. Je n’ai garde de nier ces communications avec la Divinité , et je suis pleinement convaincu que la Révélation donne la certitude, même à un individu. Seulement, je ne vois pas trop comment cette certitude de l’individu s’accorde avec les principes de l’Auteur; car, dans le cas d’une Révélation faite à un individu , il me semble •que toute la certitude du fait de la Révélation , par rapport à cet individu , repose sur sa raison individuelle ; et je ne crois pas que l’Auteur admette qu’un homme qui croit avoir reçu une Révélation ‘divine , est infaillible dans ce jugement. Pour moi , sans croire à l’infaillibilité d’un individu , j’admets sans difficulté qu’il peut avoir , plusieurs certitudes par sa propre raison, et, en certains cas , la certitude d’avoir eu une Révélation particulière. Ainsi je n’ai pas le moindre doute que le premier homme et ses premiers descendans n’aient eu une certitude complète de la Révélation , malgré leur petit nombre.
Mais ce n’est pas la question : autre chose est la Révélation , autre chose cette raison générale à laquelle on attribue l’infaillibilité. La raison générale est , dit-on , dépositaire de la Révélation, je le conçois ; mais pour qu’elle soit dépositaire infaillible , quel doit être le nombre des individus qui participent à cette raison générale ? Voilà ma question , ou , si l’on veut , ma difficulté.
Dira-t-on que cette difficulté doit être égale-
go EXAMKW o’ürr ouvrage, etc.'
ment résolue dans les principes des adversaires du nouveau système , puisqu’on ne fait pas difllculté d’admettre sur le témoignage commun des £iits historiques qu’on n’admettrait pas sur le témoignage d’un petit nombre d’individus, et qu’il est pourtant impossible de déterminer le nombre précis d’individus nécessaire pour qu’un témoignage soit réputé certain ? Je réponds qu’il y a deux différences bien sensibles. La première est qu’on ne fait pas dépendre la certitude du témoignage précisément du nombre des témoins , mais principalement de considérations indépendantes du nombre ; et si l’on fait attention au nombre des témoins , c’est par la raison que dans le grand nombre de témoignages se rencontrent plus facilement les circonstances qui en constatent la véracité. La seconde différence , la différence essentielle , est que la certitude absolue que nous donne un grand nombre de témoins repose sur la certitude hypothétique de chacun des témoignages en particulier. Si j’admettais avec les partisans du nouveau système que notre raison est faillible de sa nature en toutes choses , que nos sens peuvent nous tromper toujours et en toutes circonstances , je ne croirais jamais à un témoignage humain , quel que fût le nombre de ceux qui m’attesteraient la vérité d’un fait quelconque. Je leur répondrais : Cela peut être , mais vos sens pouvant nous tromper en tout et toujours, vous